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Joseph Soumy
Naissance
Décès
Nom de naissance
Joseph Paul Marius Soumy
Nationalité
Drapeau : France Française
Activité
Formation
Maître
à Lyon : Victor Vibert (gravure) et Claude Bonnefond ; à Paris : Louis-Pierre Henriquel-Dupont (gravure), Jean-Baptiste Carpeaux (peinture)
Élève
Mouvement
Distinctions
Grand Prix de Rome de gravure

Joseph Soumy est un artiste peintre, lithographe et buriniste français né au Puy-en-Velay le 28 février 1831, qui vécut quai Saint-Michel à Paris et qui, suite à l'obtention du Grand Prix de Rome de gravure, effectua plusieurs séjours dans la capitale italienne. Il s'est suicidé à la maison de santé de Saint-Genis-Laval (Rhône) le 26 juillet 1863.

BiographieModifier

Joseph Soumy naît au Puy-en-Velay dans une maison dont son père, voyageur de commerce pour une librairie de Lyon, est fréquemment éloigné et où sa mère, « fort instruite et qui avait été maîtresse de pension »[1], l'éduque dans un climat décrit par Philippe Burty comme œdipien, « avec cette passion inquiète et égoïste des femmes dont l'époux est forcé, par sa profession, de quitter souvent le logis. Plus tard, elle s'installera près de lui à Paris et, lorsque Soumy la perdra, pendant son séjour à Rome, il se sentira en proie à l'isolement le plus cruel qui se puisse imaginer »[1].

À l'École des beaux-arts de Lyon à partir de 1846, Joseph Soumy est l'élève des peintres Jean-Baptiste Louis Guy et Claude Bonnefond, du graveur Victor Vibert. Il entre en mai 1852 à l'École des beaux-arts de Paris où il est élève en gravure de Louis-Pierre Henriquel-Dupont.

 
Rome, la villa Médicis

Le Grand Prix de Rome de 1854 vaut à Joseph Soumy de partir en janvier 1855 pour la villa Medicis et de dessiner d'après Michel-Ange en la chapelle Sixtine[2], d'après Giorgione au palazzo Doria-Spinola, de graver le portrait de François Ier d'après Le Titien[1]. C'est là qu'il se lie d'une amitié durable avec François Chifflart, futur beau-frère de l'éditeur d'estampes Alfred Cadart, de même qu'avec Jean-Baptiste Carpeaux, autre passionné de Michel-Ange, avec qui il fortifie sa pratique de la peinture (Carpeaux, réciproquement, se dira élève de Soumy pour la rare part gravée de son œuvre[3]) et dont, vers 1860, il brossera deux portraits[4],[5].

À son retour à Paris où il s'adonne à la gravure, le Dictionnaire Bénézit l'évoque menant « une vie peu régulière »[6]. Philippe Auquier et Jean-Baptiste Astier restituent plus précisément que, revenu à Paris en 1857, Joseph Soumy s'y marie et se trouve veuf quelques semaines plus tard seulement[7]. Gérald Schurr observe qu' « il envoie au Salon de Paris, en 1859 et en 1861, des paysages d'Italie précis et poétiques, largement composés, des portraits graves au tracé énergique et souple, tel celui de Carpeaux »[8], où l'on voit aussi cependant son dessin d'après Michel-Ange, La création de l'homme, élogieusement remarqué[9]. C'est à Marseille où, écrasé de travail et souffrant moralement, il vient se reposer chez son frère, que Joseph Soumy rencontre Isidorine Michel qu'il épouse en 1861[7], mariage dont naîtra une fille[10].

Arrivé à cet âge de trente ans, Joseph Soumy souffre d'une irido-choroïdite glaucomeuse[11]. Si le 12 mai 1860 il est le témoin de mariage de son ami Antoine Vollon[12] (Au premier Salon des refusés, en mai 1863, Antoine Vollon accrochera un Portrait de Joseph Soumy), s'il fait partie, dès sa création en 1862, de la Société des aquafortistes (le fondateur de la Société, Alfred Cadart, édite alors ses gravures d'après François Chifflart : La morte, Hamlet et Ophélie, Othello et Desdémone[13]), il entre en mars 1863 en maison de santé à Saint-Genis-Laval, où, désespéré par l'imminente cécité dont il est persuadé, « au milieu d'un accès de délire et d'amertume »[14], il se jette par la fenêtre le 26 juillet suivant[8].

Les traits de Joseph Soumy nous restent fixés par son portrait gravé à l'eau-forte en 1860 par François Chifflard.

Contributions bibliophiliquesModifier

  • Société des aquafortistes (introduction d'Eugène Montrosier), Eaux-fortes modernes originales et inédites, 5e volume, Cadart et Luquet éditeurs, Paris, 1866, soixante eaux-fortes originales dont Mendiant romain par Joseph Soumy[15].
  • Société des amis des arts de Lyon, Portraits d'artistes lyonnais gravés par les lauréats des concours de la Société, Imprimerie Louis Perrin et Mariset, 1872. quatre gravures dont Portrait de Philippe de la Salle gravé sur cuivre par Joseph Soumy d'après Jean-Jacques de Boissieu.

Expositions collectivesModifier

Réception critiqueModifier

« Soumy aurait eu sur l'école moderne de gravure une influence assurée. Il savait son métier aussi hébilement que les plus habiles. Il avait de plus que ces habiles une intuition nette et décisive de la philosophie de l'art. Il reportait tout à l'expression de la poésie intime et de l'harmonie générale. Il ne s'astreignait à aucune pratique de convention ou de tradition pour exprimer les chairs, les vêtements, les cheveux, les substances résistantes ou souples. Il étudiait avec son burin, comme il le faisait avec son pinceau ou avec son crayon, imitant en cela les maîtres du XVIIe siècle français, la plus noble des écoles de gravure. » - Philippe Burty[1]

Prix et distinctionsModifier

  • Médaille d'or du concours de gravure, École des beaux-arts de Lyon, 1847.
  • Prix de la Société des amis des arts, Lyon, 1849, pour le Portrait de Philippe de la Salle.
  • Prix de Rome de gravure, 1854, pour Académie d'homme, burin[16].

ÉlèvesModifier

Musées et collections publiquesModifier

FranceModifier

ÉtrangerModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Philippe Burty, J.P.M. Soumy, extrait du chapitre du livre Maîtres et petits maîtres, G. Charpentier éditeur, Paris
  2. a et b Musée des beaux-arts de Lyon, Joseph Soumy dans les collections
  3. Paul Vitry, L'art de notre temps - Carpeaux, Forgotten Books, 2016.
  4. a et b Musée Bonnat-Helleu, Bayonne, Joseph Soumy dans les collections
  5. a et b Musée des beaux-arts de Valenciennes, Portrait de Jean-Baptiste Carpeaux dans les collections
  6. Distionnaire Bénézit, Gründ, 1999.
  7. a et b Philippe Auquier et Jean-Baptiste Astier, La vie et l'œuvre de Joseph Soumy, graveur et peintre, Éditions Librairie P. Ruat, 1910.
  8. a et b Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, 1978, tome 3, page 104.
  9. « Le Salon de 1861 », La Gazette des beaux-arts, 1861.
  10. Frick Collection, La correspondance Vollon. Nous trouvons dans ce fonds d'archives une lettre d'Antoine Vollon stipulant qu'une de ses toiles est à remettre en cadeau à la fille de Joseph Soumy pour le mariage de celle-ci.
  11. Philippe Lanthony, Les yeux des peintres, Éditions l'Âhe d'Homme, 1999.
  12. Alain Garric, La généalogie Vollon, Généanet
  13. Luna (Digital Image Collection), Joseph Soumy, "Othello et Desdémone" d'après François Chifflart
  14. Philippe Burty, « J.P.M. Soumy », La Gazette des beaux-arts, 1865, pages 373-382.
  15. Gallica B.N.F., Eaux-fortes modernes originales et inédites, reproduction intégrale
  16. a et b École nationale des beaux-arts, "Académie d'homme" de Joseph Soumy dans l'inventaire des collections
  17. Marques de collections, Jean-Baptiste Poncet
  18. Musée d'art et d'archéologie de Senlis, Joseph Soumy, "Les Romains de la décadence" d'après Thomas Couture
  19. National Gallery of Australia, Joseph Soumy dans les collections

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Philippe Burty, « J.P.M. Soumy », Gazette des beaux-arts, 1865.
  • Philippe Burty, Maîtres et petits maîtres, G. Charpentier éditeur, Paris, 1877. Réédité par Éditions Reink Books, 2017.
  • Philippe Auquier et Jean-Baptiste Astier, La vie et l'œuvre de Joseph Soumy, graveur et peintre, Éditions Librairie P. Ruat, Marseille, 1910.
  • Ulrich Thieme et Felix Becker, Allgemeines Lexikon des Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, Éditions E.A. Seemann, Leipzig, 1950.
  • Arthur M. Hind, A history of engraving and etching from the 15th century to the year 1914, Dover Publications, New York, 1963.
  • Janine Bailly-Herzberg, L'eau-forte de peintre au XIXe siècle - L'histoire de la société des aquafortistes et catalogue des eaux-fortes publiées, Éditions Léonce Laget, Paris, 1972.
  • Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, tome 3, Les Éditions de l'Amateur, 1978.
  • Jean-Pierre Callu, "Les Romains de la décadence" : regards du XIXe siècle français (1809-1874), Comptes-rendus des séances, volume 141, n°4, Académie des inscriptions et belles-lettres, 1997.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Philippe Lanthony, Les yeux des peintres, Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1999.
  • Olivier Bonfait, Maestà di Roma : da Napoleone all'unità d'Italia - D'Ingres à Degas : les artistes français à Rome, Éditions Electa, Milan, 2003.
  • Alain Bonnet, Véronique Goarin, Hélène Jagot et Emmanuel Schwartz, Devenir peintre au XIXe siècle (voir chapitre Académie de France à Rome), Éditions Fage, Lyon, 2007.
  • Annie et Gabriel Verger (préface d'Éric de Chassey), Dictionnaire biographique des pensionnaires de l'Académie de France à Rome, 1666-1968, Éditions Échelle de Jacob, Dijon, 2011.
  • Paul Vitry, L'art de notre temps - Carpeaux, Forgotten Books, 2016.

Fonds d'archivesModifier

Liens externesModifier