Joseph Mahé

prêtre catholique français, premier collecteur de musique bretonne

Joseph Mahé (Île-d'Arz, - Vannes, ) est un ecclésiastique érudit qui s'est intéressé au patrimoine mégalithique et musical breton. Il est aujourd'hui considéré comme le premier collecteur de la musique bretonne de tradition populaire, et c'est en partie grâce à lui que nous est resté ce patrimoine musical.

Joseph Mahé
Joseph Mahé.jpg
Le chanoine Mahé jouant de la musique.
Fonction
Président
Société polymathique du Morbihan
-
Jean-Joseph Mauricet (d)
Biographie
Naissance
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Religion

BiographieModifier

Né en 1760 sur l'île-d'Arz, d'un père pêcheur (mort noyé dans un naufrage quand il avait 10 ans) et d'une mère qui tenait le foyer, Joseph Mahé a échappé à sa condition en faisant de brillantes études classiques et en étant ordonné prêtre en 1784[1]. Il est d'abord nommé vicaire à Kervignac, puis à Saint-Salomon, paroisse vannetaise dont l'église fut détruite pendant la Révolution[2].

Abbé réfractaire pendant la Révolution, il a passé une décennie entre prison et cachettes. Chanoine janséniste, Joseph Mahé fut professeur suppléant au Collège royal de Vannes et a assuré les fonctions de conservateur à la bibliothèque de Vannes de 1806 à 1815 et d'antiquaire folkloriste[3]. Il a été précepteur dans la famille Desgrées du Loû, tout en s'adonnant à l'étude de la musique, du dessin, des mathématiques, de la littérature et de la philosophie[2].

Archéologue et historien, il a aussi fait un travail d'inventaire des mégalithes du Morbihan. Il fut l'un des fondateurs de la Société polymathique du Morbihan et son premier président.

Il publie en 1825 un Essai sur les Antiquités du Morbihan dans lequel sont inclus 40 airs de musique qui peuvent témoigner de la musique en vogue en pays de Vannes avant la Révolution (certains airs ayant été vraisemblablement recueillis à la fin du XVIIIe siècle). En outre, il accompagne ces airs de réflexions sur les modes et l'usage des chants populaires.

Mais cette édition n'est en réalité qu'un extrait du manuscrit beaucoup plus volumineux retrouvé par le chanoine Le Moing à la fin du siècle dernier et confié à l'évêché de Vannes.

Il est décédé en 1831 à l'âge de 71 ans. Une plaque porte depuis 2012 son nom à Gréavo, sur l’île d’Arz où il est né.

OuvragesModifier

Mahé était un érudit qui parlait le grec et l'hébreu. Il a écrit un mémoire sur le déluge universel, des réflexions sur les textes grecs, hébreux et syriaques de la Bible, des notes sur l'ancien et le nouveau testament...

En 1822, une lettre du chanoine Mahé annonce au comte de Chazelles, préfet du Morbihan, que son Essai sur les Antiquités du département du Morbihan est pratiquement achevé. Il faut cependant attendre 1825 pour qu’il soit publié chez l’éditeur Galles aîné, imprimeur du roi à Vannes. Dans cet ouvrage de 500 pages, au beau milieu des "Dolmens et Cromlechs", de la "Soule" et de la "Langue bretonne"[4], Mahé consacre un chapitre de 21 pages aux « Chants populaires du Morbihan »[5]. On y trouve 40 mélodies profanes à une voix, notées sans paroles, et une étude musicologique. Le texte du chapitre « Chants populaires du Morbihan » accompagne non pas les 40 airs déjà publiés, mais une impressionnante collecte de 232 mélodies notées de main de maître par Mahé, constituant à ce jour le plus ancien fonds d’airs bretons de tradition populaire.

L’ethnomusicologue Roland Becker fait partager au grand public cette découverte[6]. Les airs ont été publiés par « Mélusine » (étude musicologique dans les tomes 6 à 8 par Melle E. Schoultz-Adaïevsky), « Ar Soner » (les 182 premiers airs contenus dans le manuscrit dans les n°122, 123, 124 de 1961, 127 de 1962 et 134 de 1963) et « Musique bretonne ». La revue Musique bretonne a repris l'édition du manuscrit afin de le faire connaître une grande part.

Notes et référencesModifier

  1. Joseph Mahé. Hommage à un érudit natif de l'île, Le Télégramme, 7 juin 2012
  2. a et b Nathalie Jay, Ile-d'Arz. La mémoire retrouvée du chanoine Mahé, érudit du XVIIIe siècle, Ouest-France, 12 juin 2012
  3. Joseph Mahé, premier collecteur breton, sur ar-gedour-mag.com, 15 juin 2012
  4. Il y soutient notamment que le breton fut jadis parlé en Perse, en Espagne, en Italie et en Germanie, les « Estions » (Prussiens), parlant aussi une variante du bas breton. Il va jusqu’à soutenir que le breton était une langue autrefois couramment parlée jusqu’au cœur de l’Afrique. Erwan Chartier, La construction de l'interceltisme en Bretagne, des origines à nos jours : mise en perspective historique et idéologique, thèse de Langues et cultures régionales, sous la direction de Michel Nicolas, tome 1, Université de Rennes 2, , 720 p. (lire en ligne), p. 101
  5. J. Mahé, « Chants populaires du Morbihan », dans Essai sur les antiquités du département du Morbihan (lire en ligne)
  6. oyounmuzik.com, conference de Roland Becker le 1er décembre 2011

AnnexesModifier

PublicationsModifier

  • J. Mahé, Essai sur les antiquités du département du Morbihan, Galles aîné, imprimeur du roi, (lire en ligne)

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jean Gourhand, L'abbé Joseph Mahé, premier érudit morbihannais, Presses universitaires, 2001, 17 p.

Liens externesModifier