Ouvrir le menu principal
Jean Ricardon
Jean Ricardon 1980.jpg
Jean Ricardon en 1980.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 93 ans)
BesançonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Formation

Jean Ricardon, né le 21 septembre 1924 à Morez et mort le 2 avril 2018 à Besançon[1], est un peintre français[2] figuratif.

Sommaire

BiographieModifier

Ses parents dirigent l'entreprise familiale de peinture et décoration[3].

En 1938, son père, qui craint d'être mobilisé si la guerre est déclarée, l'inscrit (sur dispense exceptionnelle car il est trop jeune) à l'École de peinture décorative de Reims, afin qu'il acquière la compétence nécessaire pour diriger l'entreprise en son absence. Il y entre en septembre 1938 et remporte, en 1939, à 14 ans, le titre de meilleur ouvrier de France (il est, de plusieurs années, le plus jeune candidat)[3].

Entre 1944 et 1950, il étudie la peinture et obtient un diplôme à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Eugène Narbonne.

« Venu du Jura à Paris après l'expérience des années d'occupation et de clandestinité (il est réfractaire au STO), Jean Ricardon y passe un temps d'ouverture et de formation, de rencontres et de découvertes esthétiques[3]. »

— G. Viatte

Il se présente à plusieurs concours où il se distingue : prix Chenavard (1947), deuxième logiste du prix de Rome (1948), prix Rocheron (1951). Puis, ses études terminées, il décide de rentrer à Morez pour aider son père dans l'entreprise familiale[3]. Il consacre tout son temps libre à sa peinture, de plus en plus influencé par les maîtres du XXème siècle (Picasso, Mondrian, Malévitch).

En 1950, il épouse Suzanne, une jurassienne rencontrée aux Beaux Arts de Paris. Leur fils naît en 1954[4].

La même année, il est nommé professeur de peinture à l'École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Besançon[3]. Il partage désormais sa vie professionnelle entre ses travaux personnels et l'enseignement pour lequel il se passionne et dans lequel il s'implique totalement.

Il prend sa retraite à 65 ans, en 1989[4]. Jusqu'à ses 90 ans, il continue à peindre dans son atelier de Besançon[4].

 
Autoportrait 1949

Il est décédé le 2 avril 2018[1].

 
Le modèle Arpineau 1944 Paris ENSBA

TravauxModifier

Il restera toute sa vie un peintre figuratif. Même si son style évoluera rapidement vers l'abstraction, il conservera toujours des thèmes figuratifs, notamment le visage[5].

En 1947, il fait le choix de renoncer à l'utilisation de la couleur, qu'il considère comme une facilité, en limitant sa palette au blanc et au noir[6].

« L'essentiel, pour moi, aura été le blanc matériau, ensuite le visage, son ordre, ses dimensions possibles.[3] »

Discret par nature, et éloigné de Paris et des médias, il est cependant remarqué par de grands noms du milieu artistique. Ses peintures suscitent l'admiration de Michel Seuphor avec lequel il se lie d'amitié [7]. Il est cité dans des ouvrages de référence[8]. Michel Seuphor l'invitera à exposer avec lui aux Pays-Bas, à La Haye, et en Allemagne, à Saarlouis (1973, 1980, 1983)[3].

En 1979, Germain Viatte l'invite à exposer à Paris, au Centre Georges Pompidou[9].

En 1991, il est choisi pour concevoir les quarante-sept verrières de l'abbaye d'Acey (Jura)[10],[11]. Ce travail extrêmement novateur, tant sur le plan esthétique que sur le plan technique, est effectué de 1995 à 1997 avec le maître verrier Pierre-Alain Parot[12],[13],[14],[15],[16].

En 2001, le Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon lui a consacré une grande exposition rétrospective de son œuvre[3].

ExpositionsModifier

Expositions personnelles[3]Modifier

  • 1979 - Paris, Centre Georges Pompidou, musée national d'art moderne
  • 1980 - Saarlouis, Allemagne, Treffpunkt Kunst
  • 1982 - La Haye, Pays-Bas, galerie Nouvelles Images
  • 1993 - Saarlouis, Allemagne, Treffpunkt Kunst
  •  
    Visage de clown 1954
    2001 - Besançon, musée des beaux-arts et d'archéologie

Expositions collectives[3]Modifier

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (novembre 2018)
  • 1939 - Exposition des meilleurs artisans de France et des colonies
  • 1946 - Paris, Trente septième salon de l'École française
  •  
    Manuela 1988
    1946 - Paris, Trente huitième salon d'hiver, musée des beaux arts, quai de New-York
  • 1947 - Paris, Salon des artistes français
  • 1949 - Paris, Salon de la jeune peinture
  • 1950 - Pars, "Groupe des Huit", galerie Saint-Placide
  • 1953 - Besançon, l'Atelier
  • 1954 - Paris, Salon de la jeune peinture
  • 1955 - Pontarlier, trente et unième salon des Annonciades
  • 1959 - Fribourg en Brisgau
  • 1960 - Paris, Salon de la jeune peinture, musée d'art moderne
  • 1963 - Pontarlier, trente neuvième salon des Annonciades
  • 1964 - Besançon, "Le groupe du carré blanc", avec huit de ses élèves, Faculté des lettres et sciences humaines
  • 1965 - Château de la Sarraz, Suisse
  • 1969 - Besançon, galerie Demenge (avec L. François et G. Legardeur)
  • 1970 - Morteau, château Pertusier
  • 1971 - La Chaux-de-Fonds, Suisse, Club 44 (avec L. François et G. Legardeur)
  • 1972 - Château d'Ancy-le-Franc, "Primitifs du XXème siècle"
  • 1973 - La Haye, Pays-Bas, Galerie Nouvelles Images, avec Michel Seuphor
  • 1975 - Saint-Etienne, Maison de la culture (avec Boillot, François, Fumagalli et Legardeur)
  • 1975 - La Haye, Pays-Bas, 15ème anniversaire de la Galerie Nouvelles Images (avec Saura, Seuphor, Tapiès)
  • 1977 - La Haye, Pays-Bas, Gemeente Museum (avec Michel Seuphor)
  • 1983 - Troyes, "Aspects de la peinture contemporaine 1945-1983"
  • 1983 - Saarlouis, Allemagne, "Lyric + geometrie", Galerie Treffpunkt Kunst
  • 1983 - New-York, USA, "Bilan de l'art contemporain"
     
    Saint Paul 2002
  • 1984 - Andorre, "Les années 50"
  • 1984 - Besançon, Kursaal, "Première biennale des arts plastiques et des métiers d'art"
  • 1984 - Montbéliard, Centre d'art contemporain
  •  
    Les signes 2 - 2010
    1984 - Saint-Nazaire, Musée-galerie, ancienne chapelle des Franciscains
  • 1984 - Châteauroux, Espace des Cordeliers
  • 1984 - Grand-Couronne, Espace Delaunay
  • 1985 - Paris, Salon de Mai
  • 1986 - Paris, Salon de Mai
  • 1986 - Paris, Espace Belleville, "Art construit"
  • 1986 - Besançon, Galerie G
  • 1986 - Séoul, Corée, "Le pastel contemporain"
  • 1987 - Brive, Salon d'octobre
  • 1989 - Taiwan, musée de Taipei, "Aspects de la peinture contemporaine de Paris"
  • 1995 - Besançon, Galerie G
  • 1997 - Chartes, Centre international du vitrail"
  • 1998 - Innsbrück, Autriche
  • 1998 - Bruxelles, Belgique, "Arts Brussels Strasbourg, ST'Art"

ŒuvresModifier

  • Le clown, autoportrait (1949)[2]
  • Le modèle Arpineau, 1944, Paris, ENSBA[5]
  • Visage de clown (1954)[5]
  • La maison Caire (1942)[5]
  • Deux visages de clowns interrogateurs (1969)[8]
  • Portraits - Carmen et don José (1980)[3]
  • Portrait d'Arturo T. (1984)[3]
  • Manuela (1990)
  • Construction sur fond gris foncé ( (1995)[3]
  • Saint Paul (2008)
  • Étude n° 211 (2000)[3]
  • Les signes 2 (2010)

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Le peintre Ricardon n'est plus », sur L'Est Républicain, (consulté le 4 avril 2018)
  2. a et b Germain Viatte , Jean RICARDON, Le Bulletin - centre National d'Art et de Culture Georges Pompidou Paris 1979
  3. a b c d e f g h i j k l m et n Lagrange, Philippe, 1941- ..., Viatte, Germain, 1939- ..., Musée des beaux-arts et d'archéologie (Besançon) et Impr. Néo-typo), Ricardon : traits, portraits, visages et figures, 1950-2000 : [exposition, Besançon, Musée des beaux-arts et d'archéologie, 2001], [Musée des beaux-arts et d'archéologie], (ISBN 2905193379 et 9782905193377, OCLC 469533157, lire en ligne), p. 3-4-140-141
  4. a b et c « Adieu à Jean Ricardon », Le Progrès,‎
  5. a b c et d Dessins, peintures, Jean Ricardon. Reims-Paris-Morez 1939-1953., Besançon, Néo Editions,
  6. Xuriguera, Gérard., Les années 50 : peintures, sculptures, témoignages, Arted, (ISBN 2850670669 et 9782850670664, OCLC 12583172, lire en ligne), p. 230
  7. Rittaud-Hutinet, Jacques., Encyclopédie des arts en Franche-Comté, Éditions La Taillanderie, (ISBN 2876292971, 9782876292970 et 287629298X, OCLC 84656122, lire en ligne), p. 320
  8. a et b Michel Ragon, L'art abstrait (volume 3 - de 1939 à 1970 en Europe), Paris, Maeght, , p. 22
  9. « Hubert Munier et Jean Ricardon, Atelier Aujourd'hui 14 du 04 avril au 14 mai 1979 . Vues des salles de l'exposition (vues 1 à 4 : Hubert Munier ; vues 5 à 8 : Jean Ricardon) | Centre Pompidou », Bibliothèque Kandinsky,‎ du 04 avril au 14 mai 1979 (lire en ligne, consulté le 24 novembre 2018)
  10. gdespeville, « La règle de Jean Ricardon, de la peinture aux vitraux de l’abbaye cistercienne d’Acey », sur www.narthex.fr (consulté le 24 novembre 2018)
  11. Ricardon, Les verrières d'Acey, Besançon, Néo Editions,
  12. « film-documentaire.fr - Portail du film documentaire », sur www.film-documentaire.fr (consulté le 24 novembre 2018)
  13. LaProcure.com, « D'art et de lumière, Vincent Lauth, Musique et DVD, LaProcure.com », sur La Procure (consulté le 24 novembre 2018)
  14. « Les créations de l'Atelier PAROT », sur www.atelier-parot.fr (consulté le 24 novembre 2018)
  15. « peintre verrier artistes », sur www.atelier-parot.fr (consulté le 24 novembre 2018)
  16. Abbaye ACEY, « Les verrières de l'abbaye d'Acey », (consulté le 24 novembre 2018)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • « RICARDON, Jean », dans Dictionnaire Bénézit, (lire en ligne)
  • Germain Viatte, Jean Ricardon, Centre Georges-Pompidou,
  • Philippe Lagrange et Germain Viatte, Ricardon : traits, portraits, visages et figures, 1950-2000, Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon, (ISBN 2-905193-37-9)
  • Michel Ragon et Michel Seuphor, L'art abstrait (volume 3 - de 1939 à 1970 en Europe), Paris, Maeght éditeur, 1973 (Jean Ricardon, ill.21 p.22). (ASIN : B00Q0CO1KM)
  • Gérard Xuriguera, Les années 50 : peintures, sculptures, témoignages, Arted-Editions d'art, 1984 (notice sur Jean Ricardon avec 1 ill. couleur + 1 ill. noir et blanc, p. 170-171 ; notice biographique p. 230. (ISBN 2-85067-066-9)
  • Gérard Xuriguera, Regard sur la peinture contemporaine. La création picturale de 1945 à 1983, Arted, 1983 (Jean Ricardon cité p. 84-85, ill. p. 85)
  • Jacques Rittaud-Hutinet, Encyclopédie des arts en Franche-Comté, Éditions La Taillanderie, 2004 (ISBN 2876292971)
  • Lorenz Dittmann, Jean Ricardon, Saarbrück, 1984.
  • Dessins, peintures, Jean Ricardon. Reims-Paris-Morez 1939-1953, 2006 (dépôt légal : 46127)
  • Bernard Ceysson, Serge Lemoine, Daniel Abadie, et al., Vingt cinq ans d'art en France, 1960-1985, Paris, Larousse, 1986 (bibliographie p. 301-347) (ISBN 9782035093059))
  • Ricardon - Les verrières d'Acey, Néo Editions, 1999. Textes de Germain Viatte et de Michel Seuphor, notes techniques de Pierre-Alain Parot. (dépôt légal 23910)
  • Duverget Chantal - Peindre la Franche-Comte - De Courbet à Messagier - Ed. du Sekoya, 2018 - (ISBN 2847511563)

Liens externesModifier