Jean Hippolyte Colins de Ham

économiste français

Jean Guillaume César Alexandre Hippolyte, baron de Colins (né le à Bruxelles et décédé en 1859 à Montrouge près de Paris) est un sociologue et un philosophe français d'origine belge. On le nomme simplement Colins ou Colins de Ham, ou encore baron de Colins. Il a créé le concept de « socialisme rationnel ».

Jean Hippolyte Colins de Ham
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BiographieModifier

Colins de Ham est fils de Jean-Guillaume de Colins, chevalier de Ham (1729-1799), qui fut chambellan à la Cour impériale de Bruxelles.

Pour son éducation, Colins est confié au prêtre et savant Henri-Joseph Debouche (1738-1805), de 1791 à 1801. Il étudie les auteurs grecs classiques, saint Augustin, saint Thomas, et des philosophes aussi divers que Descartes et Condillac.

Colins voyage en Allemagne en 1801 puis s'engage dans le 8e régiment de hussards français en et fait carrière dans l'armée jusqu'en 1811, puis à nouveau de 1813 à 1816. En 1804, il étudie les mathématiques et spécialement la géométrie. L'armée l'envoie étudier la médecine vétérinaire (pour les chevaux) et l'agriculture à l'école impériale d'Alfort. Entre 1811 et 1813 il tente une carrière administrative puis s'engage à nouveau pour défendre l'Empire à la suite de la Retraite de Russie. Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadron et la Légion d'honneur, mais doit quitter l'armée en car il reste fidèle à Napoléon.

Il étudie alors la médecine et reste lié aux bonapartistes qu'il retrouve à Philadelphie où il se rend en . Puis Colins s'installe à Cuba comme propriétaire de plantations de café, poursuit ses études de médecine à La Havane. Il épouse en 1820 une créole de Saint-Domingue, la veuve Marie-Louise de Saint-Georges. Ils auront un fils et une fille.

Les changements politiques en France, la Révolution de 1830, le poussent à s'engager à nouveau avec les bonapartistes, à retourner en France et à voyager. Il laisse sa famille à Cuba. Il aurait reçu la nationalité française en 1830.

Durant les années 1832-1834, délaissant la politique, il étudie Saint-Simon, Fourier, et s'intéresse à de nombreux sujets : les sciences, les lettres, la théologie, le droit, la médecine, et l'histoire naturelle. C'est à ce moment qu'il tente de faire connaître son « socialisme rationnel », qui soutient l'idée de la nationalisation de la terre pour éliminer la pauvreté. Il publie ses deux premiers ouvrages Le pacte social et Le socialisme rationnel. On lui attribue le néologisme « collectivisme ».

Colins est emprisonné de à , à la suite de la Révolution de 1848. Il meurt en . Il est inhumé au Cimetière de Montrouge (Paris 14e arr.), 13e division.

PublicationsModifier

  • Le Pacte social, 1834
  • Socialisme rationnel, ou Association universelle des amis de l'humanité, 1849 lire en ligne sur Gallica
  • Qu'est-ce que la science sociale, 1854-55
  • La Science sociale, 1857
  • De la souveraineté, 1857 [lire en ligne (page consultée le 5 mars 2014)]
  • La science sociale, 1857-96

BibliographieModifier

  • Ivo Rens et William Ossipow, Histoire d'un autre socialisme. L'École colinsienne 1840-1940, Neuchâtel, La Baconnière, 1979. [lire en ligne (page consultée le 3 mars 2014)]

Articles d'Ivo RensModifier

  • « Colins, précurseur du collectivisme étatique et du socialisme libéral », Res publica, Bruxelles, 1965, vol. 7, p. 352-377.
  • « Philosophie colinsienne ou les fondements rationalistes d'un socialisme de l'ordre moral », Res publica, Bruxelles, 1967, vol. 9, no spécial, 104 pages.
  • « Utopie et millénarisme chez Fourier et Colins », Revue suisse d'histoire, Bâle, 1972, t. 22, fasc. 4, p. 573-590.
  • « Colins et Sade », Res publica, Bruxelles, 1971, vol. 13, n⁰ 1, p. 125-140.
  • « Sismondi vu par Colins », in : Sismondi européen, actes du colloque international tenu à Genève les 14 et , Genève, Slatkine, 1976, p. 69-78.
  • « La métaphysique de Colins de Ham : (1783-1859) », in : Conférences et débats du Cercle d'études philosophiques d'Annecy, Lyon, 1983, p. 19-40.
  • « Sur la version colinsienne de l’argument ontologique », Revue européenne des sciences sociales, Tome XLI, 2003, n. 125, p. 143-151. [lire en ligne (page consultée le 3 mars 2014)]

SourceModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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