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Jean Doise

historien français
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Jean Doise
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Jean Doise (Marseille 4e, 1917 - [1]) est un chef d'entreprise et historien français. Spécialiste des questions de sidérurgie en Europe, il a tenté de contextualiser l'affaire Dreyfus avec le développement de nouvelles pièces d'artillerie françaises.

BiographieModifier

Jean Doise est élève du Lycée Thiers de Marseille, membre de l'institut chrétien Jean-Joseph Allemand dans le 3eme arrondissement de Marseille. Admis à l'École normale supérieure, il devient agrégé d'histoire et de géographie. Il est ensuite membre de l'École française de Rome (1943-1945), officier de réserve du Service d'État Major.

Il été de 1960 jusqu'à environ 1995 Directeur Général de la Société Rhin-Rhône[2] de Strasbourg (combustibles, produits pétroliers, transport fluvial), dont le siège social était à Lyon.

Dans son essai Un Secret bien gardé, il défend la thèse selon laquelle l'affaire Dreyfus aurait été en réalité une opération d'intoxication contre l'espionnage allemand visant à préserver le secret sur la mise au point du futur canon de 75 mm. Cette intoxication aurait été montée par le colonel Sandherr, chef du contre-espionnage militaire français (service dissimulé sous le nom de « Service de Statistique »). Pour mettre en œuvre cette intoxication, Sandherr s'était servi du commandant Ferdinand Walsin Esterhazy, ce dernier étant un ancien membre du contre-espionnage français (ce dernier fait est incontestablement prouvé par les archives du Service historique de l'armée, selon Doise). Sandherr aurait agi sous l'impulsion directe du général Auguste Mercier qui lui-même avait été influencé par le général Deloye, directeur de l'Artillerie.

D'après Jean Doise, l'État Major général de l'armée n'avait pas été mis au courant de cette manipulation du contre-espionnage français (la "Section de Statistique" dirigée par Sandherr). L'État-Major réagit donc de bonne foi en inculpant Dreyfus sur la base d'un bordereau récupéré par une femme de ménage et espionne française à l'ambassade d'Allemagne. Ce bordereau, qui aurait été fabriqué par Esterhazy de connivence avec Sandherr, citait en première ligne une nouvelle pièce d'artillerie (le 120 mm Mle 1890 "Baquet") a frein de recul relativement primitif. Cette référence à un modèle d'artillerie récent mais très inférieur au futur et très secret canon de 75 mm Mle 1897 devait déclencher l'inculpation de Dreyfus.

L'historien Vincent Duclert estime que « [c]e livre n'obéit à aucune des règles scientifiques de l'histoire »[3].

BibliographieModifier

  • Histoire militaire de l'Alsace : La défense du Pays ; première partie : De la guerre de Trente ans à Napoléon, Saisons d'Alsace, Revue Trimestrielle no 84, 1984, 103 p. (ISSN 0048-9018).
  • Histoire militaire de l'Alsace : La défense du Pays ; deuxième partie : De la Restauration à la Ligne Maginot, Saisons d'Alsace, Revue Trimestrielle no 87, 1985, 102 p. ISSN 0048-9018.
  • (avec Maurice Vaïsse) Diplomatie et outil militaire. Politique étrangère de la France : 1871-1969, Imprimerie Nationale, collection Politique étrangère de la France, 1987, 546 p.  (ISBN 2-11-080924-8). Nouvelle éd. Diplomatie et outil militaire. Politique étrangère de la France : 1871-1991, Le Seuil, collection Points Histoire, 1992, 749 p.  (ISBN 2-02-014159-0).
  • Un secret bien gardé : histoire militaire de l'affaire Dreyfus, Le Seuil, collection XXe siècle, 1994, 225 p. (ISBN 2-02-021100-9).
  • Du Combat antique au Combat moderne : Les réalités du terrain, ADDIM 1999, 223 p. (ISBN 2-907341-96-0).

RéférencesModifier

  1. (notice BnF no FRBNF12063940)
  2. Cf. Jean Bouvier, « Recension critique de l'ouvrage collectif Charbon et Sciences Humaines (1966, École Pratique des Hautes Études, coll. Industrie et artisanat, II) », Revue du Nord, vol. 49, no 194,‎ , p. 590 (www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1967_num_49_194_2634_t1_0587_0000_1).
  3. Vincent Duclert, « L'affaire Dreyfus et le tournant critique (note critique) », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 50e année, n° 3, 1995, p. 563-578, [lire en ligne].

Liens externesModifier