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Jean-Louis Chrétien

philosophe et poète français
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Jean-Louis Chrétien
Jean-louis-chretien-1.jpg
Jean-Louis Chrétien (1987).
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Œuvres principales
L'Effroi du beau, La Voix nue – phénoménologie de la promesse, L'Appel et la Réponse, L'Arche de la parole

Jean-Louis Chrétien (né à Paris le et mort dans la même ville le [1]) est un philosophe, poète et théologien catholique français.

BiographieModifier

Jean-Louis Chrétien est le fils d'Anna et d'Henri Chrétien, ce dernier ayant été militant communiste, médecin des Brigades internationales, résistant, déporté à Natzweiler-Struthof et à Dachau[2].

Cacique de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (promotion 1971)[3], il fut également reçu premier à l'agrégation de philosophie. Après quelques années à l'université de Créteil (Paris-XII), nommé en Sorbonne (Paris-IV) à la chaire d'histoire de la philosophie de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, il y enseigna jusqu'à sa retraite en 2017.

Nonobstant l'hostilité de son père, Jean-Louis Chrétien se convertit à la foi catholique entre 25 et 28 ans, et reçut le baptême le jour de la Pentecôte[4]. La rencontre, dès sa jeunesse, avec Henri Maldiney devait décider de sa vocation pour la philosophie et marquera profondément sa pensée[5] ; c'est par Maldiney que Jean-Louis Chrétien fut introduit, « inoubliablement[6] », à Heidegger, qui lui-même lui « apprit à lire les philosophes[6] », et « le jeta au plus près de la source grecque[1] ». Ainsi, dès sa thèse, – « L'herméneutique de l'obliquité dans le néoplatonisme et le christianisme antiques[7] » –, il s'est spécialisé dans l'étude de Platon et du néoplatonisme. Ce fut aussi un connaisseur impeccable des Pères de l'Eglise, tout particulièrement de Saint Augustin, auquel il consacra d'ailleurs tout un ouvrage, Saint Augustin et les actes de parole[8].

Le cœur de la pensée et des écrits de Jean-Louis Chrétien consiste en une phénoménologie de la parole[6]. Sa pensée est caractéristique de ce que Dominique Janicaud a appelé le « tournant théologique de la phénoménologie française[9] ». Bien que Michel Haar lui ait reproché son dogmatisme métaphysique[10], son travail a notamment été salué par Jacques Derrida[11] et par Jean-Luc Marion[12].

Jean-Louis Chrétien a reçu en 2012 le prix du cardinal Lustiger de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre philosophique[13].

Quelques-uns de ses poèmes figurent dans l'Anthologie de la poésie française de la Bibliothèque de la Pléiade.

ŒuvresModifier

  • Lueur du secret, Paris, L'Herne, 1985.
  • L'Effroi du beau, Paris, Cerf, 1987.
  • L'Antiphonaire de la nuit, Paris, L'Herne, 1989.
  • Traversées de l'imminence, Paris, L’Herne, 1989.
  • La Voix nue : phénoménologie de la promesse, Paris, Minuit, 1990.
  • Loin des premiers fleuves, Paris, La Différence, 1990.
  • L'inoubliable et l'inespéré, Paris, Desclée de Brouwer, 1991.
  • L'Appel et la Réponse, Paris, Minuit, 1992.
  • Parmi les eaux violentes, Paris, Mercure de France, 1993.
  • Effractions brèves, Sens, Obsidiane, 1995.
  • De la fatigue, Paris, Minuit, 1996.
  • Corps à corps : à l'écoute de l’œuvre d'art, Paris, Minuit, 1997.
  • Entre flèche et cri, Sens, Obsidiane, 1998.
  • L'Arche de la parole, Paris, PUF, « coll. Epiméthée » 1998.
  • Le regard de l'Amour, Paris, Desclée de Brouwer, 2000.
  • Joies escarpées, Sens, Obsidiane, 2001.
  • Marthe et Marie, Paris, Desclée de Brouwer, 2002 (avec Étienne Jollet et Guy Lafon).
  • Saint Augustin et les actes de parole, Paris, PUF, « coll. Epiméthée », 2002.
  • L'intelligence du feu : réponses humaines à une parole de Jésus, Paris, Bayard, 2003.
  • Promesses furtives, Paris, Minuit, 2004.
  • Symbolique du corps : la tradition chrétienne du Cantique des Cantiques, Paris, PUF, « coll. Epiméthée », 2005.
  • La Joie spacieuse : essai sur la dilatation, Paris, Minuit, 2007.
  • Répondre : figures de la réponse et de la responsabilité, Paris, PUF, « Chaire Étienne Gilson », 2007.
  • Sous le regard de la Bible, Paris, Bayard-Centurion, coll. « Bible et philosophie », 2008.
  • Conscience et roman. I, La conscience au grand jour, Paris, Minuit, « coll. Paradoxe », 2009, 288 p.
  • Pour reprendre et perdre haleine : dix brèves méditations, Paris, Bayard, 2009.
  • Reconnaissances philosophiques, Paris, Le Cerf, 2010.
  • Conscience et roman. II, La conscience à mi-voix, Paris, Minuit, « coll. Paradoxe », 2011, 336 p.
prix du cardinal Lustiger de l'Académie française
  • L’Espace intérieur, Paris, Minuit, « coll. Paradoxe », 2014.
  • Fragilité, Minuit, coll. « Paradoxe », 2017.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Mort du philosophe et poète Jean-Louis Chrétien », sur www.libération.fr, (consulté le 1er juillet 2019).
  2. « Le Monde, 22 Juin 2000, pdf, voir page 14 »
  3. https://www.archicubes.ens.fr/lannuaire#annuaire_chercher?identite=Chr%C3%A9tien.
  4. Emmanuel Housset, « Mort du philosophe Jean-Louis Chrétien : une philosophie de l'humilité à l'épreuve de la Parole »,
  5. J.-L. Chrétien, L'inoubliable et l'inespéré – rétrospective, Paris, Desclée de Brouwer, (ISBN 9782220065908), p. 182
  6. a b et c « « Essayer de penser au-delà de la subjectivité », entretien de J.-L. Chrétien avec Camille Riquier », Critique n°790,‎ (ISSN 0011-1600)
  7. Jean-Louis Chrétien, « Herméneutique de l'obliquité dans le néoplatonisme et le christianisme antiques », Bibliothèque de l'université Paris-IV Sorbonne,‎ , Cote I 4= 8952 (lire en ligne, consulté le 22 février 2019)
  8. Saint Augustin et les actes de parole, PUF, coll. « Épiméthée », , 267 p. (ISBN 9782130524694)
  9. Dans Le tournant théologique de la phénoménologie française, Combas, Éd. de l'Éclat, 1991, et La phénoménologie éclatée, Paris, Éd. de l'Éclat, 1998.
  10. Michel Haar, La philosophie française entre phénoménologie et métaphysique, Paris, PUF, « Perspectives Critiques », 1999.
  11. Dans Le toucher : Jean-Luc Nancy, Paris, Galilée, 1999.
  12. Dans Étant donné : essai pour une phénoménologie de la donation, Paris, PUF, 1997.
  13. « Jean-Louis CHRÉTIEN | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 15 juillet 2019)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier