Jai Ram Reddy

homme politique fidjien

Jai Ram Reddy, né le à Lautoka[1], est un homme politique et juge fidjien. Deux fois chef de l'opposition parlementaire, brièvement ministre de la Justice en 1987, il est une figure politique majeure des années 1970 jusqu'à la fin du XXe siècle, puis est nommé président de la Cour d'Appel en 2000. Il est juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda de 2003 à 2008.

Jai Ram Reddy
Illustration.
Jai Ram Reddy à Wellington en 1960.
Fonctions
Chef de l'opposition des Fidji
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Ratu Sir George Cakobau,
Ratu Sir Penaia Ganilau
Premier ministre Ratu Kamisese Mara
Prédécesseur Siddiq Koya
Successeur Siddiq Koya
Président Ratu Sir Penaia Ganilau,
Ratu Sir Kamisese Mara
Premier ministre Sitiveni Rabuka
Prédécesseur Poste vacant
Successeur Ratu Inoke Kubuabola
Ministre de la Justice
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Ratu Sir Penaia Ganilau
Premier ministre Timoci Bavadra
Gouvernement gouvernement Bavadra
Coalition PFN / PTF
Président de la Cour d'Appel
mars –
Biographie
Date de naissance (85 ans)
Lieu de naissance Lautoka
Nationalité fidjienne
Parti politique Parti de la fédération nationale
Diplômé de Université de Nouvelle-Zélande
Profession avocat, juge

AvocatModifier

Après des études de Droit à l'Université de Nouvelle-Zélande à Wellington, il est admis au barreau en Nouvelle-Zélande en 1960, et aux Fidji l'année suivante. Il pratique le métier de solicitor jusqu'en 1997[1].

Homme politiqueModifier

En 1972 il est nommé Sénateur pour le Parti de la fédération nationale (PFN), qui représente principalement les intérêts de la communauté indo-fidjienne rurale. Il est élu député à la Chambre des représentants en  ; en septembre, il succède à Siddiq Koya comme chef du PFN et chef de l'opposition, face au gouvernement conservateur de Ratu Sir Kamisese Mara[1]. Reddy est reconnu même par ses opposants comme un homme « intelligent, pensif et calme », doté d'un réel sens de l'intérêt commun[2]. Il parvient à unifier son parti, qui était fragmenté en deux factions. En , toutefois, une dispute publique avec le Premier ministre Kamisese Mara, partant d'un simple point de procédure parlementaire, l'amène à démissionner du Parlement, et donc de la direction de l'opposition et du parti. Siddiq Koya lui succède[3]. En amont des élections de 1987, Koya s'oppose au projet d'alliance du PFN avec le Parti travailliste, et démissionne à son tour ; Reddy reprend ses fonctions à la tête du parti (tandis que Harish Sharma devient chef de l'opposition)[4].

Les Travaillistes et le PFN remportent les élections. Le nouveau Premier ministre, Timoci Bavadra, nomme Reddy, le , Procureur général et ministre de la Justice. Le , le gouvernement est renversé par un coup d'État militaire mené par le colonel Sitiveni Rabuka. Ce dernier entend écarter 'les Indiens' (tels que Reddy) du pouvoir et imposer une suprématie politique de la population autochtone. Les députés de la majorité sont un temps placés en détention par les soldats, puis relâchés. S'ensuivent cinq années de régime militaire. Reddy fait campagne publiquement, en vain pour la restauration de la démocratie[5]. Rabuka impose une nouvelle Constitution qui exclut les Indo-Fidjiens des plus hautes fonctions et réduit leur représentation au Parlement. Néanmoins, lorsque les élections de 1992 se tiennent sous ces nouvelles modalités, Reddy, élu une nouvelle fois député pour le PFN, redevient chef de l'opposition parlementaire, face au gouvernement nationaliste de Rabuka[1]. Adoucissant ses positions, Rabuka accepte les demandes de Reddy pour une révision de la Constitution. Reddy est nommé membre du comité parlementaire de révision de la Constitution en 1995. Avec l'assistance du Néo-Zélandais Sir Paul Reeves, une nouvelle Constitution est adoptée en 1997, restaurant les droits civiques et politiques des Indo-Fidjiens. Petit à petit, Reddy et Rabuka développent une estime mutuelle ; leurs partis politiques (le PFN et le SVT) créent la surprise en forgeant une alliance en vue des élections de 1999. Cet accord, selon Reddy, permettrait d'unir les différentes communautés ethnique et de prévenir les tensions. Bon nombre d'électeurs traditionnels du PFN sont choqués par ce rapprochement avec Rabuka ; les élections de 1999 sont un désastre pour le PFN, qui perd tous ses sièges, et disparaît ainsi du Parlement pour la première fois dans son histoire. Reddy démissionne de la tête du parti, et met un terme à sa carrière politique[6].

JugeModifier

En , il est nommé président de la Cour d'Appel. Il démissionne en août après un nouveau coup d'État, puis reprend ses fonctions en janvier 2002 lorsque la démocratie parlementaire a été rétablie. Le l'Assemblée générale des Nations unies le nomme juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, fonction qu'il occupe jusqu'en . Il prend ensuite sa retraite de la vie publique[7].

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm: Jai Ram Reddy and the Politics of Postcolonial Fiji, Australian National University Press, 2010, p.viii
  2. (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm, op.cit., p.191
  3. (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm, op.cit., pp.285-287
  4. (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm, op.cit., p.318
  5. (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm, op.cit., pp.385-386
  6. (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm, op.cit., chapitres 8 et 9
  7. (en) Brij Lal, In the Eye of the Storm, op.cit., pp.713-714