Siddiq Koya

homme politique fidjien

Siddiq Koya
Fonctions
Chef de l'opposition des Fidji
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Robert Sidney Foster,
Ratu Sir George Cakobau
Premier ministre Ratu Kamisese Mara
Prédécesseur A.D. Patel
Successeur Jai Ram Reddy
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Ratu Sir Penaia Ganilau
Premier ministre Ratu Kamisese Mara
Prédécesseur Jai Ram Reddy
Successeur Ratu Kamisese Mara
Biographie
Nationalité Fidjien
Parti politique Parti de la fédération nationale
Diplômé de Université de Tasmanie
Profession Avocat

Siddiq Moidin Koya, né en 1924 à Ba et mort en 1993[1],[2], est un avocat et homme politique fidjien. Il participe activement à la transition des Fidji vers l'indépendance en 1970, en tant que chef de l'opposition parlementaire. Il manque de peu de devenir Premier ministre en 1977.

De confession musulmane, il est issu de la communauté indo-fidjienne[3]. Ses parents sont des fermiers travaillant les plantations de cane à sucre de la colonie[4]. Il obtient une licence en droit à l'Université de Tasmanie, et devient avocat[5],[1]. Il est l'un des fondateurs en 1964 du Parti de la fédération nationale (PFN)[6], qui représente principalement les intérêts de la population rurale indo-fidjienne, et est le bras droit d'A.D. Patel, le chef du parti, durant les cinq années qui suivent. Il lui succède comme chef du parti et comme chef de l'opposition parlementaire lorsque Patel décède en 1969[1]. Il se lie d'une réelle amitié avec le Premier ministre Ratu Sir Kamisese Mara ; les deux hommes s'accordent sur les modalités d'une transition rapide vers l'indépendance, acquise l'année suivante. Opposé par principe à l'idée de listes électorales ethniques, Koya transige sur ce point et les accepte, espérant qu'elles ne subsistent que temporairement[3],[1].

Le PFN demeure le seul parti d'opposition au Parlement à la suite des élections de 1972, et Koya demeure chef de l'opposition. Les élections de mars 1977 font « l'effet d'un coup de tonnerre ». L'électorat autochtone s'étant divisé entre le Parti de l'Alliance de Kamisese Mara, modéré et bienveillant envers une société multiethnique, et le nouveau Parti nationaliste fidjien de Sakeasi Butadroka, violemment hostile à la communauté indo-fidjienne, le PFN remporte vingt-six sièges sur cinquante-deux, soit tout juste un de moins que la majorité absolue. Koya, pris par surprise, temporise avant de chercher à former un gouvernement ; son parti ne s'est pas préparé à gouverner, et d'autre part il craint l'hostilité d'une partie de la population autochtone. Le Gouverneur-général Ratu George Cakobau prend alors de lui-même l'initiative de reconduire Kamisese Mara au poste de Premier ministre, bien que son Parti de l'Alliance ne dispose que de vingt-quatre sièges. Koya proteste, en vain, contre cette ingérence politique du Gouverneur général, censé être une figure neutre. Le PFN se divise, certains membres reprochant à Koya de n'avoir pas su nommer rapidement un gouvernement[7]. En septembre, le PFN parvient à faire chuter le gouvernement minoritaire de Mara, provoquant de nouvelles élections législatives. Mais le parti s'y présente divisé en deux factions antagonistes, l'une menée par Koya, l'autre par Irene Jai Narayan et Karam Ramrakha. Koya est battu par un dissident, Jai Ram Reddy, dans sa propre circonscription de Lautoka, et perd son siège de député. Le Parti de l'Alliance remporte confortablement l'élection ; Reddy devient chef de l'opposition[8].

Koya retrouve son siège de député lors des élections de 1982, puis la direction du PFN et de l'opposition parlementaire deux ans plus tard[9]. Hostile toutefois à la volonté du parti de s'allier au Parti travailliste en vue des élections de 1987, il est écarté une nouvelle fois de la direction du parti en amont de ces élections, et démissionne du poste de chef de l'opposition. Cela marque de facto la fin de sa carrière politique[10].

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) Brij V. Lal, Broken Waves: A History of the Fiji Islands in the Twentieth Century, University of Hawaii Press, 1992, p.220
  2. (en) "Commonwealth Oral Histories", Commonwealth des Nations
  3. a et b (en) David McIntyre, Winding up the British Empire in the Pacific Islands, Oxford University Press, 2014, pp.153-154
  4. (en) Brian Shoup, Conflict and Cooperation in Multi-Ethnic States: Institutional Incentives, Myths and Counter-Balancing, Routledge, 2007, p.80
  5. (en) "Legacy of the Koya clan in Ba", Fiji Times, 11 mai 2015
  6. (en) "AFTER 125 YEARS, FIJI’S INDO-FIJIANS IN RETREAT", Pacific Islands Report, 5 mai 2004
  7. (en) Brian Shoup, op.cit., p.84
  8. (en) Brij V. Lal, Broken Waves, op.cit., pp.238-241
  9. (en) Brij V. Lal, Broken Waves, op.cit., p.251
  10. (en) Michael C. Howard, Fiji: Race and Politics in an Island State, UBC Press, 2011, pp.181-182