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Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble

Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
2011
Cadre
Siège social
Pays
Coordonnées
Organisation
Doctorants
35
Direction
François-Xavier Désert
Affiliation
Site web

Géolocalisation sur la carte : Grenoble-Alpes Métropole

(Voir situation sur carte : Grenoble-Alpes Métropole)
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L'Institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble (ou IPAG) est un institut de recherche français créé le 1er janvier 2011, résultant de la fusion de deux laboratoires : le Laboratoire d'astrophysique de Grenoble (LAOG) et le Laboratoire de planétologie de Grenoble (LPG)[1]. Cet institut situé 414 rue de la Piscine à Saint-Martin-d'Hères est un laboratoire de l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble et rassemble l'essentiel des recherches en astrophysique et planétologie du campus grenoblois.

Outre la réalisation d'instruments de très haute technologie installés au sol ou envoyés à bord de missions spatiales lointaines, les équipes de l'IPAG sont à l'origine de la découverte de plusieurs exoplanètes.

StatutModifier

L'IPAG est une unité mixte de recherche du CNRS et de l'université Grenoble-Alpes. Il est l'un des laboratoires de l'Institut national des sciences de l'Univers et de l'Observatoire des sciences de l'Univers de Grenoble.

CompositionModifier

L'IPAG compte près de 100 postes permanents et environ 70 membres non permanents, parmi lesquels une trentaine de doctorants. Il est composé de chercheurs, d'astronomes, d'ingénieurs et techniciens et de personnels administratifs. L'ensemble de ces personnes est réparti en 7 équipes de recherche[2],[3] :

Recherche scientifiqueModifier

 
Institut de planétologie et d'astrophysique.

La recherche scientifique effectuée au sein de ce laboratoire suit plusieurs axes de recherche :

  • La recherche et la caractérisation de planètes extrasolaires (équipe exoplanètes) par les techniques directes (imagerie à haut contraste et haute résolution angulaire) et indirectes (vitesses radiales, transits).
  • La formation stellaire et planétaire (équipe odyssey, spectre) depuis l'effondrement du nuage interstellaire jusqu'à la physique et la chimie (équipes interstellaire) des disques circumstellaires.
  • Les phénomènes d'accrétion et d'éjection des objets stellaires jeunes et des objets compacts (équipe odyssey, sherpas) où les énergies mises en œuvre sont énormes.
  • Les sciences planétaires avec l'étude des interactions Soleil-Terre, les sub-surfaces planétaires, les astéroïdes et la chimie sur la matière primitive (équipes planéto, spectre).
  • Une recherche instrumentale de pointe pour répondre aux besoins de la communauté scientifique en termes d'instrumentation pour l'exploration de l'univers proche et lointain (équipe charm). Cela va de la haute résolution angulaire (optique adaptative et interférométrie), aux développements de nouvelles technologies (spectromètre intégré, capteurs).

L'IPAG abrite aussi le centre Jean-Marie Mariotti qui développe des logiciels de traitement du signal interférométrique.

Développement instrumentalModifier

Fort de sa recherche instrumentale, l'IPAG est un acteur majeur européen impliqué dans bon nombre d'instruments destinés à la recherche astronomique. En 1999, l'institut participe au projet international Archeops visant à observer le fond diffus cosmologique. L'IPAG a eu un rôle central dans la conception et la réalisation de l'instrument SPHERE installé depuis 2014 au VLT et dont la fonction est l'imagerie à haut contraste et haute résolution angulaire d' exoplanètes et de disques protoplanétaires[4]. L'institut de planétologie et d'astrophysique de Grenoble fait partie des laboratoires français chargés de la mise au point de l'instrument SPIRou destiné à équiper l'observatoire Canada-France-Hawaï en 2017, dans le but de découvrir des exoplanètes de la taille de la Terre[5]. L'IPAG a été également impliqué dans la mise au point du radar CONSERT et du spectromètre VIRTIS dans la mission de la sonde spatiale Rosetta[6]. Au cours de cette mission, ses chercheurs ont eu l'opportunité de devoir retrouver l'atterrisseur Philae par triangulation, alors qu'il s'était égaré à la surface de la comète Tchouri lors du premier contact[7]. En 2015, l'IPAG et le LETI participent au projet européen GRAVITY piloté par l'Institut Max-Planck d'astrophysique, afin de mettre au point une puce optique adaptée à l’interférométrie astronomique ayant des performances bien supérieures aux instruments précédents[8].

L'institut développe également des modèles numériques simulant les aurores polaires de couleur bleue sur Mars[9].

Instrumentation solModifier

Nom Mise en service Domaine Lieu
NAOS
2002
Optique adaptative de NACO VLT - Chili
AMBER
2004
Interférométrie infrarouge à 3 télescopes VLTI - Chili
WIRCAM
2005
Caméra grand champ infrarouge CFHT - Hawaï
PIONIER
2010
Interférométrie à 4 télescopes VLT - Chili
SPHERE
2015
Spectro-imageur infrarouge avec optique adaptative VLT - Chili
GRAVITY
2015
Interférométrie à 4 télescopes VLTI - Chili
ExTrA
2018
Spectro-imageur infrarouge 3 télescopes Observatoire de La Silla - Chili

Développé en 2010 par l'IPAG, l'instrument optique PIONIER bénéficie depuis juin 2015 d'une caméra infrarouge révolutionnaire nommée RAPID en référence à ses capacités à fournir plusieurs centaines d’images infrarouge par seconde[10]. La création de cette caméra a nécessité quatre autres partenaires scientifiques dont le LETI et son coût financier est d’environ 12 millions d’euros[11]. En décembre 2017, cet instrument dévoile le bouillonnement d'une étoile géante rouge située à 530 années-lumière et dont les cellules de convection arrivant à sa surface sont proportionnellement dix mille fois plus vastes que celles du Soleil[12].

Le consortium GRAVITY comprend l'IPAG, le Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique de Paris et le centre français en aérospatial. Cet instrument utilisé comme interféromètre du Très Grand Télescope au Très Grand Télescope (VLT) du Chili permet de zoomer pour la première fois sur des trous noirs en combinant les faisceaux lumineux des quatre télescopes principaux du VLT pointés vers un même objet. Développé dans des longueurs d'onde allant de 2 à 2,5 micromètres, il est testé avec succès en octobre 2015[13]. En juin 2016, l'instrument GRAVITY observe avec une précision inégalée le trou noir supermassif distant de 25 000 années-lumière qui occupe le centre de la Voie lactée. Ces observations représentent une réussite technique d'autant plus attendue par la communauté scientifique que l'étoile S2 ayant une orbite elliptique autour du trou noir supermassif passera en 2018 au plus près de ce dernier, à seulement 17 heures-lumière[14].

En janvier 2018, l'instrument ExTrA permettant d'étudier les exoplanètes et piloté depuis l'IPAG, reçoit sa première lumière[15]. En décembre de la même année, le système NAOMI (New Adaptive Optics Module for Interferometry), mis au point par l'IPAG et l'Observatoire européen austral, est opérationnel sur les instruments PIONIER, GRAVITY et MATISSE de l'interféromètre du Très Grand Télescope, voyant ainsi leurs performances fortement améliorées lors d'observations dans des conditions de turbulence atmosphérique dégradées[16].

Instrumentation spatialeModifier

 
Position de la SuperCam sur le rover.
Nom Mise en service Mission Instrumentation
Rosetta
2004
Comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko en 2014 radar CONSERT[17]
ASSERT radar
SuperCam
2020
Mars 2020
analyseur à distance

L'institut de planétologie et d'astrophysique est l'un des huit laboratoires français associés au projet SuperCam, analyseur à distance de la composition chimique des roches de Mars à bord d'un rover[18],[19]. Le décollage de la mission doit intervenir fin juillet 2020 et l'arrivée sur le sol martien du rover développé par le Jet Propulsion Laboratory est prévue pour le 18 février 2021[20].

DécouvertesModifier

En avril 2017, la revue Nature publie un article selon lequel une équipe internationale composée de scientifiques de l'IPAG a découvert une exoplanète située à 40 années-lumière de la Terre, évoluant dans la zone habitable de l'étoile LHS 1140. Très probablement rocheuse, cette exoplanète nommée LHS 1140b, d'une masse sept fois plus élevée que la Terre, pourrait devenir la meilleure candidate pour la recherche de traces de vie dès que des instruments pouvant analyser son atmosphère seront opérationnels[21],[22],[23].

Une équipe de l'IPAG dirigée par Anne-Marie Lagrange est à l'origine de la mise en évidence d'un système planétaire autour de l'étoile Beta Pictoris située à 63 années-lumière du Soleil avec la découverte des planètes extrasolaires Beta Pictoris b en 2008 et Beta Pictoris c en 2019[24].

DistinctionsModifier

En 2011, l'astrophysicienne Anne-Marie Lagrange de l'institut a été lauréate du prix Irène-Joliot-Curie pour ses travaux sur les systèmes planétaires extrasolaires[25].

Notes et référencesModifier

  1. « Un nouvel institut », sur www.20minutes.fr, (consulté le 18 décembre 2018)
  2. Les équipes de recherche de l'IPAG.
  3. Organigramme, mai 2015.
  4. information@eso.org, « Première lumière pour l'imageur d'exoplanètes SPHERE - Un nouvel instrument révolutionnaire équipe désormais le VLT », sur www.eso.org (consulté le 1er décembre 2018)
  5. Article du CNRS du 5 novembre 2013.
  6. France3 Alpes du 12 novembre 2014, Sonde Rosetta: Philae embarque des instruments mis au point à Grenoble.
  7. ledauphine.com du 16 juin 2015, Les chercheurs grenoblois ont repéré Philae !
  8. placegrenet.fr du 22 janvier 2016, Gravity: Des puces optiques grenobloises à l'assaut des trous noirs.
  9. sciencedaily.com du 27 mai 2015, Similarities between aurorae on Mars and Earth. (en)
  10. insu.cnrs.fr du 9 mars 2016, L'image la plus détaillée à ce jour d'un disque de poussière autour d'une étoile vieillissante.
  11. osug.fr du 17 juin 2015, Un nouveau détecteur infrarouge rapide révolutionnaire voit ses premiers photons.
  12. insu.cnrs.fr du 20 décembre 2017, D’énormes bulles à la surface d’une étoile géante.
  13. eso.org du 13 janvier 2016, Première lumière de la future machine à étudier des trous noirs.
  14. www.insu.cnrs.fr du 23 juin 2016, GRAVITY observe avec succès les abords du trou noir de la Voie Lactée.
  15. « C'est ExTrA, le chasseur d'exoplanètes français vient d'ouvrir les yeux ! », sur lepoint.fr, (consulté le 14 mars 2018)
  16. « NAOMI voit sa première lumière », sur newsroom.univ-grenoble-alpes.fr, (consulté le 18 décembre 2018)
  17. France 3: La voix est libre du 15 novembre 2014. (durée 29 min)
  18. www.osug.fr du 11 septembre 2014, Trois experts grenoblois au cœur de « SuperCam », instrument sélectionné par la NASA pour la mission Mars 2020.
  19. www.alpes.cnrs.fr du 12 septembre 2014, Trois experts grenoblois au cœur de « SuperCam », instrument sélectionné par la NASA pour la mission Mars 2020.
  20. (en) « Mars 2020 Rover Gets a Super Instrument », sur jpl.nasa.gov, (consulté le 15 octobre 2019)
  21. lexpress du 20 avril 2017, Une nouvelle planète s'ajoute à la liste de celles pouvant héberger de la vie.
  22. europe1.fr du 20 avril 2017, Découverte d'une nouvelle planète potentiellement habitable.
  23. leparisien.fr du 19 avril 2017, Découverte d'une nouvelle candidate à la vie extraterrestre.
  24. « Découverte d’une deuxième planète autour de Bêta Pictoris », sur www.cieletespace.fr, (consulté le 20 août 2019)
  25. enseignementsup-recherche.gouv.fr du 14 novembre 2011, Trois femmes d'exception mises à l'honneur pour les 10 ans du Prix Irène Joliot-Curie.

Voir aussiModifier