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Inspecteur général de l'administration en mission extraordinaire

Les inspecteurs généraux de l'administration en mission extraordinaire (acronyme IGAME) étaient entre le 21 mars 1948 et 1964 des hauts fonctionnaires français de l'Inspection générale de l'administration, prédécesseurs des préfets de région (qui avaient été instaurés sous le régime de Vichy, puis démis de leurs fonctions à la Libération sans les remplacer, et enfin réinstitués en 1964 en lieu et place des IGAMEs). Le titre et la fonction n'existent plus depuis la remise en place de préfets de région pour l'administration civile (dépendant du ministère de l'Intérieur) séparée de l'administration militaire (dépendant du ministère de la Défense).

Sommaire

ContexteModifier

L'IGAME est créé par Jules Moch, ministre de l'Intérieur, dans le contexte des troubles communistes et des grèves massives des années 1947-1948 (grèves de 1947 et grève des mineurs de 1948). Le point d'orgue des troubles se situe dans la nuit du 2 au 3 décembre 1947 où des militants communistes provoquent le déraillement du train Paris-Tourcoing qui fait 16 morts et de nombreux blessés[1]. Il fait également écho au Coup de Prague de février 1948 qui provoque de vives inquiétudes et fait craindre des événements comparables en France[1]. Jules Moch montre une grande fermeté pour assurer le maintien de l'ordre et dans un souci de rationaliser son dispositif, crée ces nouveaux mandataires détenteurs de pouvoirs exceptionnels[1]. L'IGAME est le produit de la guerre froide dans un moment où le pouvoir est convaincu des agissements subversifs du Parti communiste[1].

Ils sont créés par la loi du 21 mars 1948[2], ayant en général autorité sur plusieurs départements. Le général de région militaire, les CRS et la gendarmerie lui étaient subordonnés, ainsi que les préfets départementaux, ce qui lui donnait une grande autorité.

On appelait igamies le territoire (les futures régions) confié à leur autorité ; les igamies aussi du fait de la décolonisation et de la guerre et l'indépendance de l'Algérie, pour redessiner la carte et le rôle des armées en métropole et mieux coordonner l'administration civile et l'aménagement du territoire.[style à revoir]

RéférencesModifier

  1. a b c et d Arnaud Benedetti, « 1947. L'État face à l'impératif du maintien de l'ordre », La Nouvelle Revue d'histoire, no 84,‎ mai-juin 2016, p. 27-30.
  2. Loi no 48-471 du 21 mars 1948 portant autorisation de dépenses sur l'exercice 1948 et majoration de droit, JORF no 73 du 24 mars 1948, p. 2876, sur Légifrance : « Article 3 — Sont créés, à compter du 1er avril 1948, à l'inspection générale de l'administration au ministère de l'intérieur, huit emplois d'inspecteur général en mission extraordinaire. Ces hauts fonctionnaires ont rang, prérogatives et traitement de préfet hors classe. ».

SourcesModifier

  • Guy Michaud (avec Georges Hacquard, ill. R. Bouwens), Guide France, manuel de civilisation française, Paris, Hachette, 1964, p. 92-93
  • Luc Rouban, « Les préfets entre 1947 et 1958 ou les limites de la république administrative », Revue française d'administration publique, ENA, no 108 « Administrer la IVe République »,‎ , p. 551-564 (DOI 10.3917/rfap.108.0551)

Voir aussiModifier