Initiative populaire « Jeunesse sans drogue »

Initiative populaire fédérale
Jeunesse sans drogue

Déposée le
Déposée par Comité ad-hoc

Contre-projet non
Votée le
Participation 40,83 %
Résultat : rejetée[NB 1]
Par le peuple non (par 70,7 %)
Par les cantons non (par 20 6/2)[NB 2]

L'initiative populaire « Jeunesse sans drogue » est une initiative populaire suisse, rejetée par le peuple et les cantons le .

ContenuModifier

L'initiative propose d'ajouter un article 68bis à la Constitution fédérale pour définir une politique restrictive contre la toxicomanie, basée sur l'abstinence et interdisant strictement la distribution de stupéfiants, même à titre palliatif.

Le texte complet de l'initiative peut être consulté sur le site de la Chancellerie fédérale[1].

DéroulementModifier

Contexte historiqueModifier

Les premières lois sur les stupéfiants en Suisse datent respectivement du [2] (en conformité avec la Convention internationale de l'opium signée en 1912) et du [3]. Cependant, les premiers problèmes sérieux liés à la consommation de drogues telles que l'héroïne ou la cocaïne datent du début des années 1970.

Devant cette nouvelle situation et afin de respecter les nouvelles conventions internationales, une révision de la loi sur les stupéfiants est approuvée le [4] ; cette modification prévoit en particulier d'apporter une aide aux toxicomanes, y compris via des produits de substitution, ainsi qu'un renforcement des mesures pénales contre le trafic illégal.

En 1991, le Conseil fédéral présente une nouvelle stratégie de lutte contre les problèmes liés à la drogue ; cette stratégie est dite « des quatre piliers », à savoir : la répression et le contrôle de la production, du commerce et de la consommation, la prévention afin d'éviter l'apparition de nouveaux consommateurs, la thérapie des personnes dépendantes et la réduction des dommages et l'aide à la survie pour les toxicomanes.

Les 132 personnes qui lancent, en 1992 cette initiative, s'opposent à cette stratégie du Conseil fédéral et préconisent à la place une politique strictement basée sur l'abstinence et sur la lutte contre le trafic de drogue.

Récolte des signatures et dépôt de l'initiativeModifier

La récolte des 100 000 signatures nécessaires a débuté le . Le de l'année suivante, l'initiative a été déposée à la chancellerie fédérale qui l'a déclarée valide le [5].

Discussions et recommandations des autoritésModifier

Le parlement[6] et le Conseil fédéral[7] recommandent tous deux le rejet de cette initiative. Dans son message aux Chambres fédérales, le Conseil fédéral admet qu'« elle contient quelques bonnes propositions » ; il remet en cause le choix de l'abstinence comme unique approche thérapeutique, en particulier par l'abandon de prises de mesures jugées indispensables mais qui ne sont pas directement liées à l'abstinence tel que visant à enrayer les maladies infectieuses.

Dans un premier temps, le Conseil fédéral avait prévu de présenter un contre-projet direct à cette initiative afin de définir l'orientation générale politique en matière de drogue. Cette option a cependant été abandonnée à la suite des résultats très mitigés de la consultation organisée sur ce sujet auprès des cantons, des partis gouvernementaux et des différents milieux concernés.

VotationModifier

Soumise à la votation le , l'initiative est refusée par la totalité des 20 6/2 cantons[NB 2] et par 70,7 % des suffrages exprimés[8]. Le tableau ci-dessous détaille les résultats par cantons pour ce vote[9] :

EffetsModifier

Une année après cette proposition, une autre initiative « pour une politique raisonnable en matière de drogue » est également déposée : à l'opposé de l'initiative « pour une jeunesse sans drogues », cette seconde initiative propose de supprimer totalement la répression et la prohibition dans le domaine de la drogue, en particulier en dépénalisant la consommation, la culture, l'acquisition et la possession de stupéfiants ; elle est également rejetée en votation populaire le [10].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon l'article 139 de la Constitution, une initiative proposée sous la forme d'un projet rédigé doit être acceptée à la fois par la majorité du peuple et par la majorité des cantons. Dans le cas d'une initiative rédigée en termes généraux, seul le vote du peuple est nécessaire.
  2. a et b Le premier chiffre indique le nombre de cantons, le second le nombre de cantons comptant pour moitié. Par exemple, 20 6/2 se lit « 20 cantons et 6 cantons comptant pour moitié ».

RéférencesModifier

  1. « Texte de l'initiative populaire fédérale », sur Chancellerie fédérale (consulté le )
  2. « Loi fédérale sur les stupéfiants »  (8 octobre 1924) de la Feuille fédérale référence FF 1924 III 520
  3. « Loi fédérale sur les stupéfiants »  (12 octobre 1951) de la Feuille fédérale référence FF 1951 III 192
  4. « Loi fédérale sur les stupéfiants, modification du 20 mars 1975 »  (1er avril 1975) de la Feuille fédérale référence FF 1975 I 1125
  5. « Initiative populaire fédérale 'Jeunesse sans drogue' » (consulté le )
  6. « Arrêté fédéral »  (8 avril 1997) de la Feuille fédérale référence FF 1997 II 531
  7. « Message du Conseil fédéral »  (5 septembre 1995) de la Feuille fédérale référence FF 1995 III 1181
  8. « Votation no 438 Tableau récapitulatif », sur Chancellerie fédérale (consulté le )
  9. « Votation no 438 - Résultats dans les cantons », sur Chancellerie fédérale (consulté le )
  10. « Votation no 447 Tableau récapitulatif », sur Chancellerie fédérale (consulté le )