Ilse Bing

photographe allemande
Ilse Bing
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 98 ans)
ManhattanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activité
Conjoint
Konrad Wolff (en) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Distinction
Archives conservées par
Musée des beaux-arts du Canada Bibliothèque et archives (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ilse Bing (née le à Francfort-sur-le-Main et morte le à New York) est une photographe allemande. Elle a vécu et travaillé en Allemagne, puis à Paris et à New York.

BiographieModifier

Ilse Bing nait à Francfort le dans une famille bourgeoise d'origine juive. La jeune fille reçoit une éducation artistique et intellectuelle poussée. Alors âgée de 14 ans, elle réalise son premier autoportrait avec une boîte Kodak. Elle commence par étudier les mathématiques et la physique à l'université de Francfort avant de se tourner vers l'histoire de l'art, son choix oscillant entre les deux matières. Elle prépare finalement un doctorat en histoire de l'art, consacré à Friedrich Gilly, et choisit de photographier elle-même les œuvres choisies en illustration, avec un Voigtländer[1],[2].

Lorsqu'elle termine ses études à l'été 1929 et abandonne sa thèse, elle se tourne entièrement vers la photographie. Elle achète aussi en 1929 son premier Leica. Cet appareil 24x36mm commercialisé par Leitz est à l'époque révolutionnaire en tous points : 36 vues d'affilée, dimension réduite, maniement aisé, éléments de contrôle situés sur le dessus du viseur, profondeur du champ, film bon marché. Cet appareil renforce son intérêt pour la photographie.. Durant 20 ans, il devient son unique outil d'expression photographique. Louis-Victor Emmanuel Sougez désignera Ilse Bing sous l'intitulé : «La Reine du Leica»[3].

Elle commence à gagner sa vie comme portraitiste et photojournaliste[3]. Ses premiers reportages photo pour journaux illustrés datent de cette époque. Sa fréquentation de l'avant-garde de Francfort la pousse vers des thèmes proches de la Nouvelle Vision des années 1920 et de la photographie humaniste. En 1930, elle s'installe à Paris[1],[3]. L'année suivante elle y travaille comme photo-reporter. Avec son Leica, elle enregistre ce qu'elle appelle «l'abstrait de la vie», dans les choses sans importance: les flaques d'eau, les feuilles mortes, les chaises des jardins publics, un mouvement, etc. Elle est restée fascinée par les éléments et structures architecturaux ainsi que par l'agitation urbaine. Elle dit se situer «à l'extrême périphérie du Bauhaus», mais réalise des images à la géométrie rigoureuse[4],[5], et n'hésite pas à recadrer ses négatifs[1]. Elle aime également expérimenter, par exemple sur les angles de vues : plongées, contre-plongées, vues très rapprochées, etc[1].

Elle épouse en 1937 le pianiste Konrad Wolff (en) et, après un bref internement au camp de Gurs, émigre aux États-Unis avec lui en 1941[1].

Elle photographie en couleurs à partir de 1957. Elle s'arrête de travailler en 1993 à la suite d'un accident de voiture, et se consacre dès lors à la poésie, au dessin et au collage[1]. Elle meurt cinq ans plus tard, en 1998, à New York[3],[6].

Ilse Bing a publié dans plusieurs journaux français et à l'étranger tels Vogue, Harper's Bazaar, L'Illustration, Vu, Le monde illustré, Urbanisme, Mode à Paris, Arts et métiers graphiques, Adam...

Le 16 novembre 2009, une prestigieuse vente aux enchères monographique et cataloguée à Drouot-Montaigne a permis aux collectionneurs, amateurs et institutions de découvrir encore plus largement son œuvre photographique en ayant la possibilité d'acquérir des tirages d'époque. Plus de 500 épreuves furent présentées par l'expert Christophe Goeury avec l'étude Millon/Cornette de Saint Cyr[7] au cours d'une soirée où les enchères s'envolèrent, asseyant ainsi la reconnaissance et par là même la cote de la photographe sur le marché de l'art.

Collections, expositionsModifier

Bing est présente ou a exposé dans les musées les plus prestigieux comme le MOMA ou le Victoria and Albert Museum[8].

Expositions de Ilse Bing[9]

  • 1931 : La pléiade, Paris "les photographes" (1931, 1932, 1933, 1934, 1938)
  • 1936 : Musée des arts décoratifs, Paris "Exposition internationale de la photographie contemporaine, -1er mars.
  • 1937 : The Museum of Modern Art, New York "Photography 1839-1937)
  • 1939 : Galerie Chasseurs d'images, Paris "Ilse Bing"
  • 1942 : Wildenstein Gallery, New York ("Photographies")
  • 1943-: New York Public Library, New York "Art in exile", -
  • 1947 : Galerie de l'Arc-en-ciel, Paris "Ilse Bing exposition de photographie : visages et enfants des Etats-Unis", 2-
  • 1948- The Brooklyn Museum, New York, "Ilse Bing Photographs"
  • 1950 : Galerie-librairie Palmes, Paris, "Ilse Bing: études photographiques, New York, 1947-1950 ", 2- et Galerie Parès, Paris "Ilse Bing", juillet
  • 1951 : New York Public Library, New York, "Ilse Bing Photographs 1931-1951", 4-
  • 1955 : New York Public Library, New York, "Ilse Bing Photographs".
  • 1959 : Designer's Gallery, San Francisco, "Ilse Bing : an exhibition of color photography", -.
  • 1976 : The Museum of Modern Art, New York "New acquisitions " mai-juillet
  • 1976-1977 : The Witkin Gallery, Inc. New York "Ilse Bing", décembre-janvier[1]
  • 1978 : The art Institute of Chicago, Chicago, "New Acquisitions", été et The New Orleans Museum of Art "Diverses images the photography Collection of the New Orleans Museum of Art", Nouvelle Orléans, -.
  • 1981 : San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco, "Facets of the collection : Portrait of Artists", - et Centre Georges Pompidou, Paris "Autoportraits Photographiques 1898-1981"
  • 1982 : La Galerie des Femmes, Paris, "Ilse Bing photographies 1929-1955. Femmes de l'enfance à la vieillesse, mois de la photo à Paris.
  • 2015-2016 : Musée d'Orsay. Paris. "Qui a peur des femmes photographes 1918-1945"[10]
  • 2019 : “Ilse Bing (1899-1998): Fotografien”, Galerie Berinson, Berlin
  • 2020 : “Ilse Bing: Paris and Beyond”, F11 Foto Museum, Hong Kong
  • 2020 : “Ilse Bing: Queen of the Leica”, The Cleveland Museum of Art
  • 2021 : in "The New Woman Behind the Camera", The Metropolitan Museum of Art, New York [11]

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g Julie Jones, « Ilse Bing », dans Luce Lebart et Marie Robert (dir.), Une histoire mondiale des femmes photographes, Éditions Textuel, , p. 154
  2. (en) Hilary Schmalbach, Ilse Bing: Fotografien 1929-1956, Aix-la-Chapelle, , 107 p. (ISBN 3-929203-12-X)
  3. a b c et d « Mort de la photographe Ilse Bing », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. Frédérique Fanchette, « Paris dans un ruisseau », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. Yasmine Youssi, « Paris dans un ruisseau », Télérama,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Margarett Loke, « Ilse Bing, 98, 1930's Pioneer Of Avant-Garde Photography », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  7. Millon, « Photographies - Millon - Cornette de Saint Cyr », sur Millon (consulté le )
  8. (en) « V&A · Ilse Bing », sur Victoria and Albert Museum (consulté le )
  9. Musée Carnavalet - Françoise Reynaud, Nancy Barrett, Emmanuel Sougez, Ilse Bing Paris 1931-1952, Paris, Paris-Musées, , 107 p. (ISBN 2-901414-28-1), pp34-35
  10. Collectif, direction, Thomas Galifot, Ulrich Pohlmann, Marie Robert, Qui a peur des femmes photographes ?, Paris, Musée d'Orsay/ Hazan, , 320 pages (ISBN 978 2 75410 856 0)
  11. (en) Cath Pound, « How the 'New Woman' blazed a trail of empowerment », sur www.bbc.com, BBC (consulté le )

Liens externesModifier