Historia de regibus Gothorum, Vandalorum et Suevorum

chronique d'Isidore de Seville

L'Historia (de regibus) Gothorum, (Vandalorum et Suevorum) (« Histoire des rois des Goths, Vandales et Suèves ») est l'histoire des Goths, entre les années 265 et 624, écrite en latin par Isidore de Seville.

C'est un récit condensé. À cause de la diversité des sources, il contient parfois des contradictions.

L'histoire des Vandales vient après celle des Goths, suivie par un récit séparé relatant l'histoire des Suèves.

PrésentationModifier

Isidore commence son histoire par un prologue, «Laus Spaniae», célébrant les qualités de l'Espagne[1]. Il utilise l'expression «mater Spania» (la mère Espagne). Le reste de l'œuvre élabore et défend l'identité gothique de l'Espagne unifiée. Isidore utilise l'ère d'Espagne pour ses datations. La source principale de son histoire antique est l'œuvre de Jérôme de Stridon, continuation de celle d'Eusèbe de Césarée jusqu'en 378. À partir de cette date, il utilise principalement l'œuvre de Paul Orose (jusqu'en 417) et, pour l'Espagne, celle de Hydace de Chaves (jusqu'en 469). Pour l'histoire postérieure, il se base sur Prosper Tiro, continuateur de Jérôme (405-453). Victor de Tunnuna est son principal témoin en Afrique pour les années 444 à 566 et Jean de Biclar pour l'histoire espagnole récente (565-590). Isidore également utilise une chronique, perdue en partie, de Maxime de Saragosse. Pour les évènements en Espagne entre 590 et 624, Isidore constitue la source principale pour les historiens d'aujourd'hui.

L'Historia a été composée suivant deux versions, que nous possédons. La première, écrite probablement en 619, l'année de la mort du roi Sisebut, est la plus courte. La version plus développée a probablement été terminée en 624, la cinquième année du règne de Suintila. Seule la version la plus longue contient le «Laus Spaniae» et le «Laus Gothorum», un éloge des Goths, qui divise l'histoire des Goths « (jusqu'au règne de Suintila) » de celle des Vandales. L'édition de la version longue par Theodor Mommsen sert de référence[2]. Elle a servi de base à la première traduction en anglais[3]. La Historia a été au préalable traduite en allemand[4].

Notes et référencesModifier

  1. Le texte dit ceci:

    « Tú eres, oh España, sagrada y madre siempre feliz de príncipes y de pueblos, la más hermosa de todas las tierras que se extienden desde el Occidente hasta la India. Tú, por derecho, eres ahora la reina de todas las provincias, de quien reciben prestadas sus luces no sólo el ocaso, sino también el Oriente. Tú eres el honor y el ornamento del orbe y la más ilustre porción de la tierra, en la cual grandemente se goza y espléndidamente florece la gloriosa fecundidad de la nación goda. Con justicia te enriqueció y fue contigo más indulgente la naturaleza con la abundancia de todas las cosas creadas, tú eres rica en frutos, en uvas copiosa, en cosechas alegre... Tú te hallas situada en la región más grata del mundo, ni te abrasas en el ardor tropical del sol, ni te entumecen rigores glaciares, sino que, ceñida por templada zona del cielo, te nutres de felices y blandos céfiros... Y por ello, con razón, hace tiempo que la áurea Roma, cabeza de las gentes, te deseó y, aunque el mismo poder romano, primero vencedor, te haya poseído, sin embargo, al fin, la floreciente nación de los godos, después de innumerables victorias en todo el orbe, con empeño te conquistó y te amó y hasta ahora te goza segura entre ínfulas regias y copiosísimos tesoros en seguridad y felicidad de imperio. »

    — Rodríguez Alonso, son édition de San Isidoro de Sevilla, Historia de los Godos, Vándalos y Suevos, 1975, León, pp. 169 y 171

    Pour une analyse de la "Laus Spaniae", voir Andrew H. Merrill, Historia y Geografía en la Antigüedad Tardía (Cambridge: Cambridge University Press, 2005), 185-96.
  2. Dans Monumenta Germaniae Historica , Auctores antiquissimi,, XI, 241-303 (Berlin, 1894). Voir également l'édition de Jacques-Paul Migne, Patrologia Latina, 83, col. 1057 (Paris, 1844-55).
  3. Guido Donini et Gordon B. Ford, Jr., traducteurs. Isidore of Seville's History of the Kings of the Goths, Vandals, and Suevi (Leiden: EJ Brill, 1966).
  4. D. Coste, trad. , Isidors Geschichte der Goten, Vandalen, Sueven (Leipzig, 1910).

Voir aussiModifier

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Sources et bibliographieModifier