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Histoire de Jacou

Le village de Jacou (Hérault) est resté pendant des siècles une minuscule communauté de moins de cent âmes. La proximité de Montpellier lui a pourtant valu un passé prestigieux. Ce fut d'abord le choix de grands magistrats, les Bocaud, d'y édifier leur château, de créer un vaste domaine agricole.

Sommaire

Moyen ÂgeModifier

Seigneurie au Moyen Âge. La première trace de Jacou se trouve en 825[1][réf. souhaitée] sous le nom de Jocon. Le cartulaire de Maguelone (1144) mentionne la paroisse « sancti petri de Jocone ». Ce nom se maintient jusqu'au XVe siècle et aurait une origine pré-indo-européenne[2]. Il aurait pris sa forme actuelle au XVIe siècle, peut-être sous l'influence du prénom Jacques.

En 1477, Raulin Bocaud, magistrat à la Cour des aides[3] créée en 1437 par Charles VII, et transférée à Montpellier en 1477, s'installe à Jacou. il achète "une vieille et petite maison avec un domaine composé d'olivettes, de vignes et de champs". Le rez de chaussée de cette maison avec ses voûtes est encore présent dans le château, qui sera considérablement modifié par la suite. Au sud la maison ouvre sur une petite cour caladée (en galets).

Raulin est le premier de la lignée des Bocaud, dont certains, hauts magistrats, deviendront « seigneurs de Jacou, Teyran, Clapiers et autres lieux ». Parallèlement à Jacou les Bocaud disposent d'un hôtel particulier (l'hôtel de Bocaud, rue de la salle l'Evêque, face à la rue Bocaud). Cet hôtel particulier est situé à l'entrée nord-est de Montpellier , face à la route de Nîmes menant , par Castelnau-le-Lez, à Jacou à 6 Km de là. Ce couple hôtel particulier en ville / château-domaine à la campagne fait que le château de Jacou relève des "Folies montpelliéraines".

La famille Bocaud sera propriétaire des lieux (Jacou, Montpellier) jusqu'en 1836, soit 359 ans.

RenaissanceModifier

En 1618, Pierre de Bocaud (1561-1628) édifie le premier château de Jacou[4] de type Renaissance, comme le rappelle l'inscription en marbre qu'il a fait graver et se trouve actuellement sur la terrasse d'honneur du château.. Ce château est alors largement ouvert au Sud, vers le village,successivement par la cour intérieure "caladée" (en galets), puis un péristyle avec des colonnes à chapiteaux doriques et une avant-cour encadrée de deux pavillons.

A partir de la cour caladée un grand escalier d'honneur, remplaçant le petit escalier précédent, mène à la salle d'apparat du premier étage.

Un second étage est ajouté entourant la cour intérieure (caladée). Des fenêtres à meneau ouvrent sur celle-ci. A l'extérieur, en "hors-oeuvre", dans une tourelle un second escalier à vis à noyau plein désert le premier et le second étage jusqu'à une terrasse sommitale.

À proximité immédiate du château se trouve une maison dite "de la tour" : la tour, en façade (en "hors œuvre") renferme un escalier à vis à noyau plein, datable entre le XVe et XVIIe siècle[5]. Le sommet de la tour se terminait par une "mirande" (plate forme ou terrasse permettant l'observation) donc sans toiture. Cette tour sans toiture a été représentée par J.M Amelin dans sa vue globale du village en 1827. En 1866 elle est représentée par J.J.B. Laurens, mais, cette fois, ci avec une toiture en tuiles romaines. La "mirande" a donc disparu.

Temps modernes (16e-18e siècles)Modifier

Les descendants de Pierre de Bocaud modifient le château Renaissance en un château classique. La façade principale du château n'est plus maintenant ouverte vers le Sud, vers le village, mais ouverte vers l'Est vers la terrasse d'honneur et les jardins classiques.

avec leur grand axe Ouest-Est , le jeu de 4 terrasses et l'hydraulique des bassins et fontaines, ornées de statuaires XVIIIe siècle, pour la plupart d'une qualité remarquable.

En particulier il est à signaler deux magnifiques sphinges qui n'ont pas leur équivalent parmi celles des diverses folies montpelliéraines ou maisons de maître (Château d'Ô, la Guirlande...). Elles pourraient être comparées à celles du château de Marly,aujourd'hui disparues,connues par des gravures. Le groupe statuaire des "enfants au dauphin", réinstallé, début XXe siècle, au centre du miroir d'eau de la terrasse d'honneur, pourrait provenir, du fait d'un héritage, du château d'Ô[6]. Une statue en marbre d'une Vénus marine orne l'alcôve d'un ancien buffet d'eau . Deux molosses, des corbeilles de fruits de mer, de légumes, des urnes, des vases monolithes d'orangerie sont répartis sur les diverses terrasses. Deux pièces plus anciennes encore témoignent de la Renaissance: le masque "grotesque" d'un visage avec des ailerons de dauphin d'une ancienne fontaine,et l'exceptionnel voire unique témoignage de la période protestante de Montpellier avant le siège de 1622: l'inscription ornée en marbre de 1618 de Pierre de Bocaud s'affirmant comme président du consistoire...

19e, 20e et 21e siècleModifier

Le château et ses jardins connaissent des transformations

Au XIXe et au début XXe siècle des modifications intérieures et extérieures interviendront.

La population atteindra les 240 au XIXe siècle et restera stable jusqu'aux années 1960, pour croître ensuite très rapidement.

En 1991, est construit un centre œcuménique regroupant, sous le même toit les paroisses catholique et protestante. Depuis le 16 décembre 2006, le terminus de la ligne de tramway no 2 de l'agglomération de Montpellier arrive à Jacou.

Notes et référencesModifier

  1. Blanchemain Antoine, Jacou, petit village et grands seigneurs, Jacou, Les Presses du Languedoc, , 191 p. (ISBN 2-85998-304-X), page 5
  2. Frank R. Hamlin - Les noms de lieu du département de l'Herault - Ed. Lacour 1988
  3. "Aides" signifie ici "impôts". la Cour des Aides contrôle la quasi totalité des impôts dans l'immense province du Languedoc d'Ancien-Régime ( le 1/3 sud de la France) et de la Guyenne + l'Auvergne pour la gabelle (impôt sur le sel) (Blanchemain, 2005, p.23)
  4. Antoine Blanchemain, Jacou, petit village et grands seigneurs - Les Presses du Languedoc, 2005
  5. ASPORD-MERCIER Sophie (sous la direction de), Sommières., histoire urbaine et monumentale d'une place d forte en Languedoc oriental, eéditions errance, , 281 p. (ISBN 978-2-87772-552-1), pages 197,198,199
  6. Ferras Catherine, Le château d'Ô, histoire d'une folie montpelliéraine, Montpellier, Conseil général de l'Hérault, , 271 p. (ISBN 978-2-9542854-4-3)