Hastilidium

L’hastiludium (du latin hastiludium, littéralement « jeu de lance ») ou les hastiludia sont un terme générique utilisé pour désigner les épreuves martiales au Moyen Âge utilisant principalement comme arme d'hast la lance. Dès le XIVe siècle, ce terme exclut les tournois et les joutes au profit de toutes les autres épreuves (dont la popularité et les règles varient selon les époques et les régions) moins violentes et plus ritualisées. Aujourd'hui, ce sont ces premières épreuves qui sont les plus connues[1].

Tournoi germanique avec des lances, v. 1480
Un chevalier recevant une récompense (couronne de fleurs) de sa Dame (Enluminure du Codex Manesse, 1320)
Béhourd à l’épée : Henry I, Comte d'Anhalt au centre de la mêlée (Codex Manesse)

Types d’hastiludiaModifier

TournoiModifier

Le tournoi primitif des XIe siècle et XIIe siècle, appelé cembel, se déroule sur un espace de plusieurs kilomètres carrés sans lice[2]. L'affrontement des chevaliers dans la mêlée, souvent précédé d'un duel à la lance par les capitaines de chaque camp, débute à la lance et se termine à l'épée. Cette manière de combattre à la lance vient de la « technique de la lance couchée » découverte par les Normands en Italie du Sud[3]. Les chroniqueurs médiévaux évoquent de nombreux morts à l'issue de ces combats sanglants qui sont des entraînements à la guerre. Le torneamentum à partir du XIe siècle est plus un sport et une fête auxquels peuvent assister les dames. Le combat a lieu dans un espace clos par des lices (eux-mêmes distribués en rens[4]. Cette « pacification » est en lien avec l'amour courtois : la reine du tournoi offre au vainqueur une faveur ou une récompense (broderie, couronne, plus rarement un bijou, une armure ou un cheval)[5].

Joute équestreModifier

Pas d'armeModifier

QuintaineModifier

BéhourdModifier

Le béhourd fut un combat à cheval, lance (ou épée) au poing, consistant à défendre une sorte de bastion ou château contre tous les assaillants[6].

Il ne se pratique plus ou peu à cheval, et peut se jouer en un contre un, ou en mêlée (il est d'ailleurs également appelé « mêlée » en Angleterre). Les joueurs portent de réelles armures et des épées non tranchantes, qui doivent correspondre à la période historique désirée (avec une marge d'erreur d'une trentaine d'années). Les coups d'estoc sont interdits. Des arbitres sont sur le terrain pour compter les coups reçus, qui rapportent des points. Faire tomber son adversaire rapporte un grand nombre de points.

Ce sport est de plus en plus pratiqué en France, où une Fédération française de béhourd a été créée, et est très pratiqué dans les pays de l'est, notamment en Russie où se trouvent les meilleures équipes.

Duel judiciaireModifier

Notes et référencesModifier

  1. Barker, op. cité, p. 138-139
  2. Léon Gautier, La Chevalerie, Réimpression de l'édition de 1884, éd Editions Pays Et Terroirs, 1996
  3. Jean Flori, Chevaliers et chevalerie au Moyen Age, Hachette Littératures, 2008
  4. Sarrasin, Le Roman du Hem, Éd. Albert Henry, Paris, Les Belles lettres, 1939
  5. Les tournois Normes et pratiques, dans Histoire et images médiévales, thématique n°10 : Tournois et Duels, 2007, p.47 à 82,
  6. Adolphe Chéruel, Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France (1809-1891), Paris, 1899

BibliographieModifier

  • Juliet Barker, The Tournament in England: 1100–1400, UK: Boydell Press (ISBN 0851154506)
  • Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Tournois et chevaliers au Moyen âge, ed. Autrement, Paris, 2010.

Voir aussiModifier

Liens internesModifier

Liens externesModifier