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Hélène d'Almeida-Topor

historienne et universitaire française
Hélène d'Almeida-Topor
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (86 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Hélène ToporVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Père
Fratrie
Enfant
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Hélène d'Almeida-Topor, née à Paris en 1932, est une historienne française et professeure émérite d'histoire contemporaine. Spécialiste en études africaines, elle s'intéresse à l'histoire économique, sociale et culturelle du continent, et notamment l'histoire du Dahomey colonial.

Sommaire

BiographieModifier

Son père, Abram Topor est un artiste français d'origine polonaise, formé aux Beaux-Arts à Varsovie, son frère, Roland Topor lui aussi artiste, est écrivain. Agrégée d'histoire en 1959, Hélène d'Almeida-Topor enseigne de 1960 à 1970, à Porto-Novo, au Bénin, au lycée Béhanzin et à l'institut d'études supérieures, puis, durant plusieurs années à Lomé, au Togo[1],[2]. Elle est nommée maître de conférences à l'université Paris-XII. Elle soutient en 1987 une thèse d'État intitulée « Histoire économique du Dahomey (1890-1920) », à l'université Paris-Sorbonne, sous la direction de Jean Ganiage. Elle est professeure à l'université de Metz (1988-1994) puis elle est nommée à l'université Panthéon-Sorbonne (1994-2003). Elle devient professeure émérite en 2003, membre du Centre de recherches africaines et du Laboratoire Mutations africaines dans la longue durée.

Son fils, Fabrice d'Almeida est historien.

Activités de recherche et éditorialesModifier

Dans sa thèse d'État, soutenue en 1987, elle s'intéresse aux mutations économiques qui ont accompagné la colonisation du Dahomey, actuel Bénin[3], en étudiant les structures politiques pré-coloniales et les courants commerciaux existants, notamment la monoculture du palmier destinée à l'exportation et la présence de maisons de commerce européennes. La colonisation s'accompagne d'une division des tâches, entre les Européens, dont le nombre s'élevait à environ 800, selon l'auteure, à la veille de la Première Guerre mondiale, dont les fonctions consistent à encadrer la population locale et à commercer, et les Dahoméens, qui sont chargés des tâches liées à la production. Hélène d'Almeida souligne la part croissante des impôts dans l'économie, venant compenser la perte de ressources douanières après 1904. Elle relève les difficultés que pose la dépendance du Dahomey à l'égard de la monoculture du palmier, surtout lorsque les débouchés se trouvent atteints par la perte des marchés allemands lors de la guerre[3], tandis que la conscription forcée provoque révoltes et exodes des populations masculines[4].

Ses recherches sur l'Afrique coloniale la mène également à étudier l'effet de la crise commerciale de 1929-1930 sur l'économie du continent, largement tournée vers l'exportation de plusieurs produits de la monoculture qui permettaient aux pays concernés de payer les impôts destinés à la métropole et d'acheter des biens de consommation[5].

En 2004, elle co-organise un colloque « Felix Eboué soixante ans après », avec Josette Rivallain, où sont évoqués sa carrière politique et administrative, et son ralliement à De Gaulle le 18 juin 1940[6]. Catherine Coquery-Vidrovitch et Hélène d'Almeida-Topor organisent en 2010 un colloque consacré aux « Cinquante ans d'indépendances africaines » des États francophones[7], en rappelant à la fois « la force et parfois la violence des combats menés pour en arriver là », l'enthousiasme extraordinaire qui a accompagné l'indépendance, et en restituant le contexte, « une vague mondiale d'émancipation » avec des échos en Amérique et aux Antilles, et enfin, les nouveaux rapports de force induits par l'arrivée de nouveaux pays indépendants sur la scène mondiale[7].

Dans d'autres travaux, Hélène d'Almeida-Topor s'intéresse aux femmes guerrières, les amazones du Dahomey[8], corps d'élite militaire, dont elle décrit les faits d'armes, jusqu'à la reddition du dernier roi dahoméen, Behanzin, devant les troupes françaises en 1894, date à laquelle ce corps disparaît[9], à l'étude des transports en Afrique[10]. Elle s'attache également à démonter les idées reçues concernant l'Afrique[11].

PublicationsModifier

  • Les Amazones. Une armée de femmes dans l'Afrique précoloniale, 1984 disponible sur Gallica [1], rééd. 2016, La Lanterne magique.
  • Les Transports en Afrique XIXe – XXe siècle, L'Harmattan, 1992
  • L'Afrique au XXe siècle, 1993
  • L'Europe et l'Afrique, un siècle d'échanges économiques, avec Monique Lakroum, Armand Colin, 1994
  • Histoire économique du Dahomey. 1890-1920, L'Harmattan, 1995
  • (co-dir.) Le travail en Afrique noire. Représentations et pratiques à l'époque contemporaine, avec Monique Lakroum et Gerd Spittler, 2003
  • Le Goût de l'étranger, les saveurs venues d'ailleurs depuis la fin du XVIIIe siècle, 2006
  • L'Afrique, Le Cavalier Bleu, coll. « Idées reçues », , 127 p. (lire en ligne).
  • L'Afrique du 20e siècle à nos jours, Armand Colin, , 412 p. (ISBN 9782200288938, lire en ligne).

DistinctionsModifier

RéférencesModifier

  1. a et b « Hélène d'Almeida-Topor », sur sfhom.com, Société française d'histoire des outre-mers (consulté le 18 juillet 2018).
  2. Barthélémy 2013.
  3. a et b Odile Goerg, « Hélène d'Almeida-Topor, Histoire économique du Dahomey (Bénin) (1890-1920) », Vingtième Siècle, no 51,‎ , p. 183-185 (lire en ligne).
  4. Hélène d'Almeida-Topor, « Les populations dahoméennes et le recrutement militaire pendant la première Guerre mondiale [article] », Outre-Mers, no 219,‎ , p. 196-241 (lire en ligne).
  5. Hélène d'Almeida-Topor, « Crise commerciale et crise du colonial en Afrique noire », Revue française d'histoire d'outre-mer, vol. 63, nos 232-233,‎ , p. 538-543 (lire en ligne).
  6. Josette Rivallain & Hélène d'Almeida-Topor (dir.), Éboué, soixante ans après : actes du Colloque organisé en 2004, Publications de la SFHOM, , 432 p. (ISBN 9782859700393, lire en ligne)
  7. a et b Coquery-Vidrovitch Catherine, d'Almeida-Topor Hélène, « Présentation : Cinquante ans d'indépendances africaines », Outre-mers, tome 97, no 368-369, 2e semestre 2010.
  8. C. W., « Histoire - Les Amazones d'Afrique », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. [compte-rendu] Paule Brasseur, « Hélène d'Almeida-Topor, Les Amazones. Une armée de femmes dans l'Afrique précoloniale », Revue française d'histoire d'outre-mer, vol. 72, no 269,‎ , p. 490.
  10. [compte-rendu] Roger Pasquier, « Hélène d'Almeida-Topor, Chantal Chanson-Jabeur & Monique Lakroum, Les transports en Afrique XIXe -XXe siècle », Revue française d'histoire d'outre-mer, vol. 80, no 301,‎ , p. 631-632 (lire en ligne).
  11. [compte rendu] Odile Goerg, « Hélène d'Almeida-Topor , L'Afrique, Le Cavalier bleu, Coll. “Idées reçues”, 2006, 127 p. », in Outre-mers, tome 93, no 352-353, 2006/2, « Savoirs autochtones XIXe – XXe siècles », p. 354-355.
  12. Éditorial - Assemblée générale 2011. In: Outre-mers, tome 98, no 372-373, 2e semestre 2011, p. 337-338 [lire en ligne].

Voir aussiModifier