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Agrégation d'histoire et géographie

L'agrégation d'histoire et géographie est un concours public de l'enseignement secondaire français destiné à recruter des enseignants d'histoire-géographie qui a existé de 1831 à 1943 comme concours externe masculin, de 1895 à 1975 comme concours externe féminin (sous divers noms), et depuis 1986 comme concours interne mixte.

Cinquième agrégation créée, l'agrégation d'histoire et géographie est réservée aux hommes jusqu'en 1924, puis à nouveau après 1937 au prétexte qu'existe depuis 1895 une section historique de l'agrégation féminine. Sélective et prestigieuse, elle est dès cette époque souvent officieusement nécessaire pour enseigner à l'université.

L'agrégation d'histoire et géographie disparaît après 1943 pour laisser place après 1944 à une agrégation d'histoire masculine et une agrégation de géographie (féminine) à partir de 1944. L'agrégation féminine prend le nom d'agrégation féminine d'histoire et géographie dans les années 1950 ; elle disparaît en 1975 avec l'assimilation des concours de recrutement de l'éducation.

En 1986, l'agrégation d'histoire et géographie réapparaît avec la création des agrégations internes, réservées aux fonctionnaires, généralement des enseignants titulaires d'un CAPES.

HistoriqueModifier

Cette agrégation est créée en 1831, un an après l'instauration des quatre premières agrégations nationales[1].

En 1840, 1844 et 1848 une éphémère agrégation d'histoire et géographie de l'enseignement supérieur est également ouverte[1]. Sélective et prestigieuse, l'agrégation du secondaire est cependant dans les décennies suivantes souvent officieusement considérée comme nécessaire pour enseigner à l'université[2].

Tout au long du XIXe siècle, cette agrégation reste uniquement masculine. Une « section historique » est toutefois instaurée au sein de l'agrégation féminine des lettres en 1985 afin de fournir des enseignantes en histoire et géographie aux lycées de jeunes filles[3].

À la suite de l'arrêté du 17 mars 1924 autorisant les femmes à se présenter aux agrégations masculines en vue d'une assimilation des concours masculins et féminins en 1938[4], une première femme est reçue en 1927 à l'agrégation masculine d'histoire et géographie, Madeleine Isaac[5]. 24 autres le sont jusqu'en 1937[2] tandis que le contenu de l'agrégation féminine est rapprochée du concours « masculin »[6]. L'agrégation d'histoire et géographie est cependant à nouveau interdite aux femmes après 1938, d'abord seule dans ce cas jusqu'à ce que l'arrêté du 19 décembre 1941 interdise aux femmes de présenter toute agrégation masculine disposant d'un pendant féminin (lettres, grammaire, mathématiques, physique)[6].

À partir de 1944, à la suite de l'autonomisation universitaire de la géographie[7], l'agrégation d'histoire et géographie est divisée en une agrégation de géographie (ouverte aux femmes faute d'agrégation féminine équivalente) et une agrégation d'histoire qui reste masculine[1].

La section historique de l'agrégation féminine, appelée agrégation féminine d'histoire et géographie après les années 1950, subsiste cependant jusqu'à la fusion des concours en 1976, l'accès à l'agrégation d'histoire restant interdit aux femmes pour diverses raisons[8].

En 1986, la création des agrégations internes, réservée aux fonctionnaires (généralement titulaires du CAPES), conduit à la réapparition de l'agrégation d'histoire-géographie, depuis lors concours uniquement interne[9].

ProgrammesModifier

Programme de la session 2019Modifier

  • Géographie thématique : Les espaces du tourisme et des loisirs.
  • Géographie des territoires : La France : géographie générale.
  • Histoire contemporaine : Le Proche et le Moyen-Orient de 1839 à 1991.
  • Histoire médiévale : Chrétiens, juifs et musulmans. Pouvoirs et minorités dans l’espace méditerranéen (XIe -XVe siècles).

Programme de la session 2018Modifier

  • Géographie thématique : Géographie des mers et des océans
  • Géographie des territoires : La France : géographie générale.
  • Histoire contemporaine : Le Proche et le Moyen-Orient de 1839 à 1991.
  • Histoire ancienne : Le monde romain de 70 av. J.-C. à 73 ap. J.-C.

Programme de la session 2017Modifier

  • Géographie thématique : Géographie des mers et des océans
  • Géographie des territoires : La France : mutations des systèmes productifs
  • Histoire ancienne : Le monde romain de 70 av. J.-C. à 73 ap. J.-C.
  • Histoire contemporaine : Citoyenneté, République, démocratie en France de 1789 à 1914.

Programme de la session 2016Modifier

  • Géographie thématique : La géographie des conflits
  • Géographie des territoires : La France : mutations des systèmes productifs
  • Histoire contemporaine : Citoyenneté, République, démocratie en France de 1789 à 1914.
  • Histoire médiévale : Guerres et Sociétés en Europe Occidentale de 1270 à 1480 (Royaumes de France, d’Angleterre et d’Écosse, marges occidentales de l’Empire).

Programme de la session 2015Modifier

  • Géographie thématique : La géographie des conflits.
  • Géographie des territoires : La France en villes.
  • Histoire médiévale : Guerres et Sociétés en Europe Occidentale de 1270 à 1480 (Royaumes de France, d’Angleterre et d’Écosse, marges occidentales de l’Empire).
  • Histoire contemporaine : Les sociétés coloniales en Afrique, Antilles, Asie (années 1850-années 1950).

Programme de la session 2014Modifier

Programme de la session 1994Modifier

  • Histoire
    • Histoire médiévale : Populations et sociétés en Europe occidentale aux XIVe et XVe siècles (France et grands fiefs, Grande-Bretagne, terres d'Empire, Italie).
    • Histoire contemporaine : L'Europe et l'Afrique de la veille de la première guerre mondiale aux années soixante-dix.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Article connexeModifier

Lien externeModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Chervel 2015.
  2. a et b Condette 2015, p. 220.
  3. Efthymiou 2003, p. 5.
  4. Efthymiou 2003, p. 6.
  5. Chervel 2011.
  6. a et b Efthymiou 2003, p. 8.
  7. Georges Chabot, «  La genèse de l'agrégation de géographie », Annales de géographie n°469, 1976, pp333-340, lire en ligne
  8. Efthymiou 2003, p. 9-10.
  9. Condette 2015, p. 232.