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Les grammaires de construction (angl. construction grammars)[1],[2] sont une famille de théories syntaxiques, basées sur l'œuvre du linguiste américain Charles J. Fillmore, qui proposent comme unité fondamentale du langage la construction, ou l'association entre la forme et le sens. Les grammaires de construction sont très proches de la Grammaire cognitive de Ronald Langacker, de la HPSG, et de la sémantique de cadres (cette dernière développée par Fillmore lui-même).

La « grammaire de construction » est différente de la « Grammaire de Construction » (souvent abrégé GC—CxG en anglais), qui ne réfère qu'à la théorie spécifique de Fillmore et Kay.

Sommaire

Histoire du champModifier

Attributs distinctifsModifier

La notion de constructionModifier

Définition d'une construction (tirée de Goldberg 1995) :

C is a construction iffdef C is a form-meaning pair   such that some aspect of   or some aspect of   is not strictly predictable from C's component parts or from other previously established constructions.

C est une construction si et seulement si C constitue un couple forme-sens   tel qu'il existe un aspect de   ou de   qui ne soit pas être strictement prédictible à partir des composants de C ou d'autres constructions préalablement établies.

Exemple d'une construction (tiré de Lambrecht 2004) :

Inhérite : construction R-TOP, construction comme-N
Construction Phrase Préférée
SYN [cat V, max −, suj +]
SÉM #1
VAL #2
SYN [cat pro]
SÉM [ ]
RÉL #3
PHON inacc.
ACT actif
 
 
 
 
 
 
 
SYN [cat V],
[sous-cat cop],
[max −],
[suj −]
SÉM #1 connectif
PRAG [pr [ ] ]
VAL #2 RÉL #3 [gr suj]
[sr thm]
[pr chef]
RÉL #4 [gr obj]
[sr préd]
[pr foc]
SYN [cat A]
SÉM [ ]
RÉL #4
PHON inacc.
ACT [ ]
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
SYN [cat P]
SÉM #5 connectif
PRAG [pr chef]
SYN [cat P]
[max −]
SÉM #5
RÉL chef
 
 
 
 
 
 
 
LEXÈME
comme
SYN [cat N],
[max +]
[nu +]
SÉM type
RÉL compl
PHON inacc.
ACT semi-act
 
 
 
 
 
 

Continuum syntaxe-lexiqueModifier

Grâce aux caractéristiques de maximalité et de lexicalité, il est possible de décrire tout, d'un morphème jusqu'à un texte entier, comme construction. Cependant, on se restreint normalement au domaine entre les mots et les phrases, bien qu'il y ait ceux qui étudient les textes et les discours d'une façon constructionnelle, et même ceux pour lesquels il n'y a pas de séparation distincte entre les morphèmes et les mots.

Liens avec d'autres modèles syntaxiquesModifier

Grammaire cognitiveModifier

Article connexe : Grammaire cognitive.

Grammaire syntagmatique guidée par les têtes (HPSG)Modifier

La grammaire syntagmatique guidée par les têtes, ou HPSG (sigle venant de l'anglais : Head-driven Phrase Structure Grammar) a été créée par Carl Pollard et Ivan A. Sag[3] en 1994. C'est une grammaire d'unification.

VariétésModifier

Grammaire de construction radicale (Croft 2001)Modifier

Grammaire de construction fluideModifier

Développée par Luc Steels de l'Université libre de Bruxelles, elle concerne l'évolution du langage, c'est-à-dire d'un système d'étiquettes et de structures établies par convenance. Il utilise des réseaux d'ordinateurs connectés à des caméras.

NotesModifier

  1. « Unfortunately, the framework I'll be speaking about is a moving target; in fact, it is one of a set of several moving targets with the same name » (« Malheureusement, le cadre dont je vais parler est un cible bougeant ; en fait, ce n'est qu'un seul parmi tout un ensemble de cibles bougeants qui portent le même nom. ») (Fillmore 1988)
  2. On trouve aussi grammaire de constructions et grammaire des constructions. La forme citée est la plus fréquente, et la plus prochement associée avec l'œuvre de Fillmore.
  3. Carl Pollard et Ivan A. Sag 1994 : Head-Driven Phrase Structure Grammar

RéférencesModifier

Ouvrages générauxModifier

  • (en) William Croft, Radical Construction Grammar: Syntactic theory in typological perspective, Oxford/New York, Oxford University Press, , 448 p. (ISBN 0198299540, présentation en ligne).
    Exposé d'une version de grammaire de construction, où ce qu'on considère traditionnellement comme des catégories atomiques est expliqué d'une façon très différente…
  • (en) Charles J. Fillmore, « The Case for Case », dans Emmon Bach et Robert T. Harms, Universals in Linguistic Theory, New York, Holt, Rinehart & Winston, , ix, 210 p. (présentation en ligne), p. 1–88.
    Ici sont exposées pour la première fois les idées centrales de la grammaire des cas, qu'on voit encore exprimées dans la sémantique de cadres et la Grammaire de Construction.
  • (en) Charles J. Fillmore, « The Mechanisms of “Construction Grammar” », Berkeley Linguistics Society, vol. 14,‎ , p. 35–55.
    Le premier article où l'on donne à cette théorie le nom de « Grammaire de Construction ».
  • Adele Goldberg, Constructions: A Construction Grammar approach to argument structure, Chicago, University of Chicago Press, , xi, 265 p. (ISBN 0226300854 et 0226300862)

Analyses constructionnelles du françaisModifier

  • (en) Knud Lambrecht, « On the interaction of information structure and formal structure in constructions: the case of French right-detached comme-N. », dans Mirjam Fried et Jan-Ola Östman, Construction Grammar in a Cross-Language Perspective, Amsterdam/Philadelphie, John Benjamins, , 208 p., relié (ISBN 9027218226 et 158811578X), chap. 5, p. 157–199.
    Analyse de la construction [C'est Adj comme N] en français parlé.