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Gouvernement palestinien d'union nationale de 2014

Le gouvernement palestinien d'union nationale de 2014 est un gouvernement de transition formé le 2 juin 2014 sous l'autorité du président palestinien Mahmoud Abbas, et dirigé par le Premier ministre sortant Rami Hamdallah. Le nouveau gouvernement a été formé après un accord entre les partis du Fatah et du Hamas, après sept ans de tensions entre les deux partis[1]. Avant l'accord, il y avait deux gouvernements distincts, l'un dirigé par le Fatah en Cisjordanie et l'autre par le Hamas dans la bande de Gaza. L'Union européenne, l'Organisation des Nations unies, les États-Unis, la Chine, l'Inde, la Russie et la Turquie sont convenus de travailler avec lui[2],[3],[4],[5]. Le gouvernement israélien, par la voix de Benyamin Netanyahou, rejette le gouvernement d'union soutenu par le Hamas[6] et relance massivement la colonisation en guise de représailles. À l'opposé, le gouvernement d'union reçoit le soutien du Président israélien sortant Shimon Peres[7]. Plusieurs observateurs attribuent la relance du conflit israélo-palestinien à la volonté d'Israël d'empêcher ce gouvernement d'union. Son mandat prend fin le .

CompositionModifier

Conséquences sur le conflit israélo-palestinienModifier

Plusieurs observateurs attribuent à la création de ce gouvernement un rôle déclencheur dans l'offensive israélienne lancée contre Gaza. Le journal La Croix analyse à l'occasion des opérations menées en Cisjordanie à la suite de l'enlèvement puis du meurtre de trois adolescents israéliens que « Israël cherche à provoquer l’implosion du cabinet intérimaire palestinien d’union nationale formé récemment par le Fatah et le Hamas »[11]. Cet avis est partagé par Yuval Diskin, ancien directeur du Shin Bet, le service secret israélien. Selon lui, avoir lancé les opérations militaires en Cisjordanie et s'être attaqué au gouvernement d'union du Fatah et du Hamas est une erreur[12],[13].

Pour le spécialiste du conflit israélo-palestinien Alain Vidal, « le véritable but des Israéliens était d’empêcher la mise en place du gouvernement d’union nationale palestinien reconnu par les États-Unis et l’Union européenne. »[14]. L'ambassadrice de Palestine auprès de l'Union européenne, Leïla Shahid, fait la même analyse : « Le gouvernement de Netanyahou instrumentalise l’assassinat des trois Israéliens »[15].

Crise au sein de ce gouvernementModifier

Le 16 juin 2015, le président palestinien Mahmoud Abbas annonce la prochaine démission du gouvernement, ce que ne confirme pas Ehab Bseiso, porte-parole du gouvernement d'Union palestinien, qui lui parle seulement d'une rencontre le 17 juin entre Mahmoud Abbas et le premier ministre Rami Hamdallah. Mahmoud Abbas a dénoncé le fait que le Hamas ait continué à gouverner seul la bande de Gaza[16]. Le 17 juin, Rami Hamdallah remet la démission de son gouvernement au président palestinien qui lui demande de former le nouveau gouvernement[17].

RéférencesModifier

  1. Le nouveau gouvernement d'union palestinien a prêté serment Le Monde, 2 juin 2014
  2. International community welcomes Palestinian unity government The Jerusalem Post, 6 juin2014
  3. Panda, Ankit India and China Back Unified Palestinian Government The Diplomat, 4 juin 2014
  4. Wroughton, Lesley and Zengerle, Patricia Obama administration to work with Palestinian unity government Reuters, 2 juin2014
  5. « Amid wave of endorsements, PM 'troubled' by U.S. decision to work with Palestinian gov't », Haaretz,‎ (lire en ligne)
  6. Israël rejette le gouvernement d'union palestinien RFI, 3 juin 2014
  7. Avant son départ, Shimon Peres soutient le gouvernement d'unité palestinien AFP/Libération 12 juin 2014
  8. (ar) « حكومة الوفاق الوطني تؤدي اليمين الدستورية ايذانا بانهاء الانقسام الرئيس: أية إجراءات إسرائيلية تمسّ بمصالح شعبنا لن تمر دون ردّ الحكومة انتقالية وتلتزم بالتزامات السلطة وببرنامجنا السياسي », PMC, Palestinian Information Center,‎ (lire en ligne)
  9. (it) Jamal, « I nomi del nuovo governo palestinese », sur Palestina terra e pace, (consulté le 2 juin 2014)
  10. Elior Levy, « Palestinian unity government sworn in at Ramallah ceremony », Ynetnews, Yedioth Internet,‎ (lire en ligne)
  11. Conflit israélo-palestinien, Netanyahou veut rompre l’union Fatah-Hamas, La Croix, 17 juin 2014
  12. (en)« It was a mistake by Netanyahu to attack the unity government between Hamas and Fatah under the leadership of Palestinian President Mahmoud Abbas. Israel should have been more sophisticated in the way it reacted. »
  13. « Ex-Israeli Security Chief Diskin: 'All the Conditions Are There for an Explosion' », Spiegel, 24 juillet 2014
  14. Gaza: « l’objectif d’Israël était d’empêcher la création d’un État palestinien reconnu » , RFI, 6 août 2014
  15. « Le gouvernement de Netanyahou instrumentalise l’assassinat des trois Israéliens », France24, 10 juillet 2014
  16. Patrick Bèle, « Le gouvernement palestinien en passe de démissionner », sur Le Figaro,
  17. « Proche-Orient : Le gouvernement palestinien démissionne », sur Les Échos,