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Gisèle d'Estoc

écrivaine française (1845-1894)
Gisèle d'Estoc
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 49 ans)
NiceVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marie-Paule Alice CourbeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Gisèle d'Estoc, nom de plume de Marie-Paule Alice Courbe, est une écrivaine et sculptrice française, féministe et anarchiste, duelliste et travestie, née le à Nancy et morte le à Nice.

BiographieModifier

Gisèle d'Estoc étudie la sculpture et expose ses œuvres au Salon[1] jusqu'en 1899. Elle entame une relation amicale très forte avec Marie-Edmée Pau, également artiste, dans laquelle les deux jeunes femmes développent leur affinité pour Jeanne d'Arc en explorant les identités de genre[2].

À la fin du Second Empire, après un premier mariage, elle emménage à Paris et débute une carrière littéraire. Ses thèmes privilégiés sont la justice sociale et le féminisme. Elle entame une relation amoureuse avec Guy de Maupassant, puis avec Rachilde, femme de lettres, qu'elle critique plus tard dans un pamphlet — sous le nom de Raclife — dans La Vierge réclame. Son dernier compagnon est Pillard d'Arkaï[1].

Elle est d'avis que les femmes doivent être responsable d'elles mêmes, et tance la journaliste Séverine en 1890 pour avoir envoyé son conjoint de battre en duel pour elle. Elle conclut sa diatribe par « à capacités égales salaire égal »[1].

Elle adhère sous le nom de G. d'Estoc à la Ligue de l'affranchissement des femmes que vient de créer Marie-Rose Astié de Valsayre. Le « G » majuscule rend son prénom épicène, tandis que le nom évoque sa pratique de l'escrime et du travestissement. Elle adhère au Groupe des escrimeuses, sous l'influence également d'Astié, qui pense qu'un groupe de femmes prenant l'épée pour défendre leurs cause est nécessaire[1]. Elle est également candidate aux législatives de 1893.

Après sa mort, son histoire est racontée par Pierre Borel qui en dresse une image peu flatteuse, la qualifiant de « goule fin de siècle »[1].

Elle inspire plus tard Mélanie C. Hawthorne qui écrit sa biographie. Elle inspire également Madeleine Pelletier qui admire en elle une « voie d'affranchissement lumineuse » par le pratique de l'escrime et du travestissement[1].

PublicationsModifier

  • G. d’Estoc, Comme quoi les Jésuites pourraient bien ne pas descendre du singe - avis à Darwin, Paris, Librairie anti-cléricale, 1880.
  • G. d’Estoc, La Vierge réclame, premier volume d’une hypothétique série « Les Gloires malsaines », illustrations de Fernand Fau, Paris Librairie Richelieu, 1887.
  • Gyz-El, Noir sur blanc, récits lorrains, Nancy, A. Voirin, 1887.
  • G. d’Estoc, Cahier d'amour (1893) suivi de Guy de Maupassant - Poèmes érotiques, Arléa, 1993 (édition établie et présentée par Jacques-Louis Douchin).

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Sylvie Chaperon et Christine Bard, Dictionnaire des féministes. France - XVIIIe-XXIe siècle, Presses Universitaires de France, (ISBN 9782130787228, lire en ligne), p.447.
  2. (en) Melanie C. Hawthorne, Finding the Woman Who Didn't Exist: The Curious Life of Gisèle d'Estoc, University of Nebraska Press, (ISBN 9780803240346, lire en ligne).