Francisco Varela

Francisco Javier Varela (Santiago du Chili, Paris, ) est un neurobiologiste chilien qui a fait évoluer les sciences cognitives en les ancrant dans les sciences du vivant, plus que humaines ou sociales. Avec Maturana, il souligne les capacités d'auto-organisation du vivant avec le concept d'autopoïèse. Il travaille sur les relations corps-esprit et trace la voie d'une réconciliation du bouddhisme et de la science.

Francisco Varela
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Francisco Varela à Dharamsala, 1994 (46 ans)
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CarrièreModifier

Francisco Varela poursuit ses études secondaires au Colegio del Verbo Divino. Docteur en biologie à l'université de Harvard, il fut directeur de recherche au CNRS au laboratoire de Neurosciences Cognitives et Imagerie Cérébrale (LENA) à l'hôpital de la Salpêtrière et membre du Centre de recherche en épistémologie appliquée de l'École Polytechnique.

Francisco Varela est l'auteur de nombreux ouvrages en biologie théorique et sciences cognitives ayant eu une influence théorique largement au-delà de ses domaines d'études initiaux. Ses travaux ont ainsi influencé le domaine de recherche de l'intelligence artificielle et plus précisément de la vie artificielle. En 1991, il coorganise la première ECAL (European Conference on Artificial Life). La vingtième édition qui eut lieu à Paris en août 2011 fut présentée en son hommage.

En 1987, Varela, avec R. Adam Engle, a fondé le Mind and Life Institute initialement pour structurer un dialogue entre sciences cognitives et bouddhisme[1], ensuite pour associer science et sagesse contemplative dans le but de mieux comprendre le fonctionnement de l'esprit et de créer à partir de là un changement positif dans le monde. L'institut vise à dépasser la recherche du bien-être individuel pour contribuer à l'épanouissement d'une communauté humaine consciente de l'interconnexion du vivant et de ce qui soutient le vivant.

Il est mort en 2001 d'une hépatite C, laissant quatre enfants, dont sa fille, l'actrice Leonor Varela. Son épouse, Amy Cohen Varela est membre du bureau exécutif de Mind and Life Europe[2].

Énaction, autopoïèse et auto-organisation du vivantModifier

Disciple et collaborateur de Humberto Maturana, Varela élabore avec lui une théorie de l'organisation biologique, identifiant la vie avec l'autopoïèse, c'est-à-dire pour simplifier un réseau de processus se régénérant lui-même récursivement. Pour Varela, la cellule est l'unité minimale du vivant et l'exemple paradigmatique d'un système autopoiétique. Cette capacité d'auto-organisation à multiple niveau, de la cellule aux organismes complexe constitue pour ces deux auteurs ce qui définit le vivant[3].

Varela prolonge ses réflexions sur l'autopoièse, en proposant une théorie originale de la cognition, cherchant à dépasser l'opposition dualiste entre subjectivisme objectivisme : la théorie de l'énaction ou cognition incarnée. Elle permet d'appréhender l'action adaptative de tout organisme vivant comme structurée autour des polarités indissociables connaissance/action et action/connaissance. Selon Rinaldi, son œuvre tend également à accorder une place de choix à la dimension incarnée de la cognition : "Varela a su ramener la biologie à la table des disciplines travaillant sur la cognition"[3].

Œuvres principalesModifier

Varela a écrit de nombreux livres et articles[4].

RéférencesModifier

  1. http://www.mindandlife.org/about/history/
  2. (en) « Mind and Life Europe », sur www.mindandlife-europe.org (consulté le 21 janvier 2020)
  3. a et b Romina Rinaldi, « Francisco Varela : l'homme est un corps pensant », sur Sciences Humaines (consulté le 16 février 2020)
  4. « FRANCISCO J. VARELA: 1946-2001 », sur www.enolagaia.com (consulté le 6 décembre 2017)
  5. Francisco J. Varela, Autonomie et connaissance : essai sur le vivant, Éd. du Seuil, coll. « La Couleur des idées », , 247 p. (ISBN 978-2-02-010030-4, lire en ligne)

Voir aussiModifier

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