François-Xavier Fabre

peintre français

François-Xavier Fabre né à Montpellier le et mort dans la même ville le , baron en 1828[1], est un peintre français du mouvement néo-classique.

François-Xavier Fabre
François-Xavier baron Fabre.jpg
François-Xavier Fabre, Autoportrait âgé (1835),
Montpellier, musée Fabre.
Naissance
Décès
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BiographieModifier

FormationModifier

Vers 1779 et jusqu'en 1782, il fait des études et obtient ses premiers succès au "Ecoles de dessins", financées par la Société des Beaux-Arts de Montpellier, un groupement d'amateurs[2].

François-Xavier Fabre entre dans l’atelier de Jacques-Louis David à l'Académie royale de peinture et de sculpture à Paris en mars 1783 sur recommandation de Joseph-Marie Vien[3] et aux frais de mécènes locaux dont Ph. L. De Joubert.

Après deux échecs, il est Lauréat du prix de Rome en 1787 avec Nabuchodonosor fait tuer les enfants de Sédécias sous les yeux de leur père et rejoint l'Académie de France à Rome, dirigée alors par G. Ménageot. Il y réalise les travaux imposé Soldat Romain (1788), Saint sébastien (1789), et Abel expirant (1790), tous conservés au Musée Fabre. Il obtient un grand succès au Salon de 1791 avec Abel expirant et Suzanne et les vieillards (Musée Fabre). En 1791 son frère, puis son père en 1792, le rejoignent à Rome.

FlorenceModifier

Début 1793, l'hostilité de la population romaine à l'égard des français augmente, et à l'automne la Convention abolit les Académies[2]. Fabre fuit Rome pour Naples après la mise à sac de l’Académie puis gagne Florence. Il s'y lie d'amitié avec le poète Vittorio Alfieri et la comtesse d'Albany, veuve du dernier des Stuarts, qui favorisèrent son ascension sociale. Il fait d'eux ses premiers portraits, conservés au Musée des Offices[2]. Sa clientèle est cosmopolite et aristocratique en Italie. Il donne de ses modèles des images agréables, discrètement flatteuses, plutôt réalistes, conformément à la conception du portrait traditionnel mondain.

En 1794, avec d'autres artistes français restés à Florence, il est dénoncé comme royaliste devant la Société Populaire et Révolutionnaire des Arts, et en 1795, malgrè le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Toscane, son père et son frère restent considérés comme émigrés. Il est très actif au service de l'aristocratie cosmopolite, nombreuse à Florence et réalise les portraits du Maréchal Malachowski, du ministre Carletti, de Lady Charlemont, de Mme d'Albany, de Lord Lansdowe et de Lord Holland. Il réalise également pour ce dernier et pour Allen Smith, des tableaux d'histoire, et il commence à collectionner dessins et gravures. Son dernier tableau important pour la clientèle anglaise est Philoctète à Lemnos (Musée du Louvre), qu'il exécute pour Lord Bristol en 1800.

En 1801, la reprise des relations diplomatiques avec la France, a pour conséquence une période très active pour lui, il se lie d'amitié avec son représentant, le général Clarke[2]. Il réalise La Mort de Socrate pour le financier suisse Eynard (non retrouvé), La Sainte Famille pour des clients Montpelliérains (Musée Fabre), et en 1802 le portrait du Jeune Edgard Clarke[2]. En 1803 la famille royale d'Etrurie lui commande un portrait, mais ce projet est modifié par la mort du roi en mai. Il réalise La Vision de Saül, inspirée de la tragédie d'Alfiéri, pour Mme D'Albany (Musée Fabre),et il est très affecté par la mort du poète le 8 octobre. Il se consacre avec la comtesse à faire vivre sa mémoire.

En 1804 Napoléon est proclamé empereur, et Fabre est nommé membre correspondant de la Classe des Beaux-Arts de l'Institut. Il négocie pour le directeur du Museum, Vivant-Denon, l'achat des dessins de l'ancienne collection Baldinucci et apparaît comme un collectionneur compétent. Il séjourne à Paris en 1806 et présente au Salon deux paysages animés La Madeleine repentante et le Sixième épilogue de Virgile. Il a également de nombreux projets de tableaux religieux dont Saint Jérôme en prière (Musée Fabre)[2].

La Toscane devient possession française en 1808 et Fabre, professeur à l'Académie et peintre attitré des étrangers de passage y est très actif. Un de ses portraits les plus célèbres est celui du frère de Napoléon Ier, Lucien Bonaparte, prince de Canino, peint en 1808 et dont il fit trois versions dont une se trouve au musée napoléonien de Rome, une autre à Montpellier au musée Fabre et la troisième dans une grande collection napoléonienne privée (les deux dernières provenant de la collection Canino). Il réalise également Œdipe à Colone, paysage historique pour le comte russe Miatlev (Musée Fabre), et le Jugement de Pâris pour le journaliste Bertin, exposé et médaillé au Salon.

En 1809-1810, il fait un séjour forcé à Paris où Mme d'Albany a été convoquée par l'Empereur. Il y réalise les portraits du Maréchal Clarke, ministre de la guerre (Nantes) et de Mme Clarke avec ses enfants (Musée Marmottan). Il voyage ensuite avec Mme d'Albany à Rome et Naples, où ils achètent de nombreuses œuvres d'art.

A son retour en 1812 de nombreux portraits témoignent de sa notoriété comme Canova (Musée Fabre) et G.A. Santarlli, graveur de pierres fines (Palais Pitti à Florence), et il occupe la place d'honneur dans le tableau de Pietro Benvenuti, La Grande Duchesse Elisa et sa cour (Versailles)[2].

Retour en FranceModifier

En 1814, sous la première Restauration, le duc de Blacas lui propose au nom de Louis XVIII, la direction générale des travaux de peinture prévus à Versailles, projet abandonné dans un deuxième temps[2]. De cette époque date La Mort de Narcisse (Musée Fabre) exécuté pour la comtesse d'Albany. En 1817, son amie fait de lui son légataire universel et plus tard, une donation entre vifs le fera possesseur de tous ses objets mobiliers. Son activité de peintre est réduite mais son activité sociale est intense. Il correspond avec Bertin, Girodet, les paysagistes Castellan à Paris et Boguet à Rome[2].

En 1824, à la mort de la comtesse d'Albany, il s'installe à Montpellier, sa ville natale, et offre à la ville ses collections de peintures et de livres à la condition qu'elles soient le point de départ d'un musée — l'actuel musée Fabre —, et qu'il puisse habiter ce musée. Le maire de l'époque, Ange Jean Michel Bonaventure de Dax d'Axat, premier président de la Société des beaux-arts, accepte la donation en janvier 1825 et après une délibération spécifique du conseil municipal, le projet de musée est validé[4]. Au bout de trois années d'importants travaux financés par la municipalité et confiés aux deux architectes de la Ville de Montpellier, Fovis et Boué, le musée ouvre ses portes en 1828 dans l'hôtel de Massilian, situé à l'est de l'Écusson, le centre historique de Montpellier, donnant sur l'actuelle esplanade Charles-de-Gaulle.

Il fait un dernier séjour à Florence en 1835-1836 où il édifie le tombeau de Mme d'Albany et offre aux Offices les portraits d'Alfieri et de sa compagne, exécutés en 1793.

François-Xavier Fabre chevalier de la Légion d'honneur en 1827[2], est nommé baron en 1828 par lettres patentes du roi Charles X[1]. Il entre ensuite au conseil municipal. Il sera jusqu'à sa mort directeur du musée et de l'école des beaux-arts de la ville ouverte en Décembre 1829.

Les changements en art (le romantisme) et en politique (la Révolution de 1830) le déçoivent. Il fait en 1832, les portraits de ses amis Augustin Gache (Musée Fabre) et Victor-Ferdinand de Nattes (Musée des Augustins). Un dernier voyage à Paris en 1835 est aussi l'occasion de son Autoportrait, sa dernière œuvre[2].

À sa mort en 1837, il lègue à la Ville l'ensemble de ses collections avec la condition que le marquis de Nattes en soit directeur. Plus d'un millier de tableaux, dessins, gravures, objets d'art viendront ainsi enrichir le récent musée de Montpellier. Le sculpteur Emilio Santarelli est son légataire universel[2].

ŒuvreModifier

Il se cantonne à un répertoire de tradition. Pour le style il s’inspire de celui de David des années 1780. Il se distingua par la sévérité du style, la pureté du dessin et la richesse de la couleur.



Œuvres conservées au Musée Fabre de MontpellierModifier

 
Le musée Fabre, bâtiment et entrée principale (ancien collège des Jésuites).
  • Autoportrait, huile sur toile, 54 × 44 cm
  • Philippe-Laurent de Joubert (1786), huile sur toile, 72 × 58 cm
  • Soldat romain au repos (académie 1788), huile sur toile, 150 × 190 cm
  • Le Repos du gladiateur (vers 1789), huile sur toile, 150 × 190 cm
  • Saint Sébastien expirant (1789), huile sur toile, 196 × 147 cm
  • La Mort d'Abel (1790), huile sur toile, 146 × 198 cm
  • Suzanne et les vieillards (1791), huile sur toile, 123 × 75 cm
  • Portrait du docteur Henri Fabre, père du peintre (1791), huile sur toile, 94 × 73 cm
  • Portrait d'Ann Bermingham, future lady Charlemont, en Psyché (1796), huile sur toile, 58 × 45 cm
  • Portrait de Lady Charlemeont en Psyché (1796), huile sur toile, 57 × 44 cm
  • Portrait de la Comtesse d'Albany (1796), huile sur toile, 32 × 25 cm
  • Portrait d'Affieri (1796), huile sur toile, 32 × 25 cm
  • Le Retour d'Ulysse (1799), huile sur toile, 105 × 148 cm
  • Ulysse et Néoptolème enlèvent à Philoctète l'arc et les flèches d'Hercule (1800), huile sur toile, 289 × 453 cm[15]
  • Portrait du jeune Edgar Clarke (1799-1852) (1802), huile sur toile
  • Portrait de Geneviève Aimée Victoire Bertin (1802), huile sur toile
  • Portrait de Louis-François Bertin (1803), huile sur toile
  • Saul, agité par ses remords, croit voir l'ombre du grand prêtre Achimelech qu'il a fait périr (1803), huile sur toile, 151 × 214 cm
  • Portrait d'Affieri (1803), huile sur toile, 40 × 31 cm, Musée Fabre
  • Saint Jérôme en prière (1807), huile sur toile, 100 × 142 cm
  • La Madeleine pénitente dans un paysage (1805), huile sur toile, 45 × 57 cm
  • Portrait d'Antonio Canova (1812), huile sur toile, 91 × 70 cm[16].
  • Portrait de Louise de Stolberg, comtesse d'Albany (1812), huile sur toile, 34 × 27 cm
  • La Mort de Narcisse (1814), huile sur toile, 119 × 168 cm
  • Saint Antoine de Padoue instruit deux novices (1815), huile sur toile
  • Portrait du beau Pyrrhus (1823), huile sur toile, 65 × 98 cm
  • Œdipe et le Sphinx, huile sur toile, 130 × 157 cm
  • Vue de la place du Peuple (date inconnue), huile sur toile et traits à la craie, 49 × 62 cm
  • Portrait de Louis-Augustin Gache (1832), huile sur toile, 65 × 55 cm
  • Autoportrait (1835), huile sur toile, 72 × 59@ cm


Notes et référencesModifier

  1. a et b Louis de La Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc, Généralité de Montpellier, page 247, volumes 1 et 2, Paris, Félix Seguin, 1860
  2. a b c d e f g h i j k et l Laure Pelicier, « Chronologie », L’Objet d’Art,‎ , p. 4
  3. [PDF] « Biographie de François-Xavier Fabre », sur museereattu.arles.fr
  4. « Marquis de Dax d'Axat, le maire qui créa le musée Fabre », Harmonie, le magazine d'information de Montpellier agglomération, no 290, , p. 38 ([PDF] en ligne).
  5. Portrait of Vittorio Alfieri, publié sur le site uffizi.it (consulté le ).
  6. Lord Holland, Portrait Gall.
  7. Allen Smith, Cambridge
  8. J. Homme, Edimbourg
  9. Clarke, Nantes
  10. Mme de Feltre, Marmottan
  11. Portrait of Ugo Foscolo, publié le sur le site the-athenaeum.org (consulté le ).
  12. Florence, Edimbourg
  13. Notice no 06070001405, base Joconde, ministère français de la Culture
  14. Laure Pelicier, « François-Xavier Fabre, peintre et collectionneur », L’Objet d’Art,‎ , p. 15
  15. Ulysse, Archives Musée Fabre
  16. Portrait du sculpteur Antonio Canova, publié sur le site akg-images.co.uk (consulté le ).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Michel Hilaire, Laure Pellicer, Sidonie Lemeux-Fraitot, Carlo Sisi, François-Xavier Fabre de Florence à Montpellier (1766-1837), Éditions Somogy, 2008.
  • « Marquis de Dax d'Axat, le maire qui créa le musée Fabre », Harmonie, le magazine d'information de Montpellier agglomération, no 290, , p. 38 ([PDF] en ligne).
  • Laure Pelicier et Michel Hilaire, « François-Xavier Fabre, peintre et collectionneur », L’Objet d’Art,‎

Articles connexesModifier

Liens externesModifier