Frères Isola

Émile Isola ( à Blida, Algérie française - à Paris) et Vincent Isola ( à Blida - à Paris) sont des artistes prestidigitateurs et des directeurs de nombreuses salles de spectacles à Paris, connus sous le nom des frères Isola.

BiographieModifier

Nés en Algérie française de parents d'origine italienne, Vincent et Émile Isola montent à Paris en 1880 et exercent divers petits emplois avant de monter un tour de prestidigitation. Ils se rendent acquéreurs en 1892 du théâtre des Capucines, une salle de conférences qu'ils rebaptisent théâtre Isola. Leurs numéros attirent le tout-Paris. On y voit Victorien Sardou, Cléo de Mérode ou le duc d'Aumale Henri d'Orléans.

Fin 1895, les frères Isola découvrent l'invention des frères Lumière, le cinématographe, et mettent au point un projecteur appelé Isolatographe dont les films étaient fournis par les frères Émile et Charles Pathé. Ils colorisèrent quelques pellicules et purent diffuser au théâtre Isola des "films en couleurs"[1].

En 1897, ils achètent le Parisiana et abandonnent leurs numéros pour devenir producteurs de spectacles. Ils deviendront propriétaires de l'Olympia en 1898, des Folies-Bergère en 1901, de la Gaîté lyrique en 1903, de l'Opéra-Comique en 1913, du théâtre Mogador et du théâtre Sarah Bernhardt en 1926.

 
L'Opéra-Comique Plan, prix des places et administration en 1925: MM. Albert Carré et Isola, dir.

Ce dernier lieu causera leur ruine malgré les succès des Ballets russes de Serge de Diaghilev ou de Sacha Guitry et Yvonne Printemps.

Les frères Isola sont obligés de recréer leur duo de prestidigitation dès 1936. Sous l'occupation, ils se voient confier la direction du théâtre Pigalle. Ils meurent oubliés de tous peu après la guerre.

En cinquante ans de carrière, les frères Isola ont marqué l'histoire du music-hall français grâce aux adaptations d'opérettes (No no Nanette, L'Auberge du Cheval-Blanc...), aux danseuses qu'ils engagèrent, telle Loïe Fuller, et aux créations qu'ils encouragèrent, signées André Messager ou Alfred Bruneau.

Ils sont inhumés à Paris au cimetière des Batignolles (9e division).

BibliographieModifier

  • Souvenirs des Frères Isola, cinquante ans de vie parisienne, recueillis par Pierre Andrieu, Flammarion, Paris, 1943.

NotesModifier

  1. Souvenirs des Frères Isola, cinquante ans de vie parisienne, recueillis par Pierre Andrieu, Flammarion, Paris, 1943.

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