Formule du multinôme de Newton

Formule de théorie des nombres

En mathématiques, la formule du multinôme de Newton est une relation donnant le développement d'une puissance entière n d'une somme d'un nombre fini m de termes sous forme d'une somme de produits de puissances de ces termes affectés de coefficients, lesquels sont appelés des coefficients multinomiaux. La formule du binôme s'obtient comme cas particulier de la formule du multinôme, pour m=2 ; et dans ce cas les coefficients multinomiaux sont les coefficients binomiaux.

ÉnoncéModifier

Soient m et n deux entiers naturels et x1, x2,...,xm des nombres réels ou complexes (ou plus généralement, des éléments d'un anneau commutatif, voire seulement d'un anneau, à condition que ces m éléments commutent deux à deux). Alors,

 .

La somme porte sur toutes les combinaisons d'indices entiers naturels k1, k2,...,km tels que k1 + k2 + km=n, certains d'entre eux pouvant être nuls.

Une écriture équivalente mais bien plus concise consiste à sommer sur tous les multi-indices   de dimension m dont le module   est égal à n :

 

Les nombres

 

sont appelés les coefficients multinomiaux.

Le coefficient multinomial   est également le nombre de « partitions ordonnées » d'un ensemble de n éléments en m ensembles de cardinaux respectifs k1, k2,...,km. Plus formellement :

 

Et plus concrètement,   est le nombre de mots de longueur n formés avec un alphabet de m caractères, le premier caractère étant répété k1 fois, le deuxième, k2 fois, ..., le m-ième, km fois. Par exemple, le nombre d'anagrammes du mot Mississipi vaut  .

DémonstrationsModifier

Une preuve directe est d'utiliser l'avant-dernière expression ci-dessus des coefficients multinomiaux[1].

Une autre est de raisonner par récurrence sur m, en utilisant la formule du binôme[2].

Enfin, on peut utiliser le développement en série entière (ou simplement formelle) de l'exponentielle[3].

ExempleModifier

 

Notes et référencesModifier

  1. Cette preuve combinatoire est disponible par exemple dans Louis Comtet, Analyse combinatoire avancée, Techniques de l'ingénieur (lire en ligne), p. 3 et sur Wikiversité, dans le lien ci-dessous.
  2. Cette preuve par récurrence est disponible par exemple sur Wikiversité, dans le lien ci-dessous.
  3. Cette preuve « analytique » est disponible par exemple dans Comtet, p. 3 et sur Wikiversité, dans le lien ci-dessous.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

(en) Paul Erdős et Ivan Niven, « The number of multinomial coefficients », Amer. Math. Monthly, vol. 61,‎ , p. 37-39 (lire en ligne)