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En linguistique, la fonction phatique d'un énoncé est le rôle que joue cet énoncé dans l'interaction sociale entre le locuteur et le locuté, par opposition à l'information effectivement contenue dans le message.

Un énoncé phatique sert souvent à assurer que la communication « passe » bien, par exemple, lorsqu'un orateur demande « Vous me suivez ? ». La notion de fonction phatique a été définie par Roman Jakobson comme l'une des six grandes fonctions du langage : « Il y a des messages qui servent essentiellement à établir, prolonger, ou interrompre la communication, à vérifier que le circuit fonctionne (« Allô, vous m'entendez ? », « vous comprenez », « vous savez », « vous voyez »), à attirer l'attention de l'interlocuteur ou à s'assurer qu'elle ne se relâche pas… » [réf. souhaitée]. Jakobson précise aussi que la fonction phatique désigne « la tendance à communiquer (qui) précède la capacité d'émettre ou de recevoir des messages porteurs d'information » [réf. souhaitée].

La linguiste Marina Yaguello indique[1] qu'il faut faire entrer dans cette catégorie les discussions mondaines, tous les artifices de langages (anecdotes, histoires drôles) utilisés pour « maintenir le contact verbal sans défaillance » et éviter que s'installent une gêne, un silence.

Les anglophones utilisent le terme small talk, que l'on pourrait traduire par « bavardage », « papotage » ou « banalités », pour désigner les conversations phatiques (temps qu'il fait, résultats sportifs, etc.).

HistoriqueModifier

Étymologiquement, l'adjectif « phatique » est issu du grec ancien φάτις (phatis, « parole »). Le terme a d'abord été utilisé par l'anthropologue Bronisław Malinowski (1884–1942) avant d'être repris en linguistique par Roman Jakobson. C'est dans ce dernier sens qu'il continue d'être utilisé.

Notes et référencesModifier

  1. Marina Yaguello, Alice au pays du langage, Pour comprendre la linguistique, Seuil, Paris, 1981, p. 27.

Voir aussiModifier