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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Montpellier (homonymie).

Famille de Montpellier
Image illustrative de l’article Famille de Montpellier
Armes

Blasonnement D'or à la fasce de gueules accompagnée de trois têtes de Maures de sable tortillées d'argent.
Devise « Nec mihi soli » (Rien pour moi tout seul)
Branches de Montpellier d'Annevoie
de Montpellier de Vedrin
Demeures Château d’Annevoie

Château de Vedrin Château de Boninne

Preuves de noblesse
Admis aux honneurs de la Cour Comte, Baron

La famille de Montpellier est une importante famille noble belge du comté de Namur. La famille est notamment à l’origine du château d’Annevoie-Rouillon et de son magnifique parc.

Sommaire

Une lignée de maîtres de forges du comté de NamurModifier

La famille belge de Montpellier, installée dans la province de Namur et à l’origine des célèbres jardins d’Annevoie, fut durant plusieurs siècles une lignée de puissants maîtres de forges. Mais avant-tout, elle compte à la fin du XVe siècle parmi les familles lignagères du comté de Namur. Le lignage namurois constitue un ensemble de descendants légitimes namurois jusqu'au septième degré inclus, d'un chevalier. En matières d'impôts, les hommes de loy et de lignage jouissent de privilèges analogues à ceux de la noblesse. Sur le plan judiciaire, ils jugent leurs pairs, sous la présidence du souverain-bailli, et sont par conséquent soustraits aux cours ordinaires et de droit commun. Ils disposent d'une capacité juridique plénière, en ce qu'ils peuvent s'obliger par leur seule foi et sous leur seul sceau. Ils peuvent authentifier les actes qui les concernent. Ils portent des armoiries timbrées et s'intitulent publiquement nobles ou gentilhommes de loy et de lignage.

Marchands de fer puis maîtres de forges et fourneaux depuis la fin du XVIe siècle jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle (dernier établissement fermé en 1867, à Annevoie), les Montpellier ont activé de nombreuses usines, notamment à Annevoie (En-Haut et En-Bas), Anhée (Moulins), Bouffioulx, Châtelet, Couillet, Burnot, Fairoul, Boussu-lez-Walcourt (Feronval), Godinne (Chaveau), Houx, Marchienne-au-Pont (Zone), Monceau, Montigny-le-Tilleul (Bomerée) Rouillon, Salzinnes, Thy-le-Château, Vezin (Sclaigneaux), Yves-Gomezée (Saint-Lambert), Yvoir (forges Gobeau, Hamaide, Redeau, Jean Tournon, Marteau Jean, Marteau Feullien, forge Henry et forge Houyette). Au XIXe siècle, ils possédaient également des usines et batteries de cuivre à Arbre, Burnot, Rivière et Namur.

Sous l’Ancien régime, la famille a possédé parmi d'autres fiefs, La Tour de Hannêche (1506), Le Grand Wangnaige à Jallet (1518), les avoueries de Bouge et de Beez (1524), les seigneuries d’Ambresin (1753), Ambresineau (1753), Anhée-Grange-Senenne (1755), Annevoie (1758), Assesse (1717), Celles (Vedrin - 1771), Fontenelle (1759), Fooz (1792), Haye-à-Fooz (1792), Hennegau (sous Hasselt - 1725), Jassogne (1706), Onthaine (< 1747), Rosseignies (1781), Rouillon (1758), Senenne (< 1747), Sorinne-la-Longue (1717), Wépion (1792) et Yvoir (1688). Parmi ses résidences anciennes les plus connues, citons les châteaux d’Annevoie, Arbre, Denée, Fooz, Onthaine, Rouillon, Vedrin et Yvoir, ainsi que les trois hôtels Montpellier à Namur (hôtel de Namur d'Elzée-de Montpellier, Bouhon-de Montpellier et de la Rigauderie-de Montpellier).

La famille s’est divisée en quatre branches principales : Montpellier d’Yvoir (éteinte en 1781), Montpellier d’Annevoie (avec ses rameaux dits d’Annevoie, de Rouillon et de Denée), Montpellier de Vedrin et Montpellier de Senenne (branche d’Onthaine, éteinte en 1824). La ligne aînée du rameau de Denée des Montpellier d'Annevoie a en outre relevé le nom Hennequin de Villermont en qualité de derniers descendants des comtes de Villermont, famille d'origine champenoise, confirmée dans sa noblesse en 1359 pour les grands services rendus au Régent Charles de France en l'Ost de Breteuil, maintenue noble en 1680, et qui obtint en Belgique reconnaissance de noblesse et du titre de comte par primogéniture en 1852 et extension de ce titre à l'ensemble des porteurs du nom en 1871.

Les Montpellier ont donné aux XVe et XVIe siècles des hommes de loy et de lignage du comté de Namur, aux XVIe et XVIIe siècles deux bourgmestres de Châtelet, au XVIIIe siècle deux chambellans héréditaires du comté de Namur, deux mayeurs des Ferons, un grand-bailli de Montaigle, un membre de l’État noble du comté et deux chanoines de la cathédrale de Namur. Aux XIXe et XXe siècles, un colonel commandant de volontaires namurois aux combats de 1830, un Évêque ultramontain de Liège, un gouverneur de la province de Namur, trois membres de la chambre des représentants, un professeur de l’université catholique de Louvain membre de l’Académie royale de Belgique, un procureur du Roi de Namur et des héros durant les deux guerres mondiales.

Origines de la familleModifier

La famille paraît trouver ses racines à Nivelles dans le Duché de Brabant, où son nom primitif - Servais - apparaît en 1354. Son premier ancêtre connu, Thomas Servais, prêtre et chapelain du chapitre Sainte-Gertrude de Nivelles, receveur des communs chapelains, est cité en 1460 et décède en 1483/84. Il est possible que ce dernier soit issu de Jehan Servais de Jumet, homme de loy et de lignage du comté de Namur, vivant vers 1425-1450, époux de N. de Lochon, issue d’un lignage namurois ayant pour auteur un chevalier liégeois, mais sans certitude. Ce rattachement permettrait d'expliquer l'origine lignagère des Montpellier.

Homme honorable Jehan dit Vaspasien Servais dit de Montpellier puis de Montpellier, homme de loy et de lignage du comté de Namur, avoué et Bouge et de Beez (1524), fieffé à Hannêche (La Tour) et Jallet (Grand Wangnaige), fils de Thomas et de Madeleine de Damas, est reçu à la bourgeoisie de Namur en 1498 et est légitimé en 1505 par Philippe le Beau. Il est surnommé de Montpellier pour avoir étudié dans la célèbre université de cette ville. C’est ainsi qu’on le retrouve par la suite comme chirurgien et médecin à Namur. Il apparaît dans un acte de 1516 comme homme de loy et de lignage du comté de Namur, ce qui implique qu’il présente une ascendance dans un lignage chevaleresque du comté. Il décède en 1532 et est enterré dans le cloître du couvent des Récollets sous une pierre armoriée. Sa descendance se fixe au milieu du XVIe siècle dans la cité liégeoise de Châtelet, où elle donne deux bourgmestres et se lance dans le commerce et la production de fer, qui feront la fortune de la famille.

Les Montpellier et AnnevoieModifier

Jean III de Montpellier (1634-1705), fils de Pierre et de Jeanne de Rouillon, maître de forges, ramène les siens dans le namurois. À partir de 1670 il acquiert plusieurs établissements industriels sur le Bocq à Yvoir. Il y construit le noyau de l’actuel château et devient seigneur du lieu en 1688. En 1691, dans le cadre d’une succession dont son épouse Marie de Halloy était cohéritière, il acquiert un domaine à Annevoie comprenant un château et des forges. Son fils cadet, Jean IV (1679-1740), seigneur d’Yvoir, chambellan héréditaire du comté de Namur, maître de forges et mayeur des Ferons, époux de Jeanne de Bilquin, fille du seigneur de Bioul, Marchienne-au-Pont et Mont-sur-Marchienne, agrandit le château d’Annevoie au début du XVIIIe siècle. Le fils aîné de ce dernier, Charles-Alexis (1717-1807), auteur des Montpellier actuels, anobli par la Reine et future Impératrice Marie-Thérèse le 9 janvier 1743, seigneur d’Annevoie, Rouillon, Ambresin et Ambresineau, Celles (Vedrin), etc., membre de l’État noble et chambellan héréditaire du comté de Namur, grand-bailli et châtelain de Montaigle, maître de forges et mayeur des Ferons, transforme le château et l’embellit considérablement. Imprégné de la beauté des jardins de Versailles où il vécut durant quelques années, et de Saint-Cloud, il aménage entre 1758 et 1776 les jardins d’eau d'Annevoie, véritable prouesse technique car la soixantaine de fontaines fonctionne sans aucune machinerie, selon le principe des vases communicants. Renommés dès leur création, les jardins reçurent en 1783 la visite du duc Albert de Saxe-Teschen, lieutenant gouverneur et capitaine général des Pays-Bas et de sa femme l’archiduchesse Marie-Christine, sœur de Joseph II, et en 1789, ces derniers sont accompagnés du comte d’Artois, futur Charles X, fuyant la révolution.

Lors du partage de la succession de Frédéric et Pauline de Montpellier d'Annevoie, en 1884, qui comprend notamment les châteaux d'Annevoie, Rouillon et Denée, et 1 737 hectares, le bloc autour d'Annevoie totalise environ 965 hectares outre la terre voisine de Denée qui comprend 445 hectares. Onze générations de Montpellier se sont succédé à Annevoie, de 1691 jusqu’à la vente du château et des jardins en l'an 2000, et de leur droit d'habitation en 2004. Le domaine est devenu propriété de la Région wallonne en 2004. Depuis 2017, celui-ci est géré par une fondation privée, la Fondation Domaine Historique du Château et des Jardins d’Annevoie, locataire emphytéotique pour une période de 99 ans[1].

Diplômes et armoiriesModifier

1516 : citation comme homme de loy et de lignage du comté de Namur - 1743 : concession de noblesse par la Reine et future Impératrice Marie-Thérèse en faveur de Charles-Alexis et André-Joseph de Montpellier - 1758 : admission à l'Etat noble du comté de Namur de Charles-Alexis, bailli de Montaigle - 1846 et 1847 : reconnaissances de noblesse par le roi des Belges Léopold Ier - 1859 : comte romain (Théodore, évêque de Liège) - 1896, 1919 et 1925 : baron (branche de Vedrin). Armoiries : au XVe siècle, les Servais portaient d’or à la fasce de gueules. Depuis Jehan dit Vespasien Servais dit de Montpellier, décédé en 1532 (avec parfois quelques variantes) : d’or à la fasce de gueules, accompagnée de trois têtes de mores tortillées d’argent, qui sont toujours les armoiries actuelles de la famille. L'apparition des têtes de mores dans les armoiries semble concomitante au séjour à Montpellier et est peut-être à mettre en relation avec la chute de Grenade en 1492, qui met un terme à la Reconquista.

Sources et référencesModifier

  • M. Belvaux, La famille de Montpellier, dans Recueils de l'Office généalogique et héraldique de Belgique, t. LIX et LX, Bruxelles, 2007, 840 pp.
  • M. Belvaux et F. de Montpellier, La famille de Montpellier. Visages d'antan, 2009, 336 pp.
  • F. de Montpellier et M. Belvaux, Aux origines de la famille de Montpellier, dans Le Parchemin, 2011, p. 291-313, et 2012, p. 566.
  • M. Belvaux et F. de Montpellier, La famille de Montpellier. Jadis et demain, 2015, 240 pp.
  • F. de Montpellier, Nos beaux objets armoriés. Des grès de Bouffioulx aux armes Montpellier, dans Le Parchemin, 2016, p. 469-487.
  • M. Belvaux et A. Goffin, L'hôtel de Namur d'Elzée et les hôtels Montpellier rue de Fer à Namur, dans Annales de la Société archéologique de Namur, tome 90, 2016, p. 87-127.

Notes et référencesModifier