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EuroChem
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Logo d'EuroChem

Création 2001
Fondateurs Andrey MelnichenkoVoir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Andreï Melnichenko, Dimitri Strejnev
Forme juridique Société ouverte à responsabilité limitée
Siège social Zoug
Drapeau de Suisse Suisse
Directeurs Andrey MelnichenkoVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Andrey Melnichenko (0,92 )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité engrais
Produits Engrais minéralVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 22 310 (2013)[1]
Site web www.eurochemgroup.com

Chiffre d'affaires 5,6 milliards $ (2013)[2]
Résultat net 707 987 000 dollar américain ()[3]Voir et modifier les données sur Wikidata

EuroChem (ЕвроХим en russe) est un producteur d'engrais azotés et phosphatés ayant son siège social à Zoug, en Suisse. Il exploite des gisements à Kovdor (Oblast de Mourmansk) et au Kazakhstan, ainsi que des puits de pétrole et de gaz à Novy Ourengoï (Iamalie). Ses usines se trouvent en Russie, en Belgique et en Lituanie[4].

La compagnie se présente elle-même comme le principal producteur d'engrais minéraux ; elle se classe parmi les trois premiers producteurs d'engrais européens et parmi les dix premiers producteurs mondiaux, à la fois en termes de capacité de production et de rentabilité. En 2013, EuroChem avait un chiffre d'affaires de 5,6 milliards de dollars, dont 3,2 milliards dans les engrais azotés et 1,8 milliard dans les engrais phosphatés[2].

Sommaire

Points fortsModifier

EuroChem produit essentiellement des engrais azotés et phosphatés, ainsi que des composés organiques et du minerai de fer. Son siège social a déménagé en 2014 de Moscou à Zoug, en Suisse, en 2014. Elle possède des usines en Russie et en Europe de l'Ouest, et emploie au total plus de 20 000 salariés[5].

ActionnairesModifier

EuroChem est détenu à 92 % par Andreï Melnichenko, qui est classé au 56e rang du classement Forbes des plus riches milliardaires (6e homme le plus riche de Russie) avec une fortune personnelle d'environ 14,4 milliards de dollars en 2013[6] ; les 8 % restants sont détenus par EuroChem CEO et Dimitri Strejnev. Melnichenko est aussi l'un des principaux actionnaires des charbonnages SUEK[7].

Acquisitions récentesModifier

Port de commerce de MourmanskModifier

Le 24 avril 2013 EuroChem a conclu l'acquisition de 47,67 % du capital d’OJSC Murmansk Commercial Seaport (soit 53 943 actions) moyennant 3 113 859 000 roubles. Le groupe avait effectué un pré-paiement de 2 522 755 000 roubles pour 38,62 % du capital (soit 43 703 actions) en décembre 2012 puis en avril 2013 racheta encore 9,05 % du capital (soit 10 240 actions) moyennant 591 104 000 roubles[8].

La privatisation du port avait été initiée en 2012, avec l'acquisition par les charbonnages SUEK (autre société contrôlée par Andreï Melnichenko) de 24,95 % des actifs. Au début du mois d'avril 2013 il racheta 24,91 % de s parts, portant sa participation à hauteur de 49,86 % ; ainsi, les deux compagnies contrôlées par Melnichenko possèdent 97,53 % du port de Mourmansk. Le 26 avril 2013, l'agence de presse russe Interfax a rapporté l'intention d'EuroChem de démarcher les autres actionnaires afin de devenir le propriétaire exclusif du port[9].

Rachats en AllemagneModifier

BASF a cédé ses usines d'Anvers à EuroChem le 31 mars 2012[10].

Au mois de juillet 2012, EuroChem a repris la filiale engrais azotés de K+S, rebaptisée EuroChem Agro et basée à Mannheim. Cette société, tournée vers les grandes exploitations agricoles et les producteurs fruitiers et maraîchers, distribuait en fait les engrais produits par EuroChem Anvers, BASF et d'autres producteurs d'engrais européens[11].

Les puits de pétrole de Severneft-OurengoïModifier

Le 19 janvier 2012, EuroChem rachetait pour 403 millions de dollars Severneft-Ourengoï, société pétrolière et gazière bénéficiant d’une concession d'exploitation des puits d’hydrocarbures de Iamalie, au nord de l’Oural. Ce rachat s’inscrit dans la stratégie d’intégration verticale du groupe. À pleine capacité, Severneft-Ourengoï suffirait à fournir un quart des besoins annuels d’EuroChem : le gaz naturel est la matière première pour produire l’ammoniac, qui est la base des engrais azotés[12],[13]

Réouverture de l'usine Sary-TasModifier

Au mois de novembre 2008, EuroChem a acheté 56,33 % du capital de la SORL kazakhe Sary-Tas, dans la région de Djamboul. L'usine de boulets de phosphorite avait fermé ses portes en 1993. EuroChem a annoncé son intention de rétablir l'activité par un investissement de 2 500 000 000 $[14]. Andreï Melnichenko a négocié des tarifs gaziers préférentiels avec le Kazakhstan en contrepartie de la réactivation de l'usine[15].

Impact sur l'environnementModifier

Pollution chimiqueModifier

En 2010 EuroChem avait entrepris la construction d'un terminal portuaire à Touapsé, dans le Caucase. Les associations locales de défense de l'environnement ont accusé EuroChem d'infraction aux lois fédérales car le chantier empiétait sur une zone résidentielle. Au mois de mars 2010, une pollution par produits chimiques a été signalée au terminal EuroChem de Touapsé alors qu'EuroChem chargeait un chimiquier d'engrais : les écologistes mirent sur ce compte la mort de quatre dauphins retrouvés à Sotchi. La dégradation de la qualité de l'air en ville se solda en mai 2010 par une pétition de 3 000 habitants contre le terminal EuroChem[16]. EuroChem a décliné toute responsabilité quant à une prétendue détérioration de la qualité de l’air en ville[17]. Malgré ces dénégations, le directeur exécutif d'EuroChem, Dimitri Sterjnev, a reconnu lors d'une conférence de presse qu'au cours des essais du terminal, sa compagnie avait passé outre les autorisations administratives et pour cela avait dû acquitter une amende. Mais au mois de juin 2011, les remous de cette affaire parvinrent à Medvedev, nouveau Président de la Confédération : il ordonna personnellement de différer la mise en service du terminal Eurochem de Touapsé[18].

Il s'ensuivit une série de procès avec les associations locales de défense de l'environnement. Finalement, le tribunal régional de Krasnodar, s'appuyant sur un avis d'expert de Rospotrebnadzor, décida en août 2011 que la construction était légale[19]. La construction du terminal est à présent achevée et le port est opérationnel[20].

Mer BaltiqueModifier

Selon des travaux de recherches finlandais, on savait qu'il y avait un apport annuel de 1 000 tonnes de phosphore dans la Louga. Il a été suggéré que cet apport pourrait venir des terrils de gypse de l'usine EuroChem voisine de Kinguissepp, bien qu'EuroChem l’ait démenti[21]. Au mois d'avril 2012, les autorités russes ont interpellé l'expert finlandais Seppo Knuuttila, dépêché par le Finnish Environment Institute et HELCOM pour déterminer la teneur en phosphates des eaux de la Louga. Son ordinateur saisi par les douanes, il fut interrogé pendant 14 heures de suite[22],[23].

Selon les conclusions de HELCOM, la phosphorite est vraisemblablement le principal responsable de la pollution. HELCOM accuse nommément EuroChem de ne pas maîtriser les effluents de son usine de phosphorite, accusation relayée dans la presse finnoise en janvier 2012. La coopération russo-finnoise pour la réduction des émissions de phosphore dans la Mer Baltique se poursuit, ce qui confirme qu'il y a toujours un problème écologique.

La Fondation John Nurminen d'Helsinki, un institut finnois spécialisé dans l'étude de la Mer Baltique, collabore avec EuroChem pour le suivi et la maîtrise de la teneur en phosphore.

Au mois de juin 2012, EuroChem et la Fondation John Nurminen sont convenus de charger une organisation indépendante, la Sté Atkins, pour évaluer l'efficacité et la pérennité du système de traitement des effluents de surface équipant l'usine de phosphorite depuis mars 2012. Ce systeme avait été construit pour retraiter les eaux de surfaces contaminées au phosphore, stagnant autour de l'usine[24].

Préoccupé par la qualité de l'eau en Mer Baltique depuis 2004, le directoire de la Fondation John Nurminen a chargé des experts reconnus de la flore marine de lui trouver une ligne d'action concrète pour la protection de ce milieu. Selon ces experts, la méthode la plus rapide et la plus économique pour améliorer la condition de la Mer Baltique consistait à améliorer les stations d'épuration rejetant dans la mer en intensifiant la précipitation ou l'assimilation en amont du phosphore. Les trois plus grandes stations d'épuration de Saint-Pétersbourg servirent de banc d'essai : l'amélioration de la précipitation du phosphore a permis de réduire de 27 % la charge de phosphore du Golfe de Finlande, et ralenti la croissance d’algues[25].

SinistresModifier

Au mois de mai 2009, un entrepôt d'engrais minéral du terminal de Touapsé s'est partiellement effondré, tuant deux employés. Une enquête a été lancée par les autorités régionales[26].

Au mois de juillet 2012, deux incendies ont frappé l'usine d'engrais azotés de Nevinnomysski, dans la région de Stavropol. Selon les médias russes[27], les fumées toxiques n'ont pas fait de victime.

Affaires judiciairesModifier

Procès contre Shaft sinkersModifier

Shaft sinkers (Pty) Ltd. est une compagnie sud-africaine spécialisée dans les forages miniers, détenue à 48% par le groupe International Mineral Resources (IMR), avec laquelle EuroChem avait passé un contrat pour le creusement de puits de potasse à Gremyachinskoë dans l'Oblast de Volgograd. Devant l'incapacité de Shaft sinkers à injecter les terrains pour stabiliser le front de taille, EuroChem, non content d'annuler le contrat[28] au mois d’octobre 2012, déposa un recours contre son prestataire, réclamant 800 000 000 US$ de dédommagement pour les frais directs et les pertes de profit considérables causées par le retard d'exploitation. Au mois d’octobre 2012, Shaft Sinkers présentait une lettre de réclamation de 45 000 000 $ à EuroChem en dédommagement des frais engagés jusqu'au 30 septembre 2012 pour achever les travaux. EuroChem annula l'avance de 495 387 000 roubles accordée à Shaft Sinkers pour les neuf premiers mois puis, compte tenu de l'échec des travaux d’injection, réinvestit les 3 116 000 000 roubles engagés dans ce marché[29].

EuroChem porta plainte devant les tribunaux néerlandais contre International Mineral Resources (IMR), détenue à 100% par le trio d'ENRC : Alexander Machkevitch, Patokh Chodiev et Alidjan Ibragimov, pour « fraude ouverte, aggravée de corruption. » EuroChem avait précédemment fait savoir qu'elle réclamerait 800 000 000 $ de dédommagements à son prestataire Shaft Sinkers, détenu à 48% par IMR, à la suite de différends touchant un projet minier de potasse russe d'un montant d'environ 2 000 000 000 $. Dans cette affaire, le groupe EuroChem :

  • accuse un cadre d'IMR d'avoir soudoyé un de ses employés moyennant plusieurs centaines de milliers de roubles, afin de cacher les mécomptes de Shaft Sinkers ;
  • il accuse également IMR d'avoir favorisé la disparition d'un rapport critique sur la technique de consolidation de Shaft Sinkers dans le cadre du projet[30]

EuroChem, qui réclame 660 000 000  en dédommagement de la fraude supposée de l’employé de Shaft Sinkers, a obtenu le gel de plus de 886 500 000  des fonds d’International Mineral Resources (IMR), dans l’attente de la saisine du tribunal civil néerlandais compétent[31],[32].

Rachat des puits de Severneft-OurengoïModifier

Le 19 janvier 2012, EuroChem a acquis pour 403 millions de $ Severneft-Ourengoï, un exploitant gazier et pétrolier concessionnaire des puits de gaz de Iamalie[13].

Au mois de mars 2013, Reverta AS déposa un recours contre les LLC NK Severneft et Severneft-Ourengoï, par lequel elle contestait la légalité des transactions de fusion-acquisition passées entre ces deux sociétés en 2011, juste avant leur rachat par le groupe EuroChem. Au cours de l'instruction, le tribunal avait suspendu le droit de Severneft-Ourengoï à exploiter certains de ses actifs. EuroChem a contesté cette décision et la cour d'appel a annulé cette procédure en juin 2013. Selon EuroChem, ce procès n'aurait pas eu de conséquence sur les activités du groupe[33].

Abus de position dominanteModifier

L'usine AZOT-Nevinnomyssk d'EuroChem a été mise à l'amende par l'Autorité Fédérale Anti-Monopole en 2007 pour abus de position dominante en matière de distribution d'électricité à Nevinnomyssk[34].

Principaux concurrentsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Chiffres clefs
  2. a et b « Quick read - EuroChem », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  3. « http://www.eurochemgroup.com/wp-content/uploads/2016/02/EAG-Consolidated-FS-2016.pdf »
  4. « Where we operate - EuroChem », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  5. « Our operations - EuroChem », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  6. « Legal structure - EuroChem », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  7. « Andrey Melnichenko », sur Forbes (consulté le 22 février 2014)
  8. « EuroChem Consolidated IFRS Accounts for the 3 months ended 31 March 2013 », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  9. « Eurochem plans offer to minority shareholders in Murmansk port », sur Connection.ebscohost.com (consulté le 22 février 2014)
  10. « Press releases Archives - EuroChem », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  11. D'après « EuroChem Completes Acquisition of K+S Nitrogen », sur K+S group, (consulté le 3 mai 2015)
  12. Ilya Khrennikov, « EuroChem Buys Russian Gas Producer for $403 Million », sur Bloomberg, (consulté le 22 février 2014)
  13. a et b « Investor news Archives - EuroChem », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  14. « Social Responsibility Atlas 2008 », sur Eurochem.ru (consulté le 22 février 2014)
  15. http://www.inright.ru/articles/nation/20111109/id_683
  16. Eugène Titov, « Тouapsé. L'intoxication de masse des citadins déclenche une vague de protestations contre la société "EuroChem" », Nova Gazeta (Новая Газета),‎ (lire en ligne)
  17. « Новости », sur Gazeta.tuapse.ru (consulté le 3 mai 2015)
  18. « дЛХРПХИ лЕДБЕДЕБ НРКНФХК ГЮОСЯЙ УХЛРЕПЛХМЮКЮ Б рСЮОЯЕ — янвх 24 », sur Sochi-24.ru (consulté le 22 février 2014)
  19. « Судебные решения », sur Tbt-tuapse.ru (consulté le 22 février 2014)
  20. Nathalie Kadjan, « La Passion du terminal - Le terminal à vrac de Touapsé a été mis en service », mk.ru Krasnodar,‎ 3 ami 2011 (lire en ligne)
  21. Vesa Sundqvist, « La compagnie russe nie les rejets de phosphore dans le golfe de Finlande », Yle Uutiset,‎ (lire en ligne)
  22. Annamari Iranto, « Les Finlandais pourront mesurer les émissions de phosphore d'EuroChem », Yle Uutiset, no 124,‎ (lire en ligne)
  23. « Les autorités russes ont arrêté un expert finlandais de l'environnement », sur Yle Uutiset, (consulté le 22 février 2014)
  24. « EuroChem and the John Nurminen Foundation select Atkins to carry out independent audit on surface run-off treatment in Luga River in Kingisepp, Russia », sur Puhdasitameri.fi, (consulté le 22 février 2014)
  25. « Eutrophisation », sur Puhdasitameri.fi (consulté le 22 février 2014)
  26. « Novosti - Mort de deux employés », sur interfax-russia.ru, (consulté le 3 mai 2015)
  27. RIA Novosti, 3 août 2012
  28. [ ]« http://www.shaftsinkersgroup.com/Update%20on%20Eurochem%20Contract.aspx/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  29. « EuroChem Consolidated IFRS Accounts for the 9 months ended 30 September 2012 », sur EuroChem.ru (consulté le 14 novembre 2012)
  30. Simon Goodley and Joris Luyendijk, « ENRC founders face Dutch fraud lawsuit | Business », sur The Guardian (consulté le 22 février 2014)
  31. « EuroChem move freezes IMR assets », sur FT.com, (consulté le 22 février 2014)
  32. « Potash slump raises stakes in Russia legal battle », sur Reuters, (consulté le 22 février 2014)
  33. « http://www.eurochem.ru/wp-content/uploads/2013/08/EuroChem_FS_06_2013.pdf »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  34. « Федеральная антимонопольная служба - Суд подтвердил законность и обоснованность решения и предписания Ставропольского УФАС России в отношении ОАО "Невинномысский Азот" », sur Fas.gov.ru,‎ (consulté le 22 avril 2014)