Erich Mühsam

écrivain allemand

Erich Mühsam, né à Berlin le et mort le , assassiné au camp de concentration d'Oranienburg, est un écrivain anarchiste allemand d'origine juive, issu de la mouvance de Monte Verità (Ascona, Suisse)[1].

Erich Mühsam
Bundesarchiv Bild 146-1981-003-08, Erich Mühsam.jpg
Erich Mühsam, ca. 1928.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Erich Kurt MühsamVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activité
Père
Siegfried Muehsam (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Charlotte Landau-Mühsam (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjointe
Zenzl Mühsam (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Lieu de détention
Œuvres principales
Die Befreiung der Gesellschaft vom Staat (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
2018-07-18 Sterne der Satire - Walk of Fame des Kabaretts Nr 31 Erich Mühsam-1095.jpg
plaque commémorative
Erich und Zenzl Mühsam - Mutter Erde fec.jpg
Vue de la sépulture.

BiographieModifier

En 1908, Erich Mühsam forme avec Gustav Landauer, Martin Buber et Margarethe Faas-Hardegger, la Sozialistischer Bund (de) (Ligue socialiste), une fédération très décentralisée de groupes anarchistes, qui envisage de contrecarrer le déclenchement inévitable de la Première Guerre mondiale par une grève générale. Il en anime le groupe en Bavière de 1911 à 1915.

Il publie et rédige le journal Kain. Journal pour l'humanité, une publication anarchiste. Il est l'auteur d'une Marseillaise des conseils ouvriers.

Erich Mühsam est l'un des principaux acteurs de la révolution allemande de 1918-1919 en Bavière. En 1917, une partie du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) avait créé le Parti social-démocrate indépendant (USPD) qui comprenait une aîle spartakiste représentée en Bavière par l'écrivain et philosophe et homme politique Kurt Eisner. Dans le contexte de troubles et de mécontentement général qui accompagne la fin de la Première Guerre mondiale, le 7 novembre 1918, à l'initiative d'Eisner et de la USPD, 150 000 personnes sont rassemblées dans le centre de la ville. Des conseils de soldats sont présents. Le soir, les plus radicaux s'emparent de dépôts d'armes. Eisner et ses partisans occupent le Parlement Landtag. Le lendemain 8 novembre, les Munichois apprennent que le pays est devenu une « République démocratique et socialiste »[2].

Les « cent jours » d’exercice qu’Eisner effectue en tant que Premier ministre de Bavière, sont ponctués de multiples changements, d'autant que le gouvernement fédéral, et particulièrement les ministres du SPD, n'y voient qu'un gouvernement provisoire en attente des prochaines élections régionales au Landtag. En rendant publics les rapports diplomatiques confidentiels du gouvernement de Bavière, Eisner entre en conflit ouvert avec le gouvernement SPD de Friedrich Ebert à Berlin et Erhard Auer (de) qui dirigeait la SPD bavaroise et avait été nommé ministre de l'Intérieur, commence également à s'éloigner. Alors que dans la rue se multiplie les incidents, Eisner est mis en minorité au gouvernement et doit accepter la convocation de l'Assemblée nationale et dénoncer « les méthodes terroristes » des éléments les plus à gauche[3].

La riposte des éléments les plus radicaux est immédiate. Les gardes rouges menés par Erich Mühsam ainsi que par des matelots mutinés rentrés de Kiel tentent un coup de force et obligent Erhard Auer à démissionner. Ils réclament la proclamation immédiate de la dictature du prolétariat. Eisner, malgré ses appels au calme, est ainsi débordé sur sa gauche. Le 11 décembre se forme à Munich un rassemblement spartakiste qui regroupe les éléments les plus radicaux de l'USPD et des militants du Parti communiste d'Allemagne (KPD) en formation, tel le Berlinois Max Levien. Eisner parvient tout de même à maintenir l'ordre et peut annoncer la tenue des éléections pour le Landtag pour le 12 janvier 1919[4].

La gauche révolutionnaire groupée autour de Mühsam et le KPD fondé dans les premiers jours de par le député munichois Max Levien exercent à leur tour une pression croissante sur le gouvernement instable de la coalition régionale du SPD et de l'USPD. La tentative d'occupation du ministère des affaires sociales de Munich par quelques 4 000 chômeurs, le , est violemment réprimée par la police et fait trois morts et huit blessés. Eisner fait arrêter pour quelques jours les dirigeants du KPD et les partisans des conseils révolutionnaires ouvriers (Revolutionärer Arbeiterrat, RAR en abrégé) en tant que meneurs présumés des émeutes ; parmi les inculpés se trouvent Mühsam et Levien, qu'il faudra libérer peu après sous la pression des manifestants. À l'issue de ces événements, le KPD, les anarchistes et le RAR appellent au boycott des élections au Landtag.

Les élections au Landtag de Bavière du sont une défaite cinglante pour l'USPD et Eisner avec seulement 2,5 % des voix, la SPD et le parti conservateur Bayerische Volkspartei (BVP) étant les grands vainqueurs des élections[4].

La situation sociale avait continué à se dégrader. Le 16 février, une réunion de masse est organisée par les conseils ouvriers pour protester contre la réunion du Landtag[5]. Kurt Eisner est assassiné le par un étudiant nationaliste, le comte Anton von Arco auf Valley (en). Lui succède le social-démocrate Johannes Hoffmann. L'assassinat d'Eisner a pour conséquence la radicalisation de la situation politique. Le pouvoir réel est récupéré par le Comité central des Conseils d'ouvriers dans lequel les extrêmistes de gauche participent massivement[6].

Erich Mühsam est l'une des figures la république des conseils de Bavière.

Le , il est arrêté par les troupes gouvernementales lors d’une tentative de putsch des sociaux-démocrates. Condamné à 15 ans de prison, il est gracié après six ans d'incarcération.

Sortant de prison, Mühsam fonde en 1925 le journal Fanal qui cherche à unifier les groupes révolutionnaires sur la base de la lutte des classes.

Il dénonce sans relâche l'extrême droite allemande, dont il devient l'une des bêtes noires.

Il est à nouveau arrêté, par les nazis cette fois, le , au lendemain de l'incendie du Reichstag.

Il est assassiné le par des SS au camp de concentration d'Oranienburg.

BibliographieModifier

  • La République des conseils de Bavière, La Digitale / Spartacus, 1999
  • Ascona, La Digitale, 2002
  • Bohème et révolution, journaux intimes, Les éditions du Sandre, 2011
  • Ambroise Got, La Terreur en Bavière (1919), Perrin, 1922, lire en ligne, version txt.
  • Michael Löwy : Rédemption et utopie. Le judaïsme libertaire en Europe centrale, Paris, éditions du Sandre, 2009.


RéférencesModifier

  1. Notre Europe, quelle histoire ! (9-10) - Documentaire télévisé diffusé sur la chaîne Arte, produit par ZDF et réalisé par Christel Fromm, Martin Carazo.
  2. Henry Bogdan, Histoire de la Bavière, Perrin, , p. 247-254
  3. Henry Bogdan 2007, p. 258-259.
  4. a et b Henry Bogdan 2007, p. 259-260.
  5. Henry Bogdan 2007, p. 261.
  6. Henry Bogdan 2007, p. 262.

Articles connexesModifier

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