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Frontispice de la traduction latine par Tremellius de l'Ancien Testament, vers 1590.

Emmanuele Tremellio dit Tremellius (né en 1510 à Ferrare ; † 9 octobre 1580 à Sedan) est un théologien hébraïsant réformé d'origine italienne. Il traduisit l’Ancien Testament directement depuis l'hébreu, renouvelant par là la version traditionnelle de la Vulgate.

BiographieModifier

Tremellius est né en 1510 de parents juifs. Il a étudié à l'université de Padoue. Vers 1540 il a été baptisé dans l'église catholique sous l'influence du cardinal Pole. Il s'est converti au protestantisme l'année suivante. À Lucques, Pierre Martyr Vermigli lui fit connaître la pensée de Jean Calvin.

Il quitta l’Italie pour Strasbourg pour enseigner l'hébreu. Il fuit la guerre de Smalkalde et se réfugie en Angleterre en 1547 à l’invitation de Thomas Cranmer, archevêque de Cantorbéry qui l'accueille à Lambeth Palace. Il enseigne l’hébreu à l’Université de Cambridge. En 1549, il succède à Paul Fagius comme professeur regius d'hébreu de Cambridge[1], mais lorsqu’en 1553 Marie Tudor est monté sur le trône, il a dû repartir pour le continent. De 1554 à 1558 il a trouvé un emploi de précepteur des princes de la maison de Palatinat-Deux-Ponts, avant de devenir en 1559 le premier recteur de l'école cantonale de Hornbach (le futur lycée Herzog-Wolfgang de cette ville). En 1561 il est choisi comme professeur d'études bibliques à Heidelberg[2]. Il a traduit en latin la Bible à partir de l'hébreu et du syriaque avec François du Jon. Les cinq parties de l'Ancien Testament ont paru à Francfort entre 1575 et 1579.

Chassé de l'électorat à l'avènement de l’électeur Louis VI en 1577[3], il se retira à Sedan où il a obtenu une chaire d'hébreu[4] et où il a passé ses dernières années.

Tremellius est l'auteur d'une grammaire de l’araméen et du syriaque. Il est surtout connu pour sa traduction en latin de l'Ancien Testament depuis l'hébreu et le syriaque (1569-79).

Il s'est marié à Metz à sa sortie de l'Italie dont il a eu une fille mariée avec François du Jon.

PublicationsModifier

  • Cathechismus hebraïcus, 1554
  • In Hoseam prophetam interpretatio & ennaratio, Heidelberg, 1563 [2]
  • Jonathanis filii Uzziel Chaldaïca paraphrasis. Prophetas minores, Heidelberg, 1567
  • Grammatica Chaldea & Syria, 1569, publié avec l'ouvrage suivant
  • Novum testamentum græcè & latinè, ex versionis Theodori Bezæ secunda editione cum interpretatione syriaca, hebræis typis descripta, plerisquque etiam locis emendata ; eadem latino dermone reddita, 1569
  • Biblia sacra, Heidelberg, 1575-1579. La traduction de la Bible a été faite à Heidelberg. Le Nouveau Testament ne se trouve pas dans la première édition mais se trouve dans les éditions suivantes

Notes et référencesModifier

  1. Frédéric Lichtenberger, Encyclopédie des sciences religieuses, Librairie Sandoz et Fischbacher, Paris, 1878, tome 4, p. 673 (lire en ligne)
  2. Kenneth 2007, p. 97
  3. Kenneth 2007, p. 170
  4. Charles Peyran, Histoire de l'ancienne Académie réformée de Sedan, thèse présentée à la faculté de théologie protestante, 22 juin 1846, Strasbourg : Veuve Berger-Levrault, 1846 [1], p.12.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (fr) « Emanuel Fremellius », dans Jean-Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, chez Briasson, Paris, 1739, tome 40, p. 102-107 (lire en ligne)
  • (fr) Claude Fleury, Histoire ecclésiastique, chez Eugène Henry Fricx, Bruxelles, 1739, tome 35, Depuis l'an 1570 jusqu'en 1584, livre 175, LXXIX, p. 445-446 (lire en ligne)
  • (fr) « Tremellius (Emmanuel) », Frédéric Lichtenberger, Encyclopédie des sciences religieuses, Librairie Sandoz et Fischbacher, Paris, 1882, tome 12, p. 202 (lire en ligne)
  • (de) W. Becker: Immanuel Tremellius, ein Proselytenleben im Zeitalter der Reformation, 1890
  • (en) Austin Kenneth, From Judaism to Calvinism: The Life and Writings of Immanuel Tremellius (c. 1510-1580), Ashgate Publishing, Ltd., coll. « St. Andrews studies in Reformation history », , 223 p. (ISBN 978-0754652335)

Liens externesModifier