Elapidae
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Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Serpentes
Infra-ordre Alethinophidia
— non-classé — Macrostomata
— non-classé — Caenophidia
— non-classé — Colubroides
— non-classé — Colubriformes
— non-classé — Endoglyptodonta
Super-famille Elapoidea

Famille

Elapidae
Boie, 1827

Synonymes

  • Hydrophiidae Boie, 1827
  • Elapinae Boie, 1827
  • Bungarinae Eichwald, 1831
  • Notechinae Eichwald, 1831
  • Acanthophiinae Dowling, 1967

Les Elapidae sont une famille de serpents qui compte à la fois des espèces terrestres et des espèces marines. On les trouve sur tous les continents hormis l'Europe, ainsi que dans plusieurs océans. Ce sont des serpents venimeux à dentition protéroglyphe, et un certain nombre comptent parmi les serpents les plus dangereux du monde, comme les cobras, mambas, taïpans, bongares, serpents-corail, serpent marins, etc. Cette famille compte notamment en son sein les deux serpents aux venins les plus toxiques connus : le serpent terrestre Oxyuranus microlepidotus et le serpent marin Enhydrina schistosa[1],[2].

DescriptionModifier

MorphologieModifier

La plupart des espèces possède des pupilles rondes et présentent un aspect géneral proche des couleuvres, mais on trouve également des pupilles verticales, principalement dans le genre Acanthophis qui présente un cas interessant de convergence évolutive avec les Viperidae. Les plus grands spécimens dépassent les 3 mètres (mamba noir, taipan côtier) ; voire les 5 mètres pour le cobra royal. Au demeurant, les tailles sont plus modestes pour les serpent corail et les bongares. Les serpents marins (sous famille des hydrophiinae) présentent des adaptations à ce mode de vie, le corps est aplati latéralement . Certaines espèces ne retournent jamais à terre, même pour la reproduction, elles donnent naissance à des petits formés (viviparité) et présentent une réduction des écailles ventrales. Le poumon gauche est généralement réduit ou absent mais les espèces marines possèdent souvent un poumon trachéal.

ComportementModifier

Selon les genres, ils ont des mœurs terrestres semi-fouisseuses (serpents corail), arboricoles ou semi-arboricoles (Pseudohaje et Dendroaspis), voire aquatiques (serpents de mer). Ils sont parfois diurnes comme Dendroaspis ; mais demeurent principalement nocturnes, (Acantophis, 'Bungarus, Naja).

Certaines espèces sont ovipares (serpents corail, Oxyuranus, Demansia…), d'autres sont ovovivipares (Hemachatus, Acanthophis, Cryptophis, Drysdalia, Glyphodon, Pseudechis, Tropidechis) et enfin, quelques espèces sont vivipares (Denisonia).

Dentition et veninModifier

 
Vue latérale d'un crâne de cobra royal montrant la dentition protéroglyphe des élapidés.

Les Elapidae sont des serpents venimeux protéroglyphe, les crochets courts et fixes sont situés en avant du maxillaire, ceux ci ne peuvent pas être érigés comme ceux des vipères (famille des Viperidae). Au lieu de cela, les Elapidae doivent réellement mordre leur proie au lieu de les poignarder à la manière des vipères. Lorsque la bouche est fermée, les crochets se logent dans des creux de la mâchoire inférieure. La dentition protéroglyphes est un caractère propre aux Elapidae. l'envenimation est facilitée par morsure car les crochets sont cannelés (cobra, mamba, taipan, serpent marin) et les glandes à venin très actives. Ces crochets sont parfois modifiés pour pouvoir projeter du venin (Hemachatus, Naja nigricollis).

Néanmoins les venins sont très puissants et c'est d'ailleurs dans cette famille que l'on regroupe les espèces les plus venimeuses. Les venins sont principalement neurotoxiques car, si les crochets sont courts, le venin, qui a un tropisme neurotrope, n'a pas besoin d'être injecté profondément. De plus, le mode d'action est bref.

RépartitionModifier

Les élapidés terrestres sont répartis dans les régions tropicales et subtropical du monde entier, ils sont absents d’Europe et de certains milieux insulaires comme Madagascar. C’est en Australie que l'on trouve le maximum de diversité génerique pour cette famille, seul un genre terrestre (Micrurus) est présent dans le nouveau monde. Les serpents marins sont présents dans les mers tropicales chaudes de l'océan indien et de l'océan pacifique[3].

Liste des genresModifier

Selon Reptarium Reptile Database (26 août 2014)[4] :

TaxinomieModifier

Les Hydrophiinae étaient auparavant considérés comme une famille séparée, les Hydrophiidae. Cependant les phylogénies actuelles considèrent que les Hydrophiinae sont inclus au sein des Elapidae[5],[6], en faire une famille à part rend le taxon elapidae paraphyletique et donc invalide.

Les Elapidae stricto sensu sont parfois découpés en sous-familles : Acanthophiinae, Bungarinae, Elapinae et Notechinae[réf. nécessaire].

Le genre-type s'est à l'origine appelé Elaps qui est synonyme de Micrurus.

ÉtymologieModifier

Le terme « Elapidae » vient du grec ἔλοψ, « élops », qui signifie « sorte de couleuvre »[7].

Publication originaleModifier

  • Boie, 1827 : Bemerkungen über Merrem's Versuch eines Systems der Amphibien, 1. Lieferung: Ophidier. Isis von Oken, Jena, vol. 20, p. 508-566 (texte intégral)

BibliographieModifier

  • Zaher, Grazziotin, Cadle, Murphy, Moura-Leite & Bonatto, 2009 : Molecular phylogeny of advanced snakes (Serpentes, Caenophidia) with an emphasis on South American Xenodontines: a revised classification and descriptions of new taxa. Papéis Avulsos de Zoologia (São Paulo) vol. 49, n. 11, p. 115‑153 (texte intégral).

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Mark O'Shea (en), Venomous Snakes of the World, New Jersey, Princeton University Press, (lire en ligne)
  2. (en) Snake venom
  3. Stidworthy J. 1974. Snakes of the World. Grosset & Dunlap Inc. 160 pp. (ISBN 0-448-11856-4).
  4. Reptarium Reptile Database, consulté le 26 août 2014
  5. « Elapidae », ITIS (consulté le 2 février 2020)
  6. (en) Jason L.Strickland, Sharon Carter, Fred Kraus, Christopher L. Parkinson, « Snake evolution in Melanesia: origin of the Hydrophiinea(Serpentes, Elapidae), and the evolutionary history of the enigmatic New Guinean elapid Toxicocalamus », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 178,‎ (lire en ligne).
  7. Anatole Bailly, Dictionnaire Grec-Français, Hachette, , 2193 p. (lire en ligne), p. 649