El Fascio

journal fasciste espagnol

El Fascio
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue Espagnol
Périodicité Hebdomadaire
Genre Propagande fasciste
Prix au numéro 15 céntimos
Date de fondation
Date du dernier numéro
Ville d’édition Madrid

Directeur de publication Manuel Delgado Barreto (es)

El Fascio, sous-titré « Haz Hispano » (faisceau hispanique), est une publication périodique espagnole de tirage originellement hebdomadaire, imprimé à Madrid.

Proches des idées fascistes, en particulier de José Antonio Primo de Rivera, il est saisi dès le deuxième numéro.

HistoireModifier

Il apparaît comme réaction à la montée du fascisme en Allemagne et au triomphe d'Adolf Hitler lors des élections législatives allemandes de mars 1933[1]. Il le fait pour propager la doctrine fasciste et unir dans l'action les phalangistes et les juntistes espagnols menés respectivement par José Antonio Primo de Rivera et Ramiro Ledesma Ramos, qui deviennent d'ailleurs des collaborateurs du titre de presse[2].

L'entête agrémenté d'un joug et de sept faisceaux[2], El Fascio a une ligne éditoriale portant sur une idéologie plus proche des idées de Primo de Rivera que du fascisme[3] bien que Stanley Payne remarque que ses articles défendent l'implantation en Espagne d'un État fasciste avec un modèle similaire à celui de l'Italie[1]. D'ailleurs, l’ambassade italienne à Madrid a apporté sa collaboration dès le premier numéro[4]. Selon Gibson, « l'idée [de José Antonio Primo de Rivera et de Delgado Barreto] était de fonder une grande revue fasciste, avec un grand tirage, prévu alors de 150 000 exemplaires[5]. » Manuel Delgado Barreto, qui dirige également La Nación[N 1], demande aux fascistes espagnols de se regrouper en « assemblées d'attaque et de défense contre les ennemis[N 2] de l'Espagne », se moque du libéralisme et de la démocratie et accuse les socialistes de vouloir imposer une dictature. Il montre son admiration pour Mussolini et Hitler et défend la formation d'un État corporatif, c'est-à-dire national-syndicaliste et catholique, et cherche un chef de leur trempe en Espagne[2].

Dans ces conditions, un seul numéro est finalement publié, le 16 mars 1933[N 3]. En effet, de nombreux marchands boycottent la diffusion[2] et le gouvernement républicain saisit le journal avant la publication du second numéro[6]. Ricardo de la Cierva décrit cette mesure comme « une séquestration policiaire[4] » ; Eduardo González Calleja (es) la qualifie d'« action démesurée » et Ian Gibson la considère comme étant « une erreur très grave »[5].

À noter qu'une édition fac-similée est publiée en 2004[2].

CollaborateursModifier

Son directeur est Manuel Delgado Barreto (es).

Plusieurs personnalités de renom collaborent dans ce journal, comme Rafael Sánchez Mazas — qui a découvert et s'est senti proche des idées fascistes italiennes lors de son séjour à Rome (1922-1929) —, Ramiro Ledesma Ramos, Juan Aparicio López, Juan Pujol Martínez (es)[3] et José Antonio Primo de Rivera, qui a signé l'article doctrinal sous le pseudonyme de « E. », du nom de son titre de marquis[2],[5]. D'autres noms apparaissent dans la publication : Ernesto Jiménez Caballero, Julio Fuertes, César Ordaz et D. Delave[2].

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Le journal La Nación était le porte-parole officieux de la Dictature de Primo de Rivera[2].
  2. Les ennemis des fascistes étant les communistes et la franc-maçonnerie[2].
  3. Ce numéro est constitué de 16 pages et contient de nombreuses publicités[2].
Références
  1. a et b Payne 1999, p. 78.
  2. a b c d e f g h i et j (es) « Fiche d’El Fascio sur l'hémérothèque digitale », sur BNE (consulté le ).
  3. a et b González Calleja 2012.
  4. a et b Cierva 1981, p. 151.
  5. a b et c Pérez Coterillo 1980, p. 50.
  6. Pérez Coterillo 1980, p. 49-50.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (es) Ricardo de la Cierva, Historia general de España : La Segunda República, vol. 10, Planeta, (ISBN 978-84-85753-00-0).  
  • (es) Eduardo González Calleja, « La prensa carlista y falangista durante la Segunda República y la Guerra Civil (1931-1937) », El Argonauta español, no 9,‎ (ISSN 1765-2901, lire en ligne).
  • (en) Stanley G. Payne, Fascism in Spain, 1923–1977, University of Wisconsin Press, , 601 p. (ISBN 978-0-299-16564-2, lire en ligne).
  • (es) Moisés Pérez Coterillo, « José Antonio, un esqueleto en el armario », ABC,‎ , p. 48-51 (lire en ligne).

Liens externesModifier