Ouvrir le menu principal
Deux divinités féminines
Sogdian-Zoroastrian Deities, Tunhwang.jpg
Artiste
inconnu
Date
Xe siècle
Type
peinture monochrome
Dimensions (H × L)
30,5 × 37,8 cm
Localisation

Le dessin « Deux divinités féminines », ou « Divinités sogdiennes » (anglais : Sogdian Deities[1]; chinois traditionnel : 粟特神祇白畫), est une peinture monochrome découverte par Paul Pelliot aux grottes de Mogao, se trouve actuellement dans la Bibliothèque nationale de France. Il a été peint au Xe siècle (fin de la dynastie Tang et la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes) et est probablement associée à le culte zoroastrien des sogdiens[2]. L’historien Zhang Guangda (zh) voit dans les dépenses de « papier à image » en rapport avec le culte mazdéen des feuilles « de papier pour peindre les divinités mazdéennes destinées au saixian[note 1] », cette peinture en serait un exemple[3].

Sommaire

DescriptionModifier

Les deux dames, assises face-à-face, la tête ceinte d’une auréole. Les deux sont représentées avec divers attributs : la dame à gauche, qui est assise sur un trône rectangulaire soutenu par une rangée de pétales de lotus, tient une coupe et un chien sur un plateau. Celle de droite est assise sur un chien ou loup, elle à quatre bras, les deux supérieurs soutenant les disques du soleil et de la lune, les deux inférieurs tenant un scorpion et un serpent. Les deux femmes portent une coiffure caractéristique, surmontée d’une sorte de bulbe (ou en forme de pêche) qui ne paraît pas chinoise.

AnalysesModifier

 
Les dames ouïghoures portent la même coiffure, Xe siècle.

La peinture avait été publiée dans l’ouvrage The Line Drawing of Dunhuang de Jao Tsung-I (en) en 1978, mais n’a suscité l’intérêt des chercheurs depuis qu’il était affiché dans l’exposition Sérinde en 1995[1].

La coiffure en forme de pêche ressemble à la coiffure de la princesse ouïghoure. Le vêtement de celle de gauche, tout au moins, ne semble pas correspondre à la mode chinoise de l’époque. Les deux divinités représentées sont l’expression de croyances étrangères.

Selon Jiang Boqin, un professeur de l’Université Sun-Yat-sen, c’est une peinture zoroastrienne, et la dame à quatre bras est une déesse sogdienne ou zoroastrienne dont le nom est Nanā[4], la déesse originaire de Mésopotamie[5]. L’historien Zhang Guangda croit que la femme à gauche représente Daênâ, celle de droite représente Daēva. Jiang Boqin d’accord avec Zhang Guangda que la femme à gauche étant Daênâ, mais il a déterminé que celle à droite est la déesse Nanā[6].

NotesModifier

  1. Le saixian (賽祆) est une forme de culte populaire, une fête zoroastrienne célébrée par les sogdiens dans la Chine ancienne.

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Lilla Bikfalvy Russell-Smith, « Wives and Patrons : Uygur Political and Artistic Influence in Tenth-century Dunhuang », Acta Orientalia Academiae Scientiarum Hungaricae, vol. 56, nos 2/4,‎ , p. 411 (lire en ligne, consulté le 25 juillet 2018).
  2. « Deux divinités féminines », sur europeana.eu, (consulté le 25 juillet 2018).
  3. Jean-Pierre Drège, Études de Dunhuang et Turfan, Genève, Librairie Droz, (ISBN 978-2-600-01132-7, lire en ligne), p. 64.
  4. (zh-Hant) Wu Yu, « 姜伯勤《中國祆教藝術史》書評 », sur schina.ust.hk,‎ (consulté le 25 juillet 2018).
  5. Svetlana Gorshenina et Claude Rapin, De Kaboul à Samarcande : Les archéologues en Asie centrale, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie » (no 411), , 160 p. (ISBN 978-2-070-76166-1), p. 107.
  6. (zh-Hant) Wang Xusong, « 敦煌與中外關係史研究三十年 », sur xjass.cn,‎ (consulté le 25 juillet 2018).

Liens externesModifier