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David Engels
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David Engels en 2018.
Biographie
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VerviersVoir et modifier les données sur Wikidata
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Société Mommsen (d)
Oswald Spengler Society for the Study of Humanity and World History (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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David Engels (né le à Verviers) est un historien belge, il est actuellement professeur de recherche à l'Instytut Zachodni à Poznan.

BiographieModifier

David Engels, originaire de la Communauté germanophone de Belgique, réalise des études d’histoire, de philosophie et de sciences économiques à l’Université technique de Rhénanie-Westphalie à Aix-la-Chapelle (RWTH) de 1997 à 2002. Après avoir bénéficié d’une bourse de la Studienstiftung des deutschen Volkes, il soumet en 2005 une thèse doctorale portant sur la divination romaine et intitulée Das römische Vorzeichenwesen (753–27 v.Chr.). Quellen, Terminologie, Kommentar, historische Entwicklung (La divination romaine (753-27 ACN). Sources, terminologie, commentaire, mise au point historique), thèse défendue en 2006 et publiée en 2007. À partir de 2005, Engels exerce la charge d’assistant à la chaire d’histoire ancienne de la RWTH-Aachen, dirigée par Raban von Haehling[1]. En 2008, il est nommé titulaire de la chaire d’histoire romaine à l’Université libre de Bruxelles (ULB)[2]. En 2009, il devient également rédacteur de la section d’histoire romaine de Latomus. Revue d’études latines, dirigée à l’époque par Carl Deroux, puis est désigné rédacteur en chef et, de 2012 à 2017, directeur général de l’institution[3]. Engels se spécialise dans le domaine de l’histoire de la religion romaine et des institutions de l’empire des Séleucides, mais est également actif dans l’histoire des réceptions de l’Antiquité et de la philosophie de l’histoire. Il s'exprime régulièrement dans la presse francophone et germanophone sur des questions d'actualité européennes, notamment chez Atlantico[4], dans Le Vif/L'Express, chez "Cicero", "Cato" ou la "Tagespost".

Dès 2007, Engels dirige plusieurs projets de recherche qui aboutissent tous dans la publications d'ouvrages collectifs. Ainsi, de 2007 à 2008, il dirige, avec Carla Nicolaye, un projet de recherche interdisciplinaire sur la symbolique culturelle de l’abeille de l’Antiquité à nos jours, finalisé en 2008 avec la publication des résultats sous le titre Ille operum custos. Kulturgeschichtliche Beiträge zur antiken Bienensymbolik und ihrer Rezeption. En 2008, Engels prend, avec Lioba Geis et Michael Kleu, la direction d’un autre projet de recherche, consacré cette fois aux diverses formes d’exercice du pouvoir en Sicile, publié en 2010 sous le titre Zwischen Ideal und Wirklichkeit. Herrschaft auf Sizilien von der Antike bis zum Spätmittelalter. En 2009 finalement, Engels supervise, avec Didier Martens et Alexis Wilkin, un projet de recherche localisé à l'ULB et consacré au phénomène culturel de la « destruction » (La destruction dans l'histoire. Pratiques et discours), finalisé en 2013 avec la publication d'un ouvrage thématique réunissant les contributions des divers collaborateurs. Dans la suite du premier Belgian Workshop in Ancient History, organisé à la fin de 2010 et consacré à la compétition entre les religions de l'Antiquité, Engels publie en 2014 avec Peter Van Nuffelen l'ouvrage collectif résultant des diverses présentations. En 2015, il publie un ouvrage collectif consacré aux conceptions biologistes et cycliques dans la philosophie de l'histoire (Von Platon bis Fukuyama), livre issu d'un cycle de conférences organisé par Engels à l'Université libre de Bruxelles. Engels est également impliqué dans les recherches sur l'histoire régionale et édite, en 2015, avec Carlo Lejeune, le premier volume de Grenzerfahrungen, une histoire de la Communauté germanophone (époques Antiquité et Moyen Âge). En 2017, Engels publie, dans la série Studia Hellenistica, sous le titre de Benefactors, Kings, Rulers, une série d'études consacrées à l'empire séleucide; ouvrage thématiquement lié au volume collectif Rome and the Seleukid East qu'il édite en 2019 avec Altay Coşkun.

En 2013, Engels publie, aux éditions du Toucan, une monographie ancrée dans la tradition historique d’Oswald Spengler et d’Arnold Toynbee et consacrée à la crise identitaire actuelle de l’Union européenne. Dans son essai, intitulé de manière programmatique Le Déclin, Engels compare systématiquement, à l’aide de douze indicateurs, divers aspects de la construction de l’identité collective de l’Union européenne avec des symptômes de crise de la République romaine tardive. Le livre devient un certain succès de librairie[5] et lance un vif débat sur l'actualité de l'Antiquité romaine pour l'importance de l'Europe contemporaine. Une traduction allemande rédigée par l'auteur et largement augmentée paraît en 2014 chez Europa Verlag Berlin et est élue « meilleur essai septembre 2014 » par le Süddeutsche Zeitung et le Norddeutscher Rundfunk[6]; en 2017 paraissent des traductions croate et hongroise. De son côté, Philippe Arnaud, critique au journal Le Monde, conclut sur cet essai que : « Si le repli sur soi n'est pas la solution, l'Europe, suggère David Engels, doit assumer de façon critique son héritage et ses traditions, plutôt que de les occulter. En jargon d'aujourd'hui, cela s'appelle le "soft power". Une autre façon de dire que l'Europe n'est ni une frontière, ni un laboratoire, mais un espace politique qu'il s'agit de penser et de bâtir. »[7],[8],[9].

En 2017, analysant l'évolution récente de l'Europe, il avance que « nous n’avons aucune chance d’éviter une guerre civile ». Selon lui, cette guerre civile prendrait la forme de « banlieues qui échappent au contrôle de l’État. Avec des territoires où règnent des groupes paramilitaires, ethniques ou religieux. Avec une criminalité galopante. Avec une faillite économique et un total immobilisme politique. » Il avance que « les principaux partis allemands ne veulent pas admettre la pauvreté croissante, la perturbation culturelle et politique croissante et la perte de confiance dans la démocratie. » Cette situation serait comparable à celle de la fin de la République romaine[10]. Et, en 2018, il situe la crise des gilets jaunes en France comme participant de la même évolution[11].

L'intérêt pour une vision cyclique de l'Histoire et pour le philosophe Oswald Spengler se manifeste aussi en 2018 dans l'édition, avec l'économe Max Otte et le politologue Michael Thöndl, d'un volume collectif intitulé Der lange Schatten Oswald Spenglers, commémorant le centième anniversaire de la publication du Déclin de l'Occident. Ce volume est le premier produit de la Oswald Spengler Society, fondée en 2017 par les trois éditeurs et dont Engels est le président. La Spengler Society attire l'attention d'un public plus large en 2018 quand elle décerne le premier "Spengler Prize" à l'écrivain Michel Houellebecq et publie les discours tenus à cette occasion en 2019[12].

A partir de 2018, Engels prend congé de sa chaire bruxelloise afin de pouvoir accepter la proposition de travailler en tant que professeur de recherche à l'Instytut Zachodni à Poznan, où il est responsable pour l'analyse de l'histoire intellectuelle de l'Occident, de l'identité européenne et des relations germano-polonaises[13]. Dans ce contexte, il édite, en 2019, le volume collectif Renovatio Europae, destiné à esquisser les contours d'une réforme conservatrice des institutions européennes, et dans lequel il introduit pour la première fois le terme "Hespérialisme", défini comme une combinaison entre patriotisme européen et conservatisme culturel[14]. Quelques semaines après, Engels publie comme complément à Renovatio Europae le petit livre Que faire, dont le titre fait écho à celui de l'ouvrage homonyme "Que faire?" de Tchernychevski. Alors que Renovatio Europae tente de s'adresser aux problèmes collectifs de l'Europe, Que faire se veut un genre de vadémécum individualiste montrant, selon les mots de l'auteur dans une interview donnée au Figaro, « comment nous, amoureux de l’Occident, de son histoire, de son patrimoine et de ses traditions, pouvons faire pour rester fidèle, dans un monde post-européen, à nos convictions intimes, et pour les léguer à nos descendants »[15].

Bibliographie (livres uniquement)Modifier

  • David Engels, Das römische Vorzeichenwesen (753–27 v.Chr.). Quellen, Terminologie, Kommentar, historische Entwicklung, Stuttgart, éditions Franz Steiner, 2007 (Potsdamer Altertumswissenschaftliche Beiträge 22), 877p., (ISBN 978-3-515-09027-8)[16].
  • David Engels, Ille operum custos. Kulturgeschichtliche Beiträge zur antiken Bienensymbolik und ihrer Rezeption. Édité avec Carla Nicolaye, Hildesheim-Zurich-New York, éditions Olms, 2008 (Spudasmata 118), 318p., (ISBN 978-3-487-13606-6).
  • David Engels, Lioba Geis et Michael Kleu (éds.), Zwischen Ideal und Wirklichkeit. Herrschaft auf Sizilien von der Antike bis zum Spätmittelalter, Stuttgart, éditions Franz Steiner, 2010, 365p., (ISBN 978-3-515-09641-6).
  • David Engels, Le Déclin. La crise de l'Union européenne et la chute de la République romaine. Quelques analogies, Paris, éditions du Toucan, 2013, 384p., (ISBN 978-2-810-00524-6)[17], [18], [19], [20]. Traduit du français vers le croate sous le titre: Zalazak. Kriza Europske unije i pad Rimske republike - nekoliko povijesnih analogija, Zagreb, Litteris, 2017, 343p. (ISBN 978-953-7250-86-7)
  • David Engels. Didier Martens et Alexis Wilkin (éds.), La Destruction dans l'histoire. Pratiques et discours, Bern - Berlin - Bruxelles - Frankfurt a.M. - New York - Oxford - Wien, Éditions Peter Lang, 2013, (ISBN 978-2-87574-006-9).
  • David Engels et Peter Van Nuffelen (éds.), Religion and Competition in Antiquity, Bruxelles, Éditions Latomus, 2014, 307p[21].
  • David Engels, Auf dem Weg ins Imperium. Die Krise der Europäischen Union und der Untergang der römischen Republik. Historische Parallelen (traduction allemande de "Le Déclin" fortement augmentée et revue par l'auteur), Berlin - München, Europa Verlag Berlin, 2014, 544p. (ISBN 978-3944305455). Traduit de l'allemand vers le hongrois sous le titre: A Birodalommá válás útján. Az Európai Unió válsága és a Római Köztársaság hanyatlása. L'Harmattan Kiadó, Budapest, 2017, 342p. (ISBN 978-963-414-114-3).
  • David Engels (éd.), Von Platon bis Fukuyama. Biologistische und zyklische Konzepte in der Geschichtsphilosophie der Antike und des Abendlandes, Bruxelles, 2015, 336p. (ISBN 978-90-429-3274-6).
  • Carlo Lejeune et David Engels (éds.), Grenzerfahrungen, Band 1: Villen, Dörfer, Burgen. Eine Geschichte der Deutschsprachigen Gemeinschaft Belgiens, Eupen, Grenz Echo-Verlag, 2016, 304p. (ISBN 978-3-86712-104-0).
  • David Engels, Benefactors, Kings, Rulers. Studies on the Seleukid Empire between East and West, Leuven, Peeters, 2017 603p. (ISBN 978-90-429-3327-9).
  • David Engels, Max Otte et Michael Thöndl (éds.), Der lange Schatten Oswald Spenglers. Einhundert Jahre Untergang des Abendlandes, Lüdinghausen - Berlin, Manuscriptum, 2018, 176p. (ISBN 978-3-944872-71-1).
  • Michel Houellebecq, David Engels, Gerd Morgenthaler et Max Otte, Michel Houellebecq, Oswald Spengler und der Untergang des Abendlandes. Reden anlässlich der Verleihung des Oswald Spengler-Preises an Michel Houellebecq. Brüssel, 19. Oktober 2018, Lüdinghausen - Berlin, Manuscriptum, 2019, 150p. (ISBN 978-3944872919).
  • Altay Coşkun et David Engels (éds.), Rome and the Seleukid East. Selected Papers from the Seleukid Study Day V, Brussels, 21-23 August 2015, Bruxelles, Éditions Latomus (Collection Latomus 360), 2019, 512p. (ISBN 978-90-429-3927-1).
  • David Engels (éd.), Renovatio Europae. Plädoyer für einen hesperialistischen Neubau Europas, Lüdinghausen - Berlin, Manuscriptum, 2019, 220p. (ISBN 978-3-948075-00-2).
  • David Engels, Que faire? Vivre avec le déclin de l'Europe, Groningen, Blue Tiger Media, 2019, 122p. (ISBN 9789492161833).

EntretienModifier

Entretien (en anglais) avec Henk de Berg (2017)

-- Première partie

-- Deuxième partie

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. Voir la présence de David Engels sur le site de la RWTH
  2. Voir la présence de David Engels sur le site de l'Université libre de Bruxelles
  3. Voir le site officiel de la revue et collection Latomus
  4. Voir la liste des interventions sur: http://www.atlantico.fr/search/site/David%20ENgels
  5. Voir l'interview avec Yanick Urrien sur Kernews, 6 mai 2013
  6. (de) « Buchmarkt », (consulté le 27 août 2014)
  7. Ph. Arnaud, in Le Monde du 11 février 2013, en ligne.
  8. Lieve Van Hoof, « David Engels, Le déclin. La crise de l'Union européenne et la chute de la république romaine. », sur Cairn.info,
  9. A. McAuley, Bryn Mawr Classical Review 2014.01.13.
  10. (de) Historiker David Engels: "Wir haben keine Chance, einen Bürgerkrieg zu vermeiden", huffingtonpost.de, 1er février 2017
  11. « Les Gilets jaunes et la fin de la République romaine », sur www.historia.fr, (consulté le 12 août 2019)
  12. Axel Rüth, « Houellebecq & Spengler: Gebärmütter als Hoffnung für das Abendland », Welt,‎ (lire en ligne, consulté le 5 août 2019)
  13. « Instytut Zachodni »
  14. David Engels, « L'hespérialisme, une utopie pour l'Europe », sur Valeurs actuelles (consulté le 5 août 2019)
  15. « David Engels : «Le déclin de l’Occident n’est pas un accident de parcours » », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 5 août 2019)
  16. Das römische Vorzeichenwesen : compte rendu chez HSK
  17. Le déclin : compte rendu sur www.lemonde.fr
  18. Le déclin : compte rendu sur le blog du Figaro
  19. Le déclin : compte rendu dans La Libre Belgique
  20. Le déclin : interview dans Le Soir
  21. Voir description et résumé sur le site de la maison d'édition Latomus: http://www.latomus.be/collection/343