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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Courtoisie et Héraldique.
Armes d'alliances contournées par courtoisie héraldique

Le terme courtoisie héraldique désigne la modification d'un blason faite dans un but esthétique, d'équilibre ou d'harmonie.

Quelques exemplesModifier

Armoiries d'allianceModifier

 
Écu parti de Marie de Brabant, reine de France (1275-1285)

Il était fréquent qu'une femme mariée, quand elle faisait usage d’armoiries, arborât les écus accolés de son époux à dextre et de son père à senestre ou qu'elle use d'un écu parti des armes de son mari (à dextre) et de celles de son père à senestre.

Quand, dans les armes du mari figurait un lion ou un quadrupède (qui sont ordinairement dirigés vers dextre), ceux-ci tournaient alors le dos aux armes familiales de la dame ; par courtoisie il était alors fréquent de contourner[1] ces lions ou quadrupèdes pour les faire regarder ou se diriger vers les armes de la dame - de fait c'est l'ensemble du blason qui était alors contourné.


On peut aussi appliquer ceci à une aigle[2] qu'on fait regarder à senestre par courtoisie[3] de la même façon.

De même, il était fréquent de contourner le heaume du mari afin de ne pas tourner le dos à celui de son épouse. Cette règle s'applique encore dans les pays ou l'on trouve parfois 2, 3, 5, 7 heaumes sur l'écu. Ceux de dextre sont alors contournés par courtoisie, prenant une position de face à face avec les heaumes de senestre.

Les armoiries des ducs de Gueldre et de JuliersModifier

On peut rencontrer ce cas dans des armes à plusieurs quartiers représentant des provinces ou des royaumes d'un grand seigneur : s'il se produit que deux lions se trouvent ainsi côte à côte, il arrive qu'on contourne celui de dextre par courtoisie pour la province ou le royaume représenté par le lion de senestre.

Les armoiries d'Alsace-Lorraine et d'AlsaceModifier

Alsace-LorraineModifier

Armoiries du Reichsland Elsass-Lothringen (Terre impériale d'Alsace-Lorraine) adoptées officiellement en 1891. Les armoiries, timbrées d'une couronne princière, reposent sur l'aigle impériale allemande surmontée d'une couronne impériale. Elles combinent les armoiries de la Haute et de la Basse-Alsace contournées par courtoisie héraldique vers celles de la Lorraine. Ces armoiries ont été de facto abrogées lors du retour de ce territoire à la France en 1919.


AlsaceModifier

Autre exemple, les armoiries d'Alsace. Sur l'ancien blason d'Alsace, il a fallu combiner deux autres blasons comportant chacun une bande. Les mettre côte-à-côte sans inversion aurait été disgracieux. D'où le retournement de la Basse-Alsace. Outre le problème esthétique qui, presque à coup sûr, est intervenu à la vue des armoiries de Basse et Haute Alsace, on peut éventuellement considérer que, dans un écu parti, comportant une bande dans chacun des demi-champs, celle de dextre "tourne le dos" à celle de senestre et que, par courtoisie, on contourne cette bande pour en faire une barre afin qu'ainsi elle "regarde" vers la bande de senestre.


Ce n'est pas la seule liberté qu'un artiste puisse prendre en matière de courtoisie héraldique. En effet, une certaine liberté quant à la modification de taille de certains meubles ou de l'écu lui est laissée dans un but esthétique. Exemples :

Les Montmorency et leurs alérionsModifier

Les Montmorency et leurs alérions qui, au fur et à mesure des siècles, sont passés de quatre à seize. Il fallait bien les rentrer sur l'écartelé et ceux des parties 3 et 4 ont dû subir une diminution de la taille pour pouvoir être représentés en entier[4].

Voir aussiModifier

GalerieModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Liens internesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Les animaux des blasons regardent normalement à dextre ; c'est-à-dire qu'ils affrontent du regard leur adversaire. Orienté vers sénestre on dit qu'ils sont "contournés".
  2. L'aigle est une figure héraldique naturelle féminine.
  3. Ce blason n'est donné qu'à titre d'illustration pour l'article, l'aigle étant peut-être déjà contournée avant le parti.
  4. Apparu dans la seconde moitié du XIIe siècle, il ne comportait à l’origine que quatre alérions. Les douze autres furent ajoutés au lendemain de la victoire de la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, après que Mathieu II de Montmorency eut enlevé douze bannières à l’ennemi.
  5. D’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ordonnés 2 et 2.