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Représentation suivant une interprétation littérale de la coupe au bol.

Une coupe au bol ou coupe en écuelle ou coupe en sébile est une coupe de cheveux très simple selon laquelle les cheveux sont coupés en frange droite sur le front et sont de même longueur tout autour de la tête ; elle est parfois accompagnée d'une tonsure entre la base du crâne et la nuque et sur les tempes[1]. Son nom vient du fait que la coupe semble avoir été obtenue en posant un bol sur le crâne et en coupant tous les cheveux qui dépassent. La coupe au bol est appréciée parce qu'elle peut être facilement effectuée par un non-professionnel[1] mais elle est parfois considérée comme un attribut de la pauvreté parce qu'associée à l'impossibilité de payer un coiffeur[1].

HistoireModifier

 
Représentation de Jeanne d'Arc portant armure et coupe en sébile (1937)[2], cathédrale Notre-Dame de Strasbourg.

En Europe, la coupe au bol est apparue au Moyen Âge[3], et a été très populaire pour les hommes entre les XIIe et XVe siècles[1]. Elle était initialement réalisée en posant effectivement un bol[1] ou une calotte en cuir[3] ou en métal sur le crâne et en coupant ou rasant tous les cheveux dépassant (cheveux sur la nuque et les tempes), ce qui laissait seulement comme une calotte sur le dessus de la tête. Pour ce faire, le barbier médiéval employait de manière rudimentaire son « outil essentiel » : des « ciseaux-couteaux à deux branches [...] communément appelés forces »[4].

Selon la médiéviste Françoise Michaud-Fréjaville, la mode de cette coupe « en écuelle » ou en « sébile », avec la nuque et les tempes rasées, s'expliquerait « par la forme des bassinets et la façon d'attacher le camail[5]. » En 1431, la transcription latine des actes du procès de condamnation de Jeanne d'Arc mentionne que la Pucelle avait tonsis capellis in rotundum ad modum mangonum, autrement dit les cheveux « rasés en rond comme un coquet, un jeune à la mode. Le mot mangone ne désigne pas un page comme on le traduit d'habitude, mais un personnage qui améliore une apparence pour la présenter à son avantage (« relooker », si j'ose dire) », observe l'historienne[6].

Page boyModifier

Coupe également surnommée « coupe à la Jeanne d'Arc[7] », elle se développe dans les années 1950. Sa caractéristique la plus notable est la frange. Cette coupe est proche de la coupe au carré. Dans les années 1950, la Page boy est coupée au niveau des épaules, puis au niveau des oreilles.

Au début des années 1950, les salons de la Ville de New York ont popularisé ce style. La chanteuse Toni Tennille la portait. Dans le Buffy contre les vampires, Buffy porte une Page boy. AnnaSophia Robb dans Violet Beauregarde et Missi Pyle dans Scarlett Beauregarde de Tim Burton la portent aussi. Véra Dinkley, dans Scooby-Doo , a porté une courte page boy dès sa première apparition. Rei Ayanami porte une shaggy page boy. À la fin de série Kill la Kill, Satsuki Kiryuin coupe ses cheveux en page boy.

ModeModifier

Dans le domaine de la mode, la coupe au bol est associée au coiffeur Vidal Sassoon qui en a créé une version artistique dans les années 1960 pour la styliste Mary Quant[8]. Elle porte alors le nom de « Bob[9] ». Rapidement adoptée par des célébrités britanniques, elle devient aussi à cette époque la coupe de Danièle Gilbert et Mireille Mathieu[8]. Aux États-Unis, la coupe au bol est popularisée par le jeune acteur Adam Rich, qui joue dans la série Huit, ça suffit ! de 1977 à 1981. Durant cette période, des milliers de parents américains adoptent cette coupe pour leur fils[10].

Après être relativement passée de mode, la coupe au bol revient au cours des années 2000 et 2010 en étant portée par, entre autres, Rihanna, Carey Mulligan et Agyness Deyn[9].

RéférencesModifier

  1. a b c d et e (en) « Bowl Haircut at FashionEncyclopedia.com » (consulté le 6 mai 2013)
  2. Daniel Couty, Jean Maurice, Images de Jeanne d'Arc, Presses Universitaires de France, , p. 229
  3. a et b Gilles Bagard, La coupe méthode globale, Gbvéga éditions, , 17 p. (ISBN 978-2-9527538-2-1, lire en ligne)
  4. Lebas et Jacques 1979, p. 336.
  5. Françoise Michaud-Fréjaville, « Cinéma, histoire : autour du thème « johannique » », Cahiers de recherches médiévales, Orléans / Paris, CEMO / Honoré Champion, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville »,‎ , p. 287, n. 10 (lire en ligne).
  6. Françoise Michaud-Fréjaville, « Un habit « déshonnête » : réflexions sur Jeanne d'Arc et l'habit d'homme à la lumière de l'histoire du genre », Francia, Ostfildern, Jan Thorbecke Verlag, vol. 34/1,‎ , p. 179 (ISBN 978-3-7995-8123-3, lire en ligne).
  7. Description sur le site Les femmes aux cheveux courts.com
  8. a et b « Le retour de la coupe au bol : les stars et les podiums s'y mettent », sur Puretrend.com (consulté le 10 juillet 2015)
  9. a et b « Rihanna, Carey Mulligan, Agyness Deyn : la coupe au bol Vidal Sassoon fait des émules : Les stars adoptent la coupe au bol - Beauté Plurielles.fr », sur Plurielles.fr (consulté le 10 juillet 2015)
  10. « "Eight Is Enough" cast: Where are they now, 30 years later? », Fox News,‎ (lire en ligne) FOXNews.com, Jan 15, 2013. Quote: "Playing the youngest of the Bradford clan, Adam Rich was America's little brother. In the late '70s and early '80s, thousands of boys sported a Nicholas-style haircut."

NotesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Catherine Lebas et Annie Jacques, La Coiffure en France du Moyen Âge à nos jours, Paris, Delmas, , 358 p. (ISBN 2-86471-001-3).

Articles connexesModifier

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