Ouvrir le menu principal

En économie comportementale et dans l'analyse de la décision, les coûts irrécupérables (sunk cost en anglais) sont les coûts qui ont déjà été payés définitivement ; ils ne sont ni remboursables, ni récupérables par un autre moyen.

La distinction avec les autres coûts est importante pour les scénarios où l'on envisage, ou bien où l'on craint de subir, de renoncer à, ou de ne plus être en mesure d'utiliser ce qu'ils ont servi à acquérir.

« The Concorde fallacy » ou « l'erreur de jugement du Concorde »[1] fait référence à l'entêtement des gouvernements français et britannique à poursuivre ce projet, pour des raisons politiques et de prestige mais aussi parce que des dépenses considérables avaient été engagées, alors que l'exploitation commerciale non rentable du Concorde était actée dès 1973, une combinaison de facteurs causant l'annulation de la presque totalité des commandes en option. Parmi ceux-ci, il est possible de citer principalement le premier choc pétrolier, les difficultés financières des compagnies aériennes, l'absence de soutien du projet en Amérique du Nord, l'accident au salon du Bourget du concurrent direct soviétique Tupolev Tu-144[2],[3].

Sommaire

Irrationalité dans leur prise en compteModifier

Pour un agent rationnel, ces coûts ne devraient pas peser dans la balance pour les choix qui sont réalisés après qu'ils ont été engagés.

En pratique cependant, ils interviennent souvent dans le raisonnement, du fait de l'aversion à la perte. On désigne en anglais ce biais par le terme de sunk cost fallacy.

Par exemple, un spectateur dans une salle de cinéma qui trouve le film très mauvais et s'ennuie hésitera souvent à quitter la salle avant la fin du film pour ne pas gâcher l'argent qu'il a dépensé pour le billet. Mais si un ami lui a donné le billet gratuitement car il ne pouvait pas se rendre à la séance, le même spectateur n'aura alors généralement aucune hésitation à partir.

Pour un agent parfaitement rationnel, les deux décisions sont pourtant exactement équivalentes, puisque le coût financier de quitter la salle est nul dans les 2 cas, et l'intérêt du temps qu'il va passer à l'extérieur par rapport à celui passé à regarder le film jusqu'à la fin est lui aussi le même.

Notes et référencesModifier

  1. Yannick Coulon, Guide pratique de la finance comportementale, Gualino éditeur, , p. 53.
  2. (en) « Accident description - Tupolev 144S CCCP-77102 », sur aviation-safety.net, AviationSafetyNetwork (ASN) (consulté le 13 avril 2010)
  3. (en) « Tu-144 SST Accidents – Accident cause », sur tu144sst.com (consulté le 13 avril 2010)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier