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Claude-Louis Bruslé de Valsuzenay

homme politique français

BiographieModifier

La Commune de 1792Modifier

Fils d'un procureur au parlement de Paris, Claude-Louis Bruslé perdit son père avant sa majorité, et lui succéda, par dispense d'âge, dans l'exercice de sa charge, qu'il aurait continué à tenir si la Révolution française n'eût supprimé les offices de judicature.

Bruslé, partisan exalté des opinions nouvelles, fut jugé digne de siéger dans la municipalité qui s'installa d'elle-même dans la nuit du 9 au . M Bruslé, membre de la commune du 10 août, était, dans les premiers jours de septembre 1792, l'un des amis les plus intimes de Danton et la société des jacobins n'avait pas de frère plus assidu et plus dévoué ; on l'eût presque cité en exemple aux néophytes.

Après avoir rempli les fonctions de commissaire de la commune de Paris dans plusieurs départements. M. Bruslé, toujours ardent patriote, songea à quelque chose de plus solide : il prit fonction dans l'administration de l'armée, et se jeta dans des entreprises qui ne furent pas inutiles à sa fortune.

En 1793, il participa à l'organisation de la Belgique, puis il fut placé comme adjoint de l'adjudant général César Berthier (an III). C'est ainsi qu'il traversa l'époque la plus orageuse de la Révolution, puis celle qui suivit le 9 thermidor, et les deux premières années du Directoire. Il fut nommé en l'an V (1797) commissaire du régime directorial près le département des Deux-Nèthes. En 1798, élu député de ce département au Conseil des Cinq-Cents : il s'occupa spécialement de discussions sur les finances, et les administrations communales.

Après la révolution du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), il se montra l'adversaire des projets de Sieyès. Il fut écarté du Corps législatif qui s'organisait alors.

Préfet du Premier EmpireModifier

Ambitieux, Bruslé savait que pour avancer, il ne fallait avoir ni mémoire, ni humeur. Il se réconcilia donc peu après avec le gouvernement consulaire et obtint la préfecture de l'Aube (18 ventôse an VIII : ) qu'il conserva jusqu'en 1810.

C'est à ce poste qu'il fut fait Légionnaire (25 prairial an XII : ), puis Officier de la Légion d'honneur (25 germinal an XIII : ), Chevalier de l'Empire (), et enfin Baron de l'Empire ().

Il fut destitué suite à des réclamations qui furent faites par des parents de conscrits qui, ayant payé fort cher, disaient-ils, pour conserver leurs enfants qu'on venait de forcer à partir, et se plaignaient indiscrètement qu'on leur enlevât à la fois et leurs enfants et leurs écus.

Le gouvernement impérial fut de leur avis, quoiqu'il ne leur rendît ni les uns, ni les autres, et pour faire justice à tout le monde, il fit passer M. Bruslé à la préfecture de l'Oise. Il paraît que l'on fut tellement satisfait de la conduite de ce haut fonctionnaire dans le département de l'Oise, que l'on résolut soudain, le , de lui confier l'importante préfecture de la Gironde, qui conservait encore un souvenir reconnaissant de l'administration éclairée, ferme et juste du baron Fauchet.

Appelé à Paris, pour y recevoir ses instructions, le baron de Valsuzenay n'y séjourna que le temps nécessaire pour y être présenté à l'Impératrice Marie-Louise, et prêter entra ses mains, le serment de fidélité qu'il allait trahir quelques mois plus tard. Obligé de s'éloigner de Bordeaux, à l'approche de l'armée anglaise dans laquelle S.A.R. le duc d'Angoulême avait un commandement. M. le baron Bruslé se retira à Angoulême, négocia avec les vainqueurs, et rentra en mai suivant dans ses fonctions où il avait été rétabli par le roi (21 juin 1814).

Maintenu préfet à la RestaurationModifier

M. Bruslé se trouvait ainsi à Bordeaux lors du retour de Buonaparte en 1815. M. Bruslé, d'abord préfet de Napoléon Ier, puis de Louis XVIII, se trouva dans une situation assez difficile lors du retour de Bonaparte, en .

Bien qu'il eut, en homme prudent, « ménagé la chèvre et le chou » en secondant, avec beaucoup de zèle, les vues de Madame, duchesse d'Angoulême d'une part, en ne se prononçant pas de manière à saisir une nouvelle faveur du gouvernement impérial rétabli d'autre part ; la préfecture de la Gironde fut octroyée au baron Fauchet par l'Empereur. M. Bruslé, toujours sans mémoire et sans humeur, partit alors pour Paris, où il assista à des banquets impériaux, but du meilleur cœur du monde et trinqua le plus haut possible, à la santé de Napoléon. Ce ne fut que lorsqu'il eut la certitude de l'inutilité de ses efforts, qu'il se fit sérieusement royaliste.

À la seconde Restauration, le roi fit de son partisan conseiller d'État honoraire () et l'installa à la préfecture de l'Aube qu'il avait déjà administrée.

Le baron Bruslé de Valsuzenay fut admis à la retraite le .

Ce Parisien de naissance mourut dans sa ville natale (ancien 2e arrondissement) le 2 mars 1825. Son cœur est conservé en l'église paroissiale de Barberey-Saint-Sulpice où il était châtelain.

Vie familialeModifier

Seul fils connu de Louis-Charles Nicolas Alexis Sigismond Bruslé ( † avant 1794), procureur puis président de chambre au Parlement de Paris, et Marguerite Penet ; Claude Louis épousa le 7 juin 1800, à Paris, Marie Mélanie de Baussancourt (177414 décembre 1867), issue d'une ancienne famille noble de la Champagne (son père est Edme François Marcel (11 octobre 1723 - Magny-Fouchard2 juillet 1784), baron de Baussancourt, seigneur de Dolancourt, du Magny-Fouchard et de Vauchonvilliers, vicomte de Baussancourt, mousquetaire du roi, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis). Ils eurent ensemble quatre enfants :

FonctionsModifier

TitresModifier

DistinctionsModifier

ArmoiriesModifier

« Armes de baron de l'Empire : Coupé au 1 d'azur, au pal de gueules, chargé du signe des chevaliers légionnaires, accosté à dextre de 3 olives tigées et feuillées d'argent et à senestre de 3 glands de chêne du même ; au 2, d'argent, au lion à la queue fourchée et passée en sautoir de sable, l'épaule dextre chargée d'une étoile d'or ; au canton des barons préfets brochant.[1],[2] »

PublicationsModifier

Hommage, Honneurs, Mentions,...Modifier

ÉpitapheModifier

Son cœur fut déposé dans un monument funéraire en marbre érigé en l'église paroissiale de Barberey-Saint-Sulpice. Sur ce dernier, on peut lire :

ICI REPOSE
LE COEUR DE CLAUDE LOUIS
BRUSLE
BARON DE VALSUZENAY
OFFICIER DE LA LEGION D'HONNEUR
CONSEILLER D'ETAT
1er PREFET DE L'AUBE
SUCCESSIVEMENT PREFET DE L'OISE
ET DE LA GIRONDE
EN 1815.
RAPPELE A LA PREFECTURE DE L'AUBE.
NE A PARIS LE 6 DECEMBRE 1766.
DECEDE DANS LA MEME VILLE LE 2 MARS 1825.
SON EQUITE, SES VERTUS, FIRENT CHERIR
SON ADMINISTRATION.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier