Chauffeur de poids lourd

personne chargée du transport routier de marchandises par camion
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Chauffeur de poids lourd
Truckdriver.jpg
Conducteur de poids lourd au travail.
Fonction
Salaire
2500 à 3000 euros
Codes
CITP
8324 Conducteurs de poids lourds et de camions
CNP (Québec)
7411
FAP (France)
J343 Conducteurs routiers
Statbel (Belgique)
634 Autres conducteurs de véhicules à moteur (sauf autobus)
PCS (France)

218a[1] Transporteurs indépendants routiers et fluviaux, de 0 à 9 salariés

641a[2] Conducteurs routiers et grands routiers (salariés)
ROME (France)
N4101, 43114 (v2)
SEFRI (Suisse)
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Un conducteur de poids lourds, aussi appelé camionneur ou chauffeur routier, est chargé du transport routier réglementé de marchandises par camion.

ActivitésModifier

  • Conduite d'un véhicule destiné au transport et à la livraison de marchandises.
  • Entretien courant de ce véhicule.
  • Peut assurer le chargement et le déchargement des marchandises.
  • Relation courante avec ses clients*.

Selon la distance parcourue (transport local à international), le conducteur peut être amené à s'éloigner de son domicile pour des périodes plus ou moins longues. Les horaires peuvent également être irréguliers et le travail s'effectue en autonomie.

Dans les circulaires internes, les entreprises demandent à leurs conducteurs d'entretenir leur camion, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur (hygiène) et d'une ronde de sécurité avant départ[3]. La principale raison de ce geste est une exigence des entreprises qui considèrent leurs employés comme les représentants de l'entreprise aux yeux des clients ; certains chauffeurs, propriétaires de leur camion, mettent un point d'honneur à conserver leur tracteur rutilant[4].

Les véhicules peuvent être un fourgon tôlé, bâché, une caisse savoyarde (à hauteur réglable), une citerne, une benne, un plateau…

Réglementation européenneModifier

Une réglementation sociale européenne est établie pour protéger les salariés du transport et encadrer la concurrence entre les pays de l'Union. La RSE concerne tous les salariés, ainsi que les travailleurs indépendants, du transport privé et public, conduisant un véhicule d'un PTAC de plus de 3,5 tonnes.

Néanmoins, cette réglementation sociale n'est pas applicable aux chauffeurs des services publics, médicaux, de sauvetage, d'urgence, de dépannage, de collecte de lait, pas plus qu'aux conducteurs de véhicules passant des tests, de transport de marchandises non commerciales dans un but privé, de matériel de fête foraine ou de cirque. Les véhicules dont la vitesse limite est de 30 km/h ne sont pas non plus concernés.

La réglementation sociale européenne impose les durées maximales de conduite par jour et par semaine, ainsi que les périodes de repos obligatoires[5]. Pour les chauffeurs poids lourds des entreprises de transport routier de marchandises, les durées maximales de temps de service journaliers, hebdomadaires et trimestriels sont fixées par un décret spécifique.

La RSE prévoit aussi la collecte et l'archivage[6] des données légales issues du chronotachygraphe en vue de restitution en cas de contrôle.

Il existe deux types de données légales : le C1B (carte conducteur) et le V1B (données véhicule) ; ces données doivent être collectées tous les 28 jours maximum pour les cartes et 95 jours maximum pour les véhicules.

Le chauffeur dispose d'un chronotachygraphe enregistrant sur un disque ou une carte à puce personnelle ses activités classées en cinq temps distincts : la conduite, les autres tâches (chargement/déchargement, entretien du véhicule…), la disponibilité (période où le chauffeur n'effectue aucune tâche mais n'est pas en repos et est à la disposition de l'entreprise : attente de l'ouverture d'une entreprise, temps de chargement/déchargement effectué par un tiers…), interruption de conduite et repos.

Les temps de conduite sont limités à quatre heures trente consécutives suivies d'une interruption de conduite de 45 minutes au minimum, fractionnable en quinze minutes puis trente minutes (dans cet ordre). La durée journalière de conduite est de neuf heures maximum mais peut-être portée à dix, deux fois par semaine. Sur deux semaines consécutives, ce temps de conduite ne doit pas excéder 90 heures.

La durée légale de repos journalier est fixée à onze heures, non fractionnable. Une dérogation permet d'écourter ce temps à neuf heures, trois fois dans une semaine ; les heures de repos manquantes doivent être récupérées avant la fin de la semaine suivante et additionnées à une période minimum de huit heures au domicile du chauffeur.

Un fractionnement est possible, sous les conditions suivantes : le repos quotidien est de douze heures au total, d'un minimum de huit heures consécutives et ne doit pas être inférieur à une heure.

La « coupure du weekend » doit avoir un minimum de 45 heures consécutives. Ce temps de repos peut être réduit à 36 heures ou 24 heures mais le restant doit être récupéré dans les trois semaines suivantes, en une seule fois, additionné à un arrêt de huit heures minimum.

Le temps de travail effectif (ou « temps de service ») ne peut excéder douze heures en horaire normal ou dix heures horaire de nuit (21 heures à six heures, selon la convention transport).

Permis de conduireModifier

FranceModifier

 
Permis français (2012, partiel), avec les différentes catégories, les dates d'obtention et de validité.

L'obtention de ces permis est limitée aux personnes âgées de 18 ans révolus.

Un bilan médical, par un médecin agréé, est obligatoire. La durée de validité de ces permis de conduire est limitée à 5 ans, renouvelables par visite médicale. L'absence de contrôle médical interdit la conduite des véhicules concernés mais n’annule pas le permis. Si la date est passée, le permis est suspendu jusqu'à la confirmation de l'aptitude du titulaire.

En centre de formation pour adultes :

  • titre professionnel (anciennement CFP) de conduite routière sur porteur - filière M 128 ;
  • titre professionnel (anciennement CFP) de conduite routière tous véhicules (porteurs et véhicules articulés) - filière M 148.

Dans un établissement scolaire :

  • CAP de livreur[7] ;
  • CAP de déménageur[8] ;
  • CAP de conduite routière[9] ;
  • bac pro de conducteur transport routier marchandise (CTRM)[10].

Les FIMO, FCOS, CFP et CAP peuvent aussi être obtenus dans des centres de formation privés (auto-écoles par exemple).

Permis CModifier

Le permis C permet la conduite de véhicules isolés (porteurs) de 12 m maximum dont le PTAC est supérieur à 3,5 t, sans excéder 32 t, pouvant tracter une remorque dont le PTAC n'est pas supérieur à 750 kg :

  • 2 essieux : 19 t maximum ;
  • 3 essieux : 26 t maximum ;
  • 4 essieux : 32 t maximum.

Permis CEModifier

Le permis CE permet la conduite d'ensembles routiers (ou ensembles attelés) dont le poids de la (ou des) remorque(s) (parfois appelée(s) traîne(s)) est supérieur à 3,5 t. Le poids total de l'ensemble n'excède pas 44 t, ce tonnage n'est plus réservé uniquement aux transports routiers combinés (maritime/route/train), sans pouvoir dépasser 11 t à l'essieu, pour ceux du véhicule tracteur dans le cas d'un tandem (deux essieux moteur), l'essieu le plus chargé des deux ne peut dépasser 11,5 t.

  • 4 essieux (tracteur + semi-remorque) : 38 t.
  • 5 essieux et plus (idem) : 44 t.

QuébecModifier

Il est nécessaire d'être titulaire du permis de conduire de classe 1 pour conduire un camion semi-remorque. Avoir trois points ou moins d'inaptitude dans le dossier de conduite, n'avoir subi aucune suspension ou révocation du permis de conduire au cours des deux dernières années à la suite d'une infraction au code de la route pour faire un examen de la route pour obtenir un permis de conduire un véhicule lourd[11]. La classe 1 de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ)[12] permet de conduire pratiquement tous les véhicules sauf les motos.

De plus, il peut y avoir les ajouts M (transmission manuelle), F (freins à air comprimé) et T (train routier) ; cette dernière fait l'objet d'une demande spéciale.

FormationsModifier

D'autres formations plus spécialisées existent :

  • ADR Matières dangereuses colis (base obligatoire si on souhaite suivre une spécialisation) ;
  • ADR Matières dangereuses en citernes ;
  • ADR Matières radioactives ;
  • ADR Matières explosives ;
  • Transport sous température dirigée ;
  • Transport de denrées périssables ;
  • Conduite rationnelle et économique des véhicules ;
  • Conduite en montagne.

BelgiqueModifier

En Belgique, il faut avoir 18 ans et être titulaire du permis B pour accéder au permis C/C1 avec CAP (Certificat d'Aptitude Professionnelle). Le permis C concerne les véhicules dont la masse maximale autorisée (MMA) excède 3,5t et le permis C1, les véhicules dont la MMA excède 3,5t sans dépasser 7,5t. Sans CAP l'âge minimum est de 18 ans pour la catégorie C1 et de 21 ans pour la catégorie C. Le CAP est nécessaire pour le transport de marchandises pour compte de tiers. La prolongation de l'aptitude professionnelle se fait via des cours de formation continue pour une durée totale de 35 heures dans un centre agréé. Le certificat d’aptitude professionnelle sera alors prolongé pour une durée de 5 ans. De plus, tout conducteur doit satisfaire à un examen médical (validité maximale de 5 ans) Les permis C/C1 permettent de tracter une remorque dont la masse maximale autorisée n’excède pas 750 kg. Tracter une remorque qui dépasse la masse maximale autorisée de 750 kg nécessite alors un permis E.

États-UnisModifier

Aux États-Unis, un conducteur est limité à 13 heures de temps de travail par jour dont 11 heures de conduite.

FranceModifier

Formation complémentairesModifier

Pour les non-détenteurs de diplôme professionnel, il faut valider la FIMO, puis la renouveler sous l'appellation FCO tous les cinq ans.

QuébecModifier

Une formation optionnelle, menant au diplôme d'études professionnelles (DÉP) en transport par camion[13], existe également pour se familiariser davantage avec le métier.

Les amplitudes sont 13 heures maximum de conduite plus 1 heure de travail et 10 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures. 70 heures maximum de travail pour 7 jours consécutifs et 36 heures de repos pour une remise a zéro pour le cycle 1. Il existe également le cycle 2 ou un conducteur peut échelonner 120 heures en 14 jours. Apres 70 heures il doit cependant faire une pause obligatoire de 24 heures. Et par la suite il peut terminer son cycle de 120 heures. Cette pratique est moins courante que le cycle 1 mais est utilisée pour faire des voyages longue durée inter-provinciaux.

Risques professionnelsModifier

Les principaux risques sont les accidents de la circulation, aggravés par l'amplitude des horaires de travail. Les camionneurs doivent être très prudents en étant conscients des risques que leur véhicule ou ensemble peut faire courir au public (gabarit et poids…). De plus, ils doivent respecter scrupuleusement la législation sous peine de sanctions, ce qui peut devenir néfaste pour leur avenir professionnel en cas d'infraction grave. Les vibrations et la position statique sont également un facteur de risque pour le dos lors de la conduite des véhicules, plus particulièrement lors de la manutention des marchandises. Il faut aussi noter une recrudescence des vols de marchandises lors de l'arrêt des camions sur les parkings, peu de parcs surveillés existent en France mais leur nombre est en constante augmentation.

Les cibistes permettent de communiquer des informations telles que des adresses d'hôtels et de restaurants, l'état des routes (encombrement inhabituel ou coupure d'itinéraire pour cause de travaux ou d'accident…) ainsi que diverses astuces de conduite.

Le risque de tuer un tiers est huit fois plus grand que le risque du chauffeur d'un poids lourds (plus de 3,5 t) de se tuer, en France, en 2012[14]. Un poids lourds est impliqué pour 14,8 personnes tuées en moyenne, par milliard de kilomètres parcourus, ce qui est cinq fois plus élevé que pour un véhicule de tourisme[14] En France, 486 personnes tuées — 13,3 % du total national — lors d'un accident impliquant un poids lourd, en 2012[14].

PerspectivesModifier

La perspective d'une pénurie de pétrole dont les effets pourraient se faire sentir avant 2100, ainsi que la place prise par la défense de l'environnement dans le débat public, avec la promotion des circuits courts et du locavorisme, et l'instauration de taxe poids lourds ou d'écotaxe ainsi que le développement des véhicules robots autonomes, sans chauffeur, fait de ce métier un métier considéré comme non pérenne[Interprétation personnelle ?].

NomenclaturesModifier

CITP 8324 Conducteurs de poids lourds et de camions
CNTP-S H711[15] Conducteurs/conductrices de camions
FAP J343 Conducteurs routiers
INS 634 Autres conducteurs de véhicules à moteur (sauf autobus)
PCS 218a[1] Transporteurs indépendants routiers et fluviaux, de 0 à 9 salariés

641a[2] Conducteurs routiers et grands routiers (salariés)

ROME N4101 Conducteur/conductrice de transport de marchandises (réseau routier)

Métiers apparentésModifier

Routier, chauffeur-livreur, transporteur, artisan transporteur.

Chauffeurs célèbresModifier

  • le chanteur néerlandais Henk Wijngaard a d'abord travaillé comme chauffeur routier, ce qu'il évoque dans sa chanson Met de vlam in de pijp (1978)[16].
  • Massata Cissé, seule femme conductrice de poids lourds d'Afrique de l'Ouest.

Notes et référencesModifier

  1. a et b 218a
  2. a et b 641a
  3. « documents a conserver à bord d'un véhicule lourd », sur saaq.gouv.qc.ca.
  4. « La nouvelle ronde de sécurité : un poids lourd dans la prévention des accidents routiers - Prévention au travail », sur preventionautravail.com (consulté le ).
  5. « Transports routiers : temps de conduite et de repos Conducteurs de véhicules de plus de 3T5 ou de plus de 9 places », sur travail-emploi.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Les obligations », sur opsilog.fr (consulté le ).
  7. ONISEP, « CAP Conducteur livreur de marchandises », sur onisep.fr (consulté le ).
  8. ONISEP, « CAP Déménageur sur véhicule utilitaire léger », sur onisep.fr (consulté le ).
  9. ONISEP, « CAP Conducteur routier marchandises », sur onisep.fr (consulté le ).
  10. ONISEP, « Bac pro Conducteur transport routier marchandises », sur onisep.fr (consulté le ).
  11. « Obtenir un permis », sur saaq.gouv.qc.ca.
  12. « Classes de permis », sur saaq.gouv.qc.ca.
  13. « 5291 - Transport par camion », sur ifpt.org.
  14. a b et c http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/154000358.pdf
  15. H711
  16. (en) Willem Hoos, Pirates Shake Dutch Cable TV, Billboard, (lire en ligne), p. 47-48.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier