Charles Margueritte

personnalité politique française

Charles Margueritte
Fonctions
député (1956-1958)
Gouvernement IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 89 ans)
Résidence Calvados

Charles Margueritte, né le à Caen (Calvados), mort le à Passy (Haute-Savoie), est un homme politique français, socialiste.

BiographieModifier

Charles Margueritte est issu du monde rural normand. Sa famille est originaire d'Isigny-sur-mer où ses grands parents étaient fermiers. Son père a ensuite élu domicile à Caen pour devenir cheminot au réseau de chemin de fer Normandie-Bretagne. Le jeune Charles est né à Caen. Boursier, il fait ses études au lycée Malherbe de Caen puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il est étudiant en histoire et géographie à la Sorbonne de 1934 à 1938, où il obtient une licence es-lettres (histoire), suit les cours de Vidal de La Blache, et obtient un diplôme d'études supérieures d'histoire en soutenant un mémoire sur " Charles Esmangart (1736-1793), intendant de Basse-Normandie de 1775 à 1783 ". Il est alors à la Sorbonne le vice-Président de l'Amicale des étudiants d'histoire et de géographie dont Max Lejeune, son ami, futur Ministre, est le Président.

À Caen, Charles Margueritte, par esprit de contestation dans une ville à tradition conservatrice et girondine, se déclare d'abord proche du mouvement bonapartiste avant de rallier rapidement à Paris les rangs socialistes de la SFIO dès 1935, aux côtés notamment de Max Lejeune, et de Madeleine Lagrange, participant avec eux au Cabinet du Sous-secrétaire d'État à la Jeunesse, Léo Lagrange, à l'élaboration du texte sur les congés payés du Gouvernement de Léon Blum du Front Populaire. Membre des étudiants socialistes, il écrit alors dans la revue Zig Zag animée par Max Lejeune, tandis que Jean Longuet, petit-fils de Karl Marx devient son parrain en politique.

Charles Margueritte, admissible à l'Agrégation et titulaire d'un certificat pédagogique s'installe de fait avec sa femme Louise et son nouveau-né à Châtenay-Malabry où elle est institutrice en 1938. Il devient provisoirement par nécessité professeur d'histoire-géographie dans une école privée de Neuilly-sur-Seine en 1937-1938, avant d'intégrer l'École militaire supérieure de Saint-Cyr, dont il sort prématurément l'année suivante, en raison du déclenchement de Seconde Guerre Mondiale, au septième rang derrière son ami le jeune Major Jacques Chaban, futur Premier Ministre.

Mobilisé, Charles Margueritte est envoyé dans les Alpes dans le Queyras en qualité de Sous-Lieutenant et de Chef d'une brigade contre les Italiens. Il participe à la Campagne de France et s'illustre par sa combativité et sa fougue au point de se retrouver avec ses hommes à la signature de l'Armistice trente kilomètres à l'intérieur de l'Italie ! Il rejoint ensuite Mâcon avant d'être démobilisé en .

Revenu à Chatenay-Malabry, il reprend des fonctions d'enseignement à Suresnes puis à Bagneux. Mais ayant attiré l'attention de l'Occupant, il est convoqué en 1942 par le Colonel Pascot, responsable vichyste de la Jeunesse et des sports, pour un avertissement. Ce dernier l'envoie "se faire oublier" en Mayenne. C'est là qu'il intègre en le réseau de résistance britannique Bukmaster. Dès 1943, intégré dans les Forces Françaises Libres, il est chargé de la région MI en qualité de Capitaine de son mouvement de résistance pour la Mayenne, la Sarthe, l'Ille-et-Vilaine et le Maine-et-Loire. Officier de liaison des armées alliées après le Débarquement, fin 1944, il est nommé par le Commandant gaulliste Grossin au Troisième Bureau de la Défense. Il s'installe alors à Bourg-la-Reine.

Après la Libération, il entre dans plusieurs cabinets ministériels, notamment auprès de Marcel-Edmond Naegelen, Ministre de l'Éducation, en qualité d'Attaché Parlementaire, d'Andrée Viénot, Sous-Secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports du second Gouvernement Blumm en 1948. Il est alors nommé Inspecteur de la Jeunesse et des Sports. Et quand son ami Max Lejeune, en 1949 devient Secrétaire d'État aux Forces armées, il l'appelle à ses côtés en qualité de Chef-Adjoint de Cabinet jusqu'en 1951, date à laquelle il est désigné comme Conseiller à l'Assemblée de l'Union Française à Versailles, où il se lie d'amitié avec Félix Houphouët-Boigny, Aimé Césaire...

N'ayant jamais coupé avec ses origines normandes du Calvados, il s'engage activement en politique en Normandie dès la Libération en collaborant avec Pierre Bérégovoy, futur Premier Ministre, au journal socialiste La République de Normandie et en devenant rapidement secrétaire de la Fédération socialiste du Calvados en 1947. Fonction qu'il conservera jusqu'en 1959. Il est le leader départemental de la SFIO sous la IVème République.

Il obtient son premier mandat électoral en , en se faisant élire conseiller municipal de Venoix. Cette agglomération étant fusionnée avec Caen, il devient conseiller municipal de cette ville l'année suivante et, reconduit en 1953, il siège à celui-ci jusqu'en 1959.

Il se présente, sans succès, en 1949, dans le canton Est de Caen. Tête de la liste socialiste du Calvados, aux législatives de 1951, il obtient 19 300 suffrages, sur 231 919 inscrits et 180 651 exprimés. Ce résultat marque un nouveau recul de deux points pour la SFIO sur les législatives de et la liste socialiste n'obtient aucun siège. Mais Charles Margueritte poursuit son action de militant.

Il est désigné Conseiller à l'Assemblée de l'Union française par le groupe socialiste de l'Assemblée Nationale, le , pour remplacer Léon Boutbien, élu député de l'Indre, et est reconduit par l'Assemblée nationale le . Il siège durant cinq ans à l'Assemblée de Versailles, dont il est Secrétaire de à . Il y effectue plusieurs interventions remarquées sur les problèmes militaires et, en 1954, il s'y prononce contre le projet de traité de la Communauté européenne, contrairement aux directives de la SFIO.

Son travail militant de terrain dans une ville très conservatrice commence à déboucher lorsque, le , il est élu conseiller général dans le canton Est de Caen, le plus peuplé du département du Calvados. Il est le premier socialiste à siéger dans l'assemblée départementale depuis la Libération, et seul à le faire durant toute la IVe République.

Aux élections législatives du , Charles Margueritte conduit de nouveau la liste SFIO, apparentée cette fois avec la liste du Parti républicain radical et radical-socialiste. Il obtient 31 228 suffrages et fait progresser sa liste de près de 12 000 voix et de quatre points par rapport à 1951.

Élu député du Calvados, Charles Margueritte siège à la Commission de la défense nationale, comme titulaire, et à celle des immunités parlementaires comme suppléant. Il est aussi désigné à la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice, le , puis est élu secrétaire de l'Assemblée, le suivant. Renouvelé dans ces différentes fonctions en 1957, il appartient par ailleurs à la Commission des boissons, à partir de juillet de cette année, puis en octobre suivant à celle du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions. La Commission de la défense nationale le charge de présenter de nombreux rapports. Il est notamment désigné rapporteur du budget de la défense en 1956-1958, alors que les opérations de guerre en Algérie sont en pleine expansion. Ses principales interventions portent sur les questions militaires - notamment sur les dépenses et les questions relatives aux appelés et rappelés. Mais, parlementaire du Calvados, il intervient aussi naturellement sur les problèmes agricoles.

À partir de l'automne 1956, alors que se produisent successivement l'expédition à Suez et le détournement des avions des dirigeants du FLN, Charles Margueritte se montre très critique envers la politique algérienne du gouvernement Guy Mollet et de Robert Lacoste. Il s'engage donc résolument dans la minorité animée par Édouard Depreux, parrain de son fils Olivier, et par Robert Verdier, président du groupe socialiste. Comme Édouard Depreux, il respecte toutefois la discipline du parti au Parlement. En , sa présence au congrès de la Ligue de l'enseignement lui permet de ne pas voter le renouvellement et l'extension des pouvoirs spéciaux qu'il désapprouve sans être indiscipliné. Les événements d'Alger en mettent fin à leurs espoirs de faire changer la politique algérienne du parti et de la République.

Le premier , Charles Margueritte, comme une petite majorité du groupe socialiste, ne vote pas la confiance à Charles de Gaulle, président du Conseil désigné. Le gouvernement étant malgré tout investi, il vote contre la demande de pleins pouvoirs mais ayant beaucoup participé à l'élaboration de la Vème Constitution en commissions, il ne prend pas part au vote sur la révision constitutionnelle le lendemain. Il mène cependant ensuite campagne avec François Mitterrand en s'engageant dans la création de l'Union des forces démocratiques, avec la Ligue des droits de l'homme, et appelle à voter non lors du référendum constitutionnel du .

Aux élections législatives du , il se présente, toujours sous l'étiquette SFIO, dans la première circonscription du Calvados. Il obtient 10 363 voix au premier tour sur 70 043 inscrits et 54 136 votants, arrivant en troisième position derrière Jean-Marie Louvel, autre député sortant de tendance MRP, et le candidat UNR Henri Buot. Il se maintient au deuxième tour, seul contre le docteur Buot qui l'emporte avec 31 867 suffrages, contre 16 967.

Engagé dans les élections législatives, Charles Margueritte ne peut participer, le , à la fondation du Parti socialiste autonome (PSA) avec son ami Édouard Depreux, bien que les statuts du nouveau parti soient rédigés à son domicile de Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Mais il rejoint ce parti dissident de la SFIO un an plus tard, y ralliant Pierre Mendès France et une dizaine d'anciens parlementaires socialistes qu'il contribue activement à rassembler. Il cesse alors de militer dans le Calvados. Le PSA se transforme deux ans plus tard en Parti Socialiste Unifié. Mais L'expérience du PSU ne le satisfaisant pas, il rejoint le Club des Jacobins de son ami Charles Hernu, puis la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand dont il devient un proche. Il participe à la création du Parti socialiste à Epinay en 1971. Il représente ces formations à trois reprises aux élections législatives, en 1967, 1968 et 1973 dans la 4e circonscription de l'Aisne. Il travaille en effet alors à Lille, nommé à la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports.

Installé à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines) depuis 1950, Charles Margueritte est élu conseiller municipal de cette commune de 1971 à 1977 et se voit désigner comme adjoint au maire, chargé de l'éducation. Il préside à ce titre le tout nouveau SIVOM de Chevreuse, et devenu Colonel de réserve suit les questions de gendarmerie.

Il est en 1962-1964 animateur dans un centre culturel en Tunisie, puis dans les années 1970 directeur de l'Institut supérieur de formation permanente de la Fédération Léo-Lagrange puis de l'ALEFPA, Association laïque pour l'éducation et la formation professionnelle des adultes[1].

Officier de la Légion d'honneur à titre militaire, Croix de guerre 1939-1945 (avec trois citations), Charles Margueritte est aussi décoré de la Rosette de la Résistance, de la médaille de la France libre, de la Medal of Freedom américaine, de la médaille de la Vaillance polonaise, et est officier d'Académie. Devenu Président de la République en 1981, François Mitterrand lui décerne le grade de Commandeur de la Légion d'honneur en remerciant de ses services.

Mandats locauxModifier

Mandats dans le cadre de l'Union françaiseModifier

Mandat parlementaireModifier

  • 1956-1958 : Député du Calvados

Distinctions et décorationsModifier

Situation familialeModifier

Marié, il était le père de sept enfants, dont Bernard Margueritte, journaliste (Le Monde, Le Figaro, Europe 1), Gilles Margueritte, Officier de Police, et Pascal Margueritte, Chef du Cabinet du Député-Maire de Sainte-Marie (Martinique), Bruno-Nestor AZEROT.

Sources et référencesModifier