Centrale nucléaire de Cruas

Centrale nucléaire de Cruas
Image illustrative de l’article Centrale nucléaire de Cruas
La centrale nucléaire de Cruas-Meysse
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ardèche
Commune Cruas, Meysse
Coordonnées 44° 37′ 59″ nord, 4° 45′ 24″ est
Opérateur Électricité de France
Année de construction 1978
Date de mise en service entre 1984 et 1985
Statut En service
Direction Stéphane Brasseur
Réacteurs
Fournisseurs Framatome, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 4 × 915 MW
Puissance nominale 3 660 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 23,241 TWh (en 2006)
Production moyenne 24,244 TWh (5 dernières années)
Production totale 514 TWh (au 22 juillet 2007)
Divers
Source froide Rhône
Site web ASN : Centrale nucléaire de Cruas-Meysse
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Centrale nucléaire de Cruas
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Centrale nucléaire de Cruas

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse est une centrale nucléaire inaugurée en 1984-1985 sur les communes de Cruas et de Meysse en Ardèche au bord du Rhône entre Valence (40 km en amont) et Montélimar (15 km en aval). La centrale est située à 35 km au nord du site nucléaire du Tricastin.

CaractéristiquesModifier

 
Les bâtiments réacteurs et deux tours de refroidissement.

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse est dotée de 4 réacteurs nucléaires de 915 MW, soit un total de 3 660 MW. La construction a débuté en 1976 et les mises en service ont été réalisées en 1984 et 1985. Avec près de 24 milliards de kWk annuels, cette centrale représente en moyenne 4 à 5 % de la production nationale, soit près de 40 % des besoins annuels de la région Auvergne-Rhône-Alpes. EDF affirme régulièrement qu'en comparant avec la production équivalente qui serait issue du mix électrique européen, cette centrale permet d'éviter l'émission de 8 millions de tonnes de C02 par an.

Afin de résister à des conditions de réponses sismiques spécifiques du sous-sol de Cruas, situé dans une région reconnue pour sa sismicité, le génie civil de la centrale, comme ensuite celui de la centrale de Koeberg en Afrique du sud, a été doté de caractéristiques particulières .

Chaque îlot nucléaire, qui réunit les bâtiments réacteurs et les bâtiments des auxiliaires nucléaires, est conçu pour résister à des accélérations sismiques jusqu'à 0,25g NRC (soit un quart de l'accélération de la pesanteur selon un critère d'évaluation défini par la "Nuclear Regulation Commission" aux États Unis).

Pour obtenir à Cruas ce degré de résistance, le radier en béton précontraint de l’îlot nucléaire est posé, à l'instar d'un tablier de pont, sur une trame appareils d'appui en élastomère fretté placés sur plusieurs centaines de plots en béton, eux mêmes intégrés à un second radier en béton.

Environ 1 800 salariés travaillent à la centrale de Cruas-Meysse sur un site d'une superficie de 148 hectares.

Pour son refroidissement, la centrale utilise l'eau du Rhône et quatre tours de refroidissement.

En avril 2013, EDF a annoncé un projet de construction de 5 à 6 nouveaux bâtiments à partir du mois de septembre 2013, pour réceptionner et finir d'assembler 3 générateurs de vapeur[1] qui devraient commencer à être remplacés en 2014[2].

Les premiers générateurs de vapeur sont remplacés à partir du mois de mars 2014 sur la tranche 4. La tranche 1 devait être la suivante mais les générateurs de vapeur ont finalement été à Gravelines. Leur remplacement sur la tranche 1 a finalement eu lieu en 2017.

Caractéristiques des réacteursModifier

Les caractéristiques détaillées des réacteurs en service sont les suivantes[3].

Nom du réacteur Modèle Capacité [MW] Exploitant Constructeur Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm.
Thermique (MWt) brute (MWe) Nette (MWe)
Cruas-1[4] CP2 2785 956 915 EDF Framatome août 1978 avril 1983 avril 1984
Cruas-2[5] CP2 2785 956 915 EDF Framatome nov 1978 sept 1984 avril 1985
Cruas-3[6] CP2 2785 956 915 EDF Framatome avril 1979 mai 1984 sept 1984
Cruas-4[7] CP2 2785 956 915 EDF Framatome oct 1979 oct 1984 fév 1985

La fresqueModifier

En 1991, Électricité de France, Framatome et le conseil général de l'Ardèche (pour ne citer qu'eux) s'associent pour faire réaliser une fresque monumentale sur le thème de la mythologie et de l'écologie.

L’œuvre de 13 500 m2 et 155 m de haut est conçue et réalisée par Jean-Marie Pierret (ancien élève des Beaux-Arts et auteur du « Géant » sur le barrage de Tignes en Savoie) aidé de neuf alpinistes sur une des quatre tours de refroidissement.

La fresque représente les archétypes fondamentaux liés à l´eau et à l´air : le verseau. Elle est inaugurée le 15 Novembre 1991 et était à l'époque la plus grande fresque au monde.

Cette réalisation a nécessité à Jean-Marie Pierret l'utilisation d'une mosaïque de 600 000 carrés de 15 centimètres de côté, 4 000 litres de peinture (3 couleurs de base) et 8 000 heures de travail.

Depuis 2018, la centrale projette régulièrement un son et lumière sur la fresque du verseau. Le projet a été initié avec l'artiste Gilbert Coudène, originaire d'Ardèche.

IncidentsModifier

Dégazage radioactifModifier

Le , deux évacuations de personnels ont été nécessaires à la suite de dégazages radioactifs. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de déclencher une inspection à la centrale de Cruas-Meysse, et a classé l'incident au niveau 1 de l'échelle INES[8].

Le , 27 salariés de deux bâtiments de l'unité de production n°2 (en arrêt-maintenance) sont évacués à 8 H 10, à la suite de la détection d'un dégagement gazeux. D'après les services d'EDF les salariés ont pu regagner l'unité, à l'exception du local concerné, à 9 h 20 le même jour[9].

Tritium dans les nappesModifier

Au début de l’année 2004, des analyses de routine ont détecté la présence de tritium dans les nappes phréatiques situées sous le site[10].

Rapports de l'ASNModifier

Selon un rapport datant d'avril 2007, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a constaté un relâchement dans la rigueur d’exploitation du site[11].

Le 13 novembre 2008, l'ASN a mis EDF en demeure de procéder à la mise en conformité de la centrale sous trois mois[12].

Prise d'eau obturéeModifier

Le 2 décembre 2009, EDF a lancé un plan d'urgence interne après un incident sur le système de refroidissement d'un des quatre réacteurs de la centrale de Cruas.

Le plan avait été déclenché « en raison de l'obturation de la prise d'eau alimentant le système de refroidissement de ce réacteur avec l'arrivée massive de débris végétaux charriés par le Rhône », a précisé l'ASN[13], [14].

Cet incident s'appelle une « perte totale de la source froide ».

Grève de la faimModifier

Le 14 février 2008, neuf salariés d'une entreprise sous-traitante ont entamé une grève de la faim pour sauvegarder leur emploi à la centrale. L’accès à la centrale a été bloqué et de nombreux salariés du site ont débrayé[15].

SéismesModifier

 
La centrale de nuit

Dans la nuit du 2 au 3 août 2011, un séisme composé de quatre secousses, dont deux de magnitude 4,5 sur l’échelle de Richter, s'est produit à 30 km au sud-ouest de la centrale[16].

Le 11 novembre 2019 peu avant midi un séisme d'une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter s'est produit à une quinzaine de km au sud de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (zone Le Teil/Montélimar). Un capteur anti-sismique s'est déclenché. Les trois réacteurs nucléaires en fonctionnement ont été arrêtés pour un audit approfondi. L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a souligné que le séisme n’avait provoqué « aucun dommage apparent » aux sites d’EDF, mais que l’électricien devait encore calculer l’impact exact du tremblement de terre. L’agence « examinera les conditions dans lesquelles ces réacteurs pourront redémarrer »[17]. L'ASN et l'IRSN considèrent que la magnitude « locale » ne constitue pas un bon indicateur du risque sismique : c'est l'accélération qui risque d'endommager les installations. Les vibrations qui ont imposé la fermeture de la centrale de Cruas-Meysse étaient plus de cinq fois inférieures au seuil de sûreté, selon EDF et l'ASN[18].Le 6 décembre 2019, l’ASN a donné son accord à la remise en service des réacteurs 2 et 4 de la centrale nucléaire de Cruas à la suite du séisme du 11 novembre 2019, après examen des résultats des contrôles des installations. Elle a donné son accord à la remise en service du réacteur 3 le 11 décembre 2019[19].

Intrusions de militants antinucléairesModifier

Le 5 décembre 2011, deux militants de l'organisation Greenpeace se sont introduits sur le site dès h. Pendant la journée, ils sont apparus dans des vidéos postées par Greenpeace. Après une journée de fouille « approfondie », le groupe EDF a déclaré avoir remis aux autorités les deux militants[20].

Le 28 novembre 2017, 22 militants de l'organisation Greenpeace se sont introduits sur le site vers h. L'ASN et EDF ont assuré que ceci n'avait eu aucun impact sur la sûreté des installations, les individus étant restés hors de la zone nucléaire[21]. Ces derniers, ainsi que l'association, ont été condamnés par la justice.

Arrêt de réacteursModifier

En janvier 2020, l'électricien EDF propose au gouvernement français d’étudier la mise à l’arrêt de 14 réacteurs entre 2028 et 2035 parmi le parc de réacteurs de 900 MW. Deux réacteurs de la centrale de Cruas-Meysse sont potentiellement concernés car ils figurent sur la liste comme ceux de six autres centrales françaises [22].

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Évelyne Bertel et Gilbert Naudet, Économie de l'énergie nucléaire, coll. Génie Atomique, paru 01.02.2004, (ISBN 2-86883-691-7)
  • Claude Dubout, Je suis décontamineur dans le nucléaire, coll. éditions Paulo-Ramand.

Notes et référencesModifier

  1. http://www.francebleu.fr/infos/ardeche-5-6-nouveaux-batiments-bientot-la-centrale-nucleaire-de-cruas-499406
  2. http://www.ledauphine.com/ardeche/2013/01/25/l-le-vieillissement
  3. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté le 28 avril 2011)
  4. (en) « Nuclear Power Reactor Details - CRUAS-1 », sur www.iaea.org (consulté le 9 juin 2015)
  5. (en) « Nuclear Power Reactor Details - CRUAS-2 », sur www.iaea.org (consulté le 9 juin 2015)
  6. (en) « Nuclear Power Reactor Details - CRUAS-3 », sur www.iaea.org (consulté le 9 juin 2015)
  7. (en) « Nuclear Power Reactor Details - CRUAS-4 », sur www.iaea.org (consulté le 9 juin 2015)
  8. [1], ASN
  9. « Communiqué EDF incident »
  10. [2], ASN
  11. [3], ASN
  12. [4], ASN
  13. [PDF] « Centrale nucléaire de Cruas - Arrêt à titre préventif de l'unité de procduction no4 », Électricité de France, (consulté le 7 mars 2010)
  14. Evangelia Petit, « Levée du plan d'urgence interne à la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) », Autorité de Sûreté Nucléaire, (consulté le 7 mars 2010)
  15. Film sur la grève de la faim de février 2008, Google vidéo
  16. Tremblement de terre en Ardèche vers Cruas, forum Eco Bio Info
  17. Après le séisme, EDF arrête trois réacteurs nucléaires pour des contrôles, Les Echos, 12 novembre 2019.
  18. Les centrales nucléaires à l’épreuve du séisme dans la vallée du Rhône, Les Echos, 12 novembre 2019.
  19. Autorité de sûreté nucléaire, « L'ASN autorise le redémarrage des réacteurs 2, 3 et 4 », sur www.asn.fr (consulté le 5 mars 2020)
  20. Le Monde - 5/12/2011 : Deux militants de Greenpeace arrêtés à la centrale nucléaire de Cruas
  21. « Intrusion à la centrale de Cruas. Aucun impact sur la "sûreté" », Le Telegramme,‎ (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2017)
  22. CARTE. EDF envisage l'arrêt de réacteurs dans huit centrales nucléaires, La Dépêche, 21/01/2020

https://www.francetvinfo.fr/meteo/inondations/seisme-dans-la-drome-et-l-ardeche-quatre-blesses-dont-un-grave-et-d-importants-degats-au-teil_3698357.html