Cantate festive (Bruckner)

Fest-Kantate
WAB 16
Festgesang
Image illustrative de l’article Cantate festive (Bruckner)
Mariä-Empfängnis-Dom, Linz

Genre Cantate
Nb. de mouvements 8
Musique Anton Bruckner
Texte Maximilien Pammesberger
Langue originale Allemand
Effectif Chœur et quatuor d'hommes, soliste basse, orchestre d'harmonie
Dates de composition
Dédicataire Première pierre du Mariä-Empfängnis-Dom
Commanditaire Franz-Josef Rudigier
Partition autographe Épiscopat de Linz
Création
Linz Drapeau de l'Autriche Autriche
Interprètes Engelbert Lanz,
Liedertafel Frohsinn,
Fanfare du 13e régiment d'infanterie

La Fest-Kantate Preiset den Herrn, WAB 16, est une cantate festive composée par Anton Bruckner en 1862 pour la célébration de la pose de la première pierre la nouvelle cathédrale de Linz.

HistoriqueModifier

Pour célébrer la pose de la première pierre de la nouvelle Mariä-Empfängnis-Dom (La cathédrale de l'Immaculée Conception) de Linz, Monseigneur Franz-Josef Rudigier demanda à Bruckner de composer une cantate. Bruckner y répondit avec enthousiasme par la composition de la Cantate festive Preiset den Herrn (Louez le Seigneur), sur un texte du théologien Maximilien Pammesberger.

Le , la première pierre fut posée. Pour célébrer l'événement, la cantate fut exécutée par la Liedertafel Frohsinn, quelques autres chanteurs invités et la fanfare du 13e régiment d'infanterie « Freiherr von Bamberg », sous la baguette de Engelbert Lanz[1],[2],[3],[4].

Le manuscrit de la cantate est archivé à l'Épiscopat de Linz. Un fac-similé a d'abord été publié dans le Volume III/2, pp. 197-216 de la biographie Göllerich/Auer[3]. Une réduction pour chœur et piano, a ensuite été éditée par Doblinger en 1955[4]. La partition originale est éditée dans le Volume XXII/2, no 6 de la Bruckner Gesamtausgabe[5].

La Cantate festive, WAB 16, est la première grande œuvre religieuse, que Bruckner a composée après son intense période d'étude auprès de Sechter. Elle sera suivie un an plus tard par le Psaume 112 (1863), et à nouveau un an plus tard par la cantate profane Germanenzug et la première grande messe, la Messe n° 1 en ré mineur (1864).

TexteModifier

La cantate utilise un texte du théologien Maximilien Pammesberger.

Preiset den Herrn,
Lobsinget seinem heiligen Namen!
Grund und Eckstein bist du, Herr,
Deiner Kirche groß und hehr.

Thaue deine Kraft und Stärke
Ueber Fundament und Stein,
Die wir zu dem heil’gen Werke
Weihend senken ein.

Preiset den Herrn, Maria preiset,
Ohne Mackel empfangen!

Aus der Erde Schooß
Wächst der Bau
Riesengroß
In des Himmels Blau.

Das ist der Unbefleckten Haus,
Drin öffnet sich die Gnadenquelle,
Und strömet reich und helle
Ins Land hinaus.

Des Landes Stämme wallen fromm
Aus allen Gauen zu dem Dom
Von unsrer lieben Frauen;
Sie grüßen sie viel tausendmal
Und schöpfen Heil im Gnadensaal
Durch Glauben und Vertrauen.

Preiset den Herrn,
Lobsingt seinem heiligen Namen,
Maria preiset,
Die mächtige Helferin. Amen.
[6]

Louez le Seigneur,
Chantez la louange de son saint nom !
Seigneur, tu es le fondement et la pierre angulaire
De ta grande et noble église.

Met ta puissance et ta force
Dans cette pierre de fondation,
Que nous descendons dévotement
Dans ce saint ouvrage !

Louez le Seigneur, louez la Vierge Marie,
L'Immaculée Conception !

Du sein de la terre
Le bâtiment monte
Grandissant
Vers le bleu du ciel.

C'est la maison de l'Immaculée,
Dans laquelle la source de grâce
Jaillit et coule riche et pure
Dans tout le pays.

Les habitants de tous les districts du pays
Viennent en dévot pèlerinage à la cathédrale
De la Sainte Vierge ;
Ils la saluent mille fois
Et trouvent le salut dans ce lieu de grâce
Par la foi et la confiance.

Louez le Seigneur,
Chantez la louange de son saint nom,
Louez la Vierge Marie,
La puissante médiatrice. Amen.

CompositionModifier

L'œuvre de 241 mesures en ré majeur, est conçue pour chœur d'hommes, quatuor de solistes, soliste basse et orchestre d'harmonie (2 flûtes, 2 hautbois, 4 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 1 tuba basse et timbales)[7]. Elle est en huit courtes parties[4] :

  1. Chœur d'ouverture : "Preiset den Herrn", en ré majeur, finissant en fa dièse mineur – Bewegt, doch nicht zu schnell
  2. Aria : "Taue deine Kraft und Stärke", la majeur, finissant en fa dièse majeur – quatuor des solistes a cappella, suivi d'une répétition par le chœur avec les bois (flûte, clarinette et basson) – Langsam, bittend
  3. Chœur de transition : "Preiset den Herrn", en ré majeur – Bewegt, nicht zu schnell
  4. Arioso : "Aus der Erde Schoß", sol majeur – soliste basse – Langsam, nicht schleppend
  5. Aria : "Das ist der Unbefleckten Haus", mi bémol majeur – quatuor des solistes a cappella avec répétition - Langsam bewegt
  6. Prélude : par instruments à anche (clarinettes et bassons) - transition de mi bémol majeur à sol majeur
  7. Choral : "Des Landes Stämme wallen fromm", a cappella, sol majeur
  8. Chœur final : "Preiset den Herrn", ré majeur – bewegt, nicht zu schnell

Durée totale: 10 à 13 minutes.

Le chœur d'ouverture avec son saut d'octave initial à l'unisson, comme au début de l'Ouverture en sol mineur, et sa réminiscence de l'Alléluia du Messie de Händel – sur lequel Bruckner faisait souvent fait des improvisations – est majestueux et solennel[3]. Par la suite, il évolue dans un fugato sur "Grund und Eckstein bist du, o Herr". Pour assurer l'unité de l'œuvre le solennel chœur d'ouverture est répété deux fois, dans les troisième et huitième parties.

DiscographieModifier

Un enregistrement commercial en pleine conformité avec la partition originale, telle qu'éditée par la Bruckner Gesamtausgabe, est encore toujours attendu.

Parmi les sept enregistrements commerciaux, l'exécution live de Fiala avec addition de trombones lors de la répétition de la partie 2 par le chœur (mesures 70–82) – est le plus en accord avec la partition originale. L'enregistrement live de Kerbl – avec accompagnement d'orgue dans les parties 2, 5 et 7 – est, selon Hans Roelofs, aussi une exécution convaincante[8].

La Cantate festive a fait l'objet de plusieurs adaptations : pour chœur avec accompagnement d'orgue, pour choeur mixte avec un texte différent, etc. Les deux enregistrements par Track suivent ses propres adaptations, une pour chœur d'hommes (1990), l'autre en tant que Festkantate zur Weihnacht (cantate festive de Noël) pour choeur mixte avec le texte Herbert Vogg "Ehre sei Gott in der Höhe" (1996)[3],[4].

Dans la version pour chœur d'hommes, l'Arioso (partie 4) est ignoré. Les parties 2 et 5 sont accompagnées par l'orgue, la partie 7 est chantée a cappella.
Dans la version pour chœur mixte (Festkantate zur Weihnacht), la partie 4 est chantée par les voix d'hommes avec instruments originaux, les parties 2, 5 – transposée en do majeur – et 7 sont chantées par le chœur tout entier avec accompagnement d'orgue. L'utilisation des voix de femmes et l'accompagnement d'orgue rend cette adaptation plus fluide que la version originale[8].
  • Martin L. Fiala, Steyrer Männergesang-Verein Sängerlust et Bläserkreis Oberösterreichischer Landesmusikschullehrer, Festkonzert – CD : Ensemble Electronique EE-004CD, 1994 (Live)
  • Thomas Kerbl, Männerchorvereinigung Bruckner 08, Ensemble Linz, Philipp Sonntag (Orgue), Anton Bruckner, Männerchöre – CD : Bruckner Haus LIVA027, 2008 (Live)
  • Gerhard Track, Wiener Männergesang-Verein, Wiener Schubertbund, Slovak Radio Symphony Orchestra, Manfred Schiebel (Orgue), Ausgewählte Chorwerke – CD publié par le Wiener Schubertbund, 1990 (Live)
  • Gerhard Track, Chœur et Orchestre Symphonique du conservatoire de Vienne, Manfred Schiebel (Orgue), Gerhard Track dirigiert Anton Bruckner – CD : PMI Records-USA PMI 20105, 1996 (Live)

RéférencesModifier

SourcesModifier

  • August Göllerich, Anton Bruckner. Ein Lebens- und Schaffens-Bild, c. 1922  – édition posthume par Max Auer, G. Bosse, Ratisbonne, 1932
  • Anton Bruckner – Sämtliche Werke, Band XXII/2: Kantaten und Chorwerke II (1862-1893), Musikwissenschaftlicher Verlag der Internationalen Bruckner-Gesellschaft, Franz Burkhart, Rudolf H. Führer et Leopold Nowak (Éditeurs), Vienne, 1987
  • John Williamson, The Cambridge Companion to Bruckner, Cambridge University Press, Cambridge, 2004. (ISBN 0-521-80404-3)
  • Cornelis van Zwol, Anton Bruckner - Leven en Werken , Thot, Bussum (Pays-Bas), 2012. (ISBN 90-686-8590-2)
  • Uwe Harten, Anton Bruckner. Ein Handbuch. Residenz Verlag, Salzbourg, 1996. (ISBN 3-7017-1030-9).
  • Crawford Howie, Anton Bruckner - A documentary biography, édition révisée en ligne

Liens externesModifier