Le CONSOL est un système de radionavigation développé pendant la Seconde Guerre mondiale, principalement pour l'aviation, permettant de se positionner par triangulation angulaire grâce à deux ou trois émetteurs. Il fut initialement développé par l'Allemagne sous le nom de Sonne.

PrincipesModifier

Le CONSOL est un perfectionnement des radiophares non directionnels, évitant le besoin d'une mesure radiogoniométrique à bord des mobiles. Par adjonction d'une modulation de diagramme de rayonnement, le signal reçu dépend de la direction de l'émetteur par rapport au récepteur. L'opérateur devait compter les impulsions entendues pour déterminer l'angle.

Comme les radiophares classiques, le CONSOL utilisait la bande de fréquences 250-350 kHz. Sa précision était médiocre, de 0,5 à 2 milles nautiques, selon la distance et la géométrie. La chaîne de Stavanger-Brest est restée active jusqu'en 1970 pour la localisation des navires.

L'émetteur français était situé à Plonéis. Il a été construit en 1949 et mis en service en 1950. Les trois antennes ont été déposées en 1986. Elles faisaient chacune plus de 100 mètres de haut. Elles étaient situées à Plonéis, Guengat et Pluguffan.

HistoriqueModifier

Durant la seconde Guerre Mondiale, la question du positionnement précis des escadrilles de bombardement nocturne était cruciale.

Alors que les Britanniques, pétris de tradition navale, se fièrent, au moins au début de la guerre, aux méthodes traditionnelles de navigation astronomique (visée d'étoiles au sextant à travers une coupole transparente ou astrodôme et pointage sur une carte papier), ce qui se révéla ensuite inadapté, en particulier pour les bombardiers rapides, les Allemands développèrent des méthodes de navigation et de guidage basées sur la radio navigation et la radiogoniométrie.

Ils créèrent divers systèmes dérivés du radiobalisage type Lorentz destiné au pilotage sans visibilité, comme le Knickbein ou le X Gerät, systèmes que les Anglais s'empressèrent de tenter de brouiller, déclenchant ce qui fut connu comme la Bataille des faisceaux, menée par le physicien britannique Reginald Victor Jones.

L'Elektra Sonne avec ses faisceaux rayonnant depuis trois émetteurs

(Lugo en Espagne franquiste, Ploneïs et Stavanger en Europe occupée) fut toutefois épargné par les contre-mesures britanniques.

R.V. Jones en avait parfaitement percé les secrets, et recommanda à l'État Major de s'abstenir de bombarder les émetteurs, mais plutôt de copier les récepteurs capturés sur des avions abattus pour en équiper l'aviation britannique.

Après Guerre, le système Elektra Sonne, considéré comme une prise de guerre, tomba dans l'escarcelle de la société British Marconi, qui l'exploita pour l'usage civil sous la marque Consol, jusqu'à son obsolescence dans les années 1970 avec l'apparition des systèmes de navigation satellitaires américains et soviétiques (Transit, GPS et GLONASS).

Il semblerait même que les Anglais aient fourni des composants électroniques à l'Espagne pour assurer la maintenance de l'émetteur de Lugo à la fin de la guerre tant le système Elektra Sonne / Consol leur était utile[1].

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. (en) R.V. Jones, Most secret War, Londres, penguin, 603 p.