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Cérémonie des Generalfeldmarschall de 1940

La cérémonie des Generalfeldmarschall de 1940 est une cérémonie qui s'est tenue au Krolloper de Berlin le , durant laquelle Adolf Hitler a promu douze généraux de la Wehrmacht au grade de Generalfeldmarschall. C'était la première fois de la Seconde Guerre mondiale que Hitler nommait Generalfeldmarschall des généraux pour leurs accomplissements militaires, en l'occurrence ici à l'issue de la bataille de France.

GeneralfeldmarschallModifier

Article détaillé : Generalfeldmarschall.
 
La structure de commandement de la Wehrmacht de 1935 à 1938, avant la mise en place de l'OKW : le Generaloberst von Blomberg est ministre de la Guerre (Reichskriegsminister) et commandant en chef de l’armée (und Oberbehehlshaber der Wehrmacht). Blomberg est le premier militaire promu Generalfeldmarschall par Hitler, en 1936, deux ans avant qu'il ne soit mis à l'écart.
 
Bâton de Generalfeldmarschall.

Après la Première Guerre mondiale, sous la république de Weimar, le prestigieux grade de Generalfeldmarschall est interdit, parmi les restrictions imposées par le traité de Versailles.

Après l'arrivée au pouvoir de Hitler et du parti nazi fin , Hitler souhaite une restauration de la puissance militaire de l’Allemagne[1] et il entame son réarmement, d’abord de manière discrète. En 1936, il redonne vie au grade de Generalfeldmarschall en l'attribuant à son ministre de la Guerre, le Generaloberst Werner von Blomberg, également commandant en chef de l'armée[2].

L'attribut traditionnel distinguant de manière très visible un Generalfeldmarschall allemand est le « bâton de maréchal » richement décoré[3]. En outre, la solde annuelle liée au grade est de 36 000 reichsmarks et elle est versée à vie : en effet, un maréchal est considéré comme ne quittant jamais le service actif ; de plus, il est dispensé d’acquitter l'impôt sur cette solde[4].

CérémonieModifier

 
Pattes d'épaule de Generalfeldmarschall en 1940.

Enflammé par la défaite rapide de l'armée française, alors considérée comme la première armée d'Europe[5], ainsi que par la défaite de la Belgique et des Pays-Bas en mai-, Hitler veut marquer l'événement par une grande cérémonie consacrée aux promotions de certains de ses généraux[6]. Il espère également renforcer ainsi son influence sur l'état-major de l’armée[7]. C'est pourquoi, le , Hitler convoque douze de ses généraux pour une cérémonie au Krolloper de Berlin[a],[8],[9],[6]. Après un discours dans lequel Hitler émet une offre de paix à l'attention de la Grande-Bretagne, il récompense personnellement ses généraux en leur remettant le bâton de Generalfeldmarschall[8][3]. Les douze généraux choisis, qui ont tous joué un rôle important dans la victoire sur la France, sont par ordre alphabétique :

  1. Le Generaloberst Fedor von Bock[10], commandant du groupe d'armées B ;
  2. Le Generaloberst Walther von Brauchitsch[11], commandant en chef de l'Armée de terre ;
  3. Le Generaloberst Wilhelm Keitel[12], chef d'état-major du Haut Commandement des forces armées ;
  4. Le General der Flieger Albert Kesselring[13], commandant de la 2e flotte aérienne ;
  5. Le Generaloberst Günther von Kluge[14], commandant de la 4e armée ;
  6. Le Generaloberst Wilhelm von Leeb[15], commandant du groupe d'armées C ;
  7. Le Generaloberst Wilhelm List[16], commandant de la 12e armée ;
  8. Le Generaloberst Erhard Milch[17], secrétaire d'État au ministère de l'Aviation du Reich ;
  9. Le Generaloberst Walther von Reichenau[18], commandant de la 6e armée ;
  10. Le Generaloberst Gerd von Rundstedt[19], commandant du groupe d'armées A ;
  11. Le General der Flieger Hugo Sperrle[20], commandant de la 3e flotte aérienne ;
  12. Le Generaloberst Erwin von Witzleben[21], commandant de la 1re armée.

Les trois commandants de groupe d'armées sont promus Generalfeldmarschall.

Kesselring et Sperrle, de la Luftwaffe, sont les seuls généraux promus à ne pas être passés par le grade intermédiaire de Generaloberst.

Les commandants en chef de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe, respectivement Erich Reader et Hermann Göring, ne sont pas promus Generalfeldmarschall, pour la simple raison qu'ils détiennent déjà ce grade ou son équivalent : Raeder est Großadmiral depuis 1939 et Göring est Generalfeldmarschall depuis 1938. Cependant, comme Göring est commandant en chef de la Luftwaffe et qu'il a maintenant sous ses ordres deux autres Generalfeldmarschall, le grade de Reichsmarschall est spécialement créé à son attention et lui est attribué lors de la même cérémonie.

C'est la première fois depuis le début de la guerre que Hitler nomme des Generalfeldmarschall en raison de leurs réalisations militaires. Les cinq années restantes de la guerre voient douze promotions supplémentaires, dont la plupart ne donnent pas lieu à cérémonie, telle celle de Friedrich Paulus, que Hitler annonce par radio à son destinataire[22],[11],[b].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le Krolloper a abrité le Reichstag après son incendie en .
  2. En décidant de promouvoir Paulus pendant la bataille de Stalingrad, Hitler voulait mettre en exergue le fait qu'il n'y avait jamais eu de maréchal prussien ou allemand ayant capitulé. La suggestion était claire : Paulus ne devait pas se rendre ; il devait donc résister, mourir au combat ou se suicider. Si Paulus choisissait de se rendre, Hitler laissait entendre qu'il ferait honte à l'histoire militaire de l'Allemagne. Cependant, Paulus se rendit aux forces soviétiques le , un seul jour après avoir été promu.

RéférencesModifier

  1. Weinberg 1970, p. 26-27.
  2. Hakim 1995, p. 100-104.
  3. a et b Alford 2003, p. 66-67.
  4. Snyder 1994, p. 111.
  5. Rees 2012.
  6. a et b Mitcham Barbarossa, p. 24.
  7. Snyder 1994, p. 111-112.
  8. a et b Deighton 2008, p. 7-9.
  9. Evans 2008, p. 122-123.
  10. Turney 1971, p. 6.
  11. a et b Snyder 1994, p. 112.
  12. Sandler 2002, p. 455.
  13. Kesselring 1970, p. 55.
  14. Moczarski 1981, p. 226-234.
  15. Shirer 1960, p. 647.
  16. Williamson 2006, p. 28.
  17. Snyder 1994, p. 229.
  18. Biesinger 2006, p. 619.
  19. Mackenzie 2014, p. 17.
  20. Williamson 2006, p. 46.
  21. Mitcham Defenders, p. 1–2.
  22. Beevor 1998, p. 381.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier