Les Bznouni, Beznouni ou Bẹznouni (en arménien Բզնունի) sont les membres d'une famille de la noblesse arménienne. Ces nakharark sont attestés dans les sources jusqu'à leur extermination au IVe siècle.

HistoireModifier

TraditionModifier

Selon la tradition rapportée par l'historien médiéval arménien Moïse de Khorène, les Bznouni seraient d'origine haïkide[1] et remonteraient à Baz[2]. Cyrille Toumanoff interprète cette origine, par ailleurs commune aux Apahouni, aux Manavazian et aux Ordouni, comme étant urartéenne et peut-être royale[1].

Dans les sourcesModifier

Ces nakharark apparaissent à la tête de la principauté au nom dérivé du leur, le Bznounik (avec vraisemblablement le canton d'Erevark, ce qui donne une superficie de 1 325 km2[3]), sur la côte occidentale du lac de Van[4], dans la province arménienne historique du Tôroubéran (ou Taron)[5].

La famille apparaît pour la dernière fois au IVe siècle : selon Fauste de Byzance[6], son nahapet (« chef de famille ») Databey[7] ou Dat’abē soutient les Perses dans le cadre de la Guerre perso-romaine de 337-363[1] et, contre la volonté du roi Khosrov III d'Arménie, leur ouvre en 336-337 le col de Dzor (Bitlis) ; il finit lapidé et sa famille est exterminée[8]. Les biens des Bznouni passent alors au fisc royal puis à l'Église arménienne[3].

« Tadapé, pris par le commandant en chef Vatché et par le vaillant Vahan Amadouni, fut amené devant le grand roi Chosroès et lapidé comme un homme qui avait trahi sa patrie, son armée et son maître. Vatché, apprenant que tous les parents, la femme et les enfants [de Tadapé] se trouvaient au château du prince des Reschdouni, dans l’île d’Aghthamar, s’embarqua pour cette île, où il massacra hommes et femmes sans exception. C’est ainsi que la race des Peznouni fut exterminée. »

— Fauste de Byzance, Histoire de l'Arménie, livre III, chap. VIII.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Toumanoff 1963, p. 216.
  2. Khorène 1993, livre I, ch. 12, p. 123-124.
  3. a et b Hewsen 2001, p. 79.
  4. Hovannisian 2000, p. 18.
  5. Hewsen 2001, p. 102.
  6. Grousset 1947, p. 129, renvoyant à Fauste de Byzance, Histoire de l'Arménie, livre III, chap. VIII.
  7. Hovannisian 2004, p. 87.
  8. Mahé 2007, p. 172.

BibliographieModifier

Sources primaires
Sources secondaires