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Bousculade du Hajj en 2015
Le chemin vers le Pont Djamarat (2011)
Le chemin vers le Pont Djamarat (2011)

Type Bousculade
Localisation Mina
La Mecque, Arabie saoudite
Coordonnées 21° 25′ 00″ nord, 39° 53′ 05″ est
Date
Bilan
Blessés +1000
Morts 769 (officiel)[1]
1958 (Agence France Presse)[1]
2121 (Associated Press)[1]

La bousculade du Hajj en 2015 est une bousculade qui s'est produite le , à la suite d'un mouvement de foule lors de la fête de l'Aïd al-Adha à Mina, près de La Mecque en Arabie saoudite. Le bilan officiel, communiqué par le gouvernement saoudien le , est de 769 morts et de 934 blessés. Se basant sur les chiffres communiqués par 30 pays dont les ressortissants étaient à la Mecque le jour de la catastrophe, l'Agence France Presse et l'Associated Press dénombrent respectivement 1 958[2] et 2 121 morts au [1]. Selon Middle East Eye (en), le nombre de corps sans vie photographiés pour l'enquête s'élève à 2 253[3]. L'Iran évoque au moins 4 500 morts, dont au moins 10 % d'Iraniens.

C'est la catastrophe la plus meurtrière de l'histoire du Hajj[4].

Sommaire

ContexteModifier

Article détaillé : Hajj.

Le pèlerinage du hajj dans la ville sainte de La Mecque est un des cinq piliers de l'islam et a réuni, le 24 septembre 2015, jour de l'Aïd al-Adha, près de deux millions de personnes, qui se sont rassemblées dans la vallée de Mina, dans l'Ouest de l'Arabie saoudite, pour commencer le rituel de la lapidation de Satan. Il s'agit d'un rituel qui consiste à jeter 7 pierres sur une stèle à l'effigie du démon, et 21 le lendemain ou le surlendemain[5].

Déroulement des faitsModifier

 
Nationalités des victimes de la bousculade, incluant les blessés et disparus.

La catastrophe s'est produite aux alentours de 9 heures du matin, et a eu lieu aux abords de l’étroit pont Djamarat qui relie deux falaises et sur lequel doivent passer tous les pèlerins pour jeter des pierres sur la stèle de 18 mètres de haut qui représente le diable[6].

Il semblerait qu'un choc entre une marée humaine quittant l'une des stèles et une autre foule venant en sens inverse a provoqué le drame. Selon le porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur, Mansour Turki, « la grande chaleur et l'état de fatigue des pèlerins ont contribué au nombre important des victimes ». En effet, les températures dépassaient les 40 °C en journée (42° C) à la Mecque lors de cette fête de l'Aïd al-Adha[7].

Le ministre de la santé saoudien, Khaled al-Faleh, a promis une enquête « rapide et transparente ».

Les familles des victimes ne seront pas indemnisées. Le Mali déplore 282 victimes confirmées lors de la bousculade, mais 215 disparus lors du Hajj 2015, ce qui fait 497 victimes.

L'Iran est le pays qui dénombre le plus grand nombre de victimes : au moins 464 morts au 24 octobre 2015. Les relations diplomatiques entre l'Iran et l'Arabie Saoudite se tendent rapidement, l'Iran demandant le rapatriement rapide des morts, et accusant le régime saoudien d'être entièrement responsable de la catastrophe. Ghazanfar Roknabadi, l’ambassadeur iranien au Liban a été tué lors de la bousculade de Hajj. Bilkisu Yusuf, journaliste nigériane fait également partie des victimes.

Le lundi 5 septembre 2016, à une semaine du début du hajj, le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, par un message aux pèlerins de la Mecque, attaque vivement l'Arabie saoudite et critique les « dirigeants saoudiens » [8]. L'ayatollah Khamenei critique également le fait que les pèlerins iraniens ne puissent se rendre en pèlerinage à La Mecque cette année [9]. Il exhorte les musulmans à reconsidérer la gestion des lieux saints par Ryad [10] , selon son site officiel[11], il explique:

« Le monde musulman, aussi bien les gouvernements que les peuples, doivent connaître les dirigeants saoudiens et leur nature irrévérencieuse, non croyante et dépendante (...) et réfléchir sérieusement à la gestion des lieux saints. Sinon le monde musulman sera confronté à des problèmes plus grands" [12]. »

Le racisme envers les pèlerins noirs fut évoqué : à peine quelques heures après le drame, plusieurs centaines de victimes, toutes noires (Africains ou autres) furent inhumées, avec l'aide de bulldozers, sans consulter les demandes des consulats et ambassades des pays concernés. Khaled Al-Fateh, le ministre de la santé, évoqua la température torride (entre 42° et 46° l'après-midi), la peur de voir démarrer une épidémie, mais surtout, il indiqua que la grande majorité de ces pèlerins étaient très pauvres, et que de toutes façons, le prix d'un rapatriement, avec de bonnes conditions d'hygiène vers les pays Africains concernés, était trop coûteux financièrement. Des observateurs et journalistes indépendants qui assistèrent aux inhumations, indiquèrent que les inhumations n'étaient pas effectuées dans les bonnes conditions religieuses (nettoyage des corps, têtes des défunts tournées vers La Mecque, etc.).

VictimesModifier

Nationalité Morts Disparus Total
  Iran 464 0 464
  Mali 312 34 346
  Nigeria 274 43 317
  Égypte 190 45 235
  Bangladesh 137 53 190
  Indonésie 129 0 129
  Inde 114 10 124
  Cameroun 106 28 134
  Pakistan 83 7 90
  Niger 78 41 119
  Sénégal 62 0 62
  Éthiopie 53 0 53
  Bénin 52 41 93
  Tchad 52 50 102
  Côte d'Ivoire 52 7 59
  Algérie 46 3 49
  Maroc 42 1 43
  Tanzanie 32 7 39
  Soudan 30 2 32
  Burkina Faso 22 7 29
  Ghana 17 17 34
  Tunisie 15 0 15
  Kenya 12 0 12
  Libye 10 7 17
  Somalie 8 0 8
  Turquie 7 0 7
  Birmanie 6 5 11
  Mauritanie 5 0 5
  Chine 4 0 4
  Afghanistan 2 6 8
  Djibouti 2 3 5
  Jordanie 2 1 3
  Gambie 2 0 2
  Burundi 1 6 7
  Ouganda 1 2 3
  Sri Lanka 1 1 1
  Irak 1 0 1
  Liban 1 0 1
  Malaisie 1 0 1
  Pays-Bas 1 0 1
  Oman 1 0 1
  Philippines 1 0 1
Total 2 376 386 2 762

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier