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Boris Grebenchtchikov
Description de l'image Boris Grebenshikov.jpg.
Informations générales
Naissance (65 ans)
Léningrad, Drapeau de l'URSS Union soviétique
Activité principale auteur-compositeur, animateur de radio
Genre musical Rock, Folk rock
Instruments guitare, harmonica, synthétiseur, métallophone
Site officiel https://www.facebook.com/grebenshikov/

Boris Borisovitch Grebenchtchikov (nom de scene - Boris Grebenshikov ou Boris Grebenchikov) dit BG (en russe : Бори́с Бори́сович Гребенщико́в), né le à Léningrad (actuellement Saint-Pétersbourg) en URSS, est un chanteur et auteur-compositeur, l'un des pionniers du rock en langue russe[1]. Avec Anatoli Gunitski, il est le fondateur du groupe Aquarium et son leader depuis 1972[2].

Sommaire

BiographieModifier

Le père du futur artiste qui s'appelait également Boris Grebenchtchikov (1926-1975) était ingénieur, la mère, Ludmila Kharitonovna (1929-2009), était consultante juridique d'une maison de mode léningradoise. Boris est scolarisé à l'école no 239 de Léningrad (une école spécialisée en mathématiques et physique, une des toutes meilleures du pays). Sous l’influence des Beatles, il se met à jouer du rock et fonde son groupe en juin 1972, mais les musiciens cherchent encore leur style. Le premier concert d'Akvarium a lieu au printemps 1973. Entre-temps, le jeune homme fait ses études à la faculté des mathématiques appliquées de l'Université d'État de Saint-Pétersbourg. Diplômé en 1977, il commence à travailler à l'Institut de recherches sociologiques. En 1974, il enregistre sur la bande magnétique son premier album intitulé La Tentation de Saint Akvarium (Искушение святого Аквариума). L’enregistrement s'effectue avec les moyens du bord, en utilisant le matériel fait maison ou partiellement défectueux, ainsi que plusieurs instruments insolites et modifiés. Cet album sera par la suite perdu pour n'être retrouvé qu'en 1997 et inclus dans la compilation Aquarium préhistorique (Доисторический Аквариум) en 2001. En 1977, avec Mike Naumenko, Youri Iltchenko (en), Natalia Vassilieva-Hull et Nikolaï Vassine, Grebenchtchikov fonde un magazine de samizdat Roxy consacré à la musique rock. Il participe avec son groupe au Festival du rock de Tbilissi en 1980. Cette prestation lui vaut le licenciement de son travail et l'exclusion des rangs du Komsomol. Son groupe est officiellement interdit par les autorités soviétiques[3].

Au printemps 1981, afin de mieux contrôler les activités de l'underground léningradois, les autorités mettent à la disposition des passionnés de culture occidentale et musique émergente le Rock club de Léningrad[4],[5]. Les membres d'Aquarium sont parmi les premiers à expérimenter dans ses locaux. Comptant déjà à son actif cinq albums autoproduits et distribués clandestinement sur bandes magnétiques entre 1974 et 1978, Aquarium produit en 1981 son véritable premier album studio appelé l'Album bleu (Синий альбом), toujours distribué clandestinement. Ils seront également présents à chaque Festival de rock de Léningrad organisé par la même enseigne, à partir du premier en 1983, et en seront sauvent nommés lauréats.

En 1986, avec Alissa, Kino et Strannye Igri, Aquarium sort aux États-Unis l'album historique Red Wave, signant l'entrée du rock soviétique sur scène internationale et par là même le légitimant en URSS. Toutefois dans un interview donné à The New York Times en 1987, Grebenchtchikov exprime déjà son angoisse de rentrer dans le moule, de perdre l'essentiel de son style devant les attractions de notoriété officielle[6]. Entre-temps, le film Assa réalisé par Sergueï Soloviov comportant de nombreux morceaux de rock composés par Grebenchtchikov devient culte dans le contexte de la perestroïka (1987). Grebenchtchikov poursuit sur la voie du succès en enregistrant en solo Radio Silence en 1988 - 1989[7], produit par Columbia Broadcasting System, qui se classera 198e dans le Billboard 200, mais finalement ne comblera pas les attentes de l'artiste[8].

Grebenchikov n'a pas été le premier russe séduit par cette « perversion bourgeoise », absente de magasins soviétiques, qui était le rock. Il n'a pas été le premier à chanter, clandestinement, du rock en langue russe. Mais il a été le premier qui a réussi à capter tout un esprit de son temps présent ailleurs, au-delà du rideau de fer. Il est le premier qui a su adapter toute une esthétique « rock », dans le sens très large, aux spécificités de la culture soviétique. Il est, a la fois, le Dylan et le Bowie, le Donovan et le Bolan, les Morrisons (Jim et Van) et le Harrison du monde russe. Les soviétiques n'avaient pas le droit de voyager pour voir le monde capitaliste - Grebenchikov, véritablement bilingue, savait lire et écouter. Il connaissait mieux la géographie londonienne des chansons des Kinks que les étudiants anglais slavisants qui lui amenaient leurs disques. Le rock lui a permis les voyages imaginaires en Californie psychédélique et en Inde, en Jamaïque et en Afrique, dans monde celte et le monde bouddhiste. "Tout comme Pouchkine, le poète national russe, au XIXe siècle, Grebenchikov, le poète chantant russe d'aujourd'hui, a joué un sacré rôle d'interprète des cultures étrangères en Russie. Mais pas uniquement. Il existe encore un monde auquel il appartient- le monde russe. Pas soviétique, mais russe, caché par le soviétisme. Tout un monde qu'il a fallu redécouvrir. Très jeune, il est tombé sous le charme aristocratique d'un chanteur russe du début du XXe siècle, Alexandre Vertinski. Il a beaucoup écouté Boulat Okoudjava – un véritable esthète de la mélodie et du verbe. Les paroles de chansons de Grebenchikov, marquées également par la poésie des Symbolistes russes sont des véritables jungles paradisiaques pour les archéologues de la culture !"[1] Grebenchikov mélange savamment le taôisme et les citations bibliques, Tolkien et Dylan, les Monty Python et la grande littérature russe... Les mots ne servent pas uniquement à définir, car définir équivaut à abroger. En bon symboliste qu'il est, pour Grebenchikov chaque mot est une porte, une fenêtre ouverte. Alliés à la mélodie et le rythme, les mots élargissent le champ de vision de celui qui les écoute, l'amènent à travers des frontières.[2] Ces dernières années Grebenchikov ne voyage plus uniquement dans sa tête, il met les pieds sur des terres inaccessibles, inimaginables d'accès il y a encore 25 ans, mais tant rêvées. On retrouve « le Bob Dylan russe » aux Etats-Unis, entouré par les musiciens du groupe qui accompagnait « le Bob Dylan américain », The Band. Grebenchikov enregistre en Angleterre avec un orchestre symphonique ou en Inde avec les musiciens traditionnels. Il travaille avec le maitre de duduk, Djivan Gasparyan ou avec le guitariste des Rolling Stones ou en France avec Tomas Gubitsch.

DiscographieModifier

en soloModifier

  • Radio Silence (1989)
  • Русский альбом (1992)
  • Песни Александра Вертинского (1994)
  • Чубчик (1996)
  • Radio London (1996)
  • Лилит (1997)
  • Песни Булата Окуджавы (1999)
  • Без слов (инструментальный альбом, записанный в начале 1990-х, в продажу не поступил, распространяется только на концертах группы) (2004)
  • Соль (2014)

FilmographieModifier

RéférencesModifier

  1. Céline Bayou, « L'underground leningradois : réticences d'une contre-culture à se laisser pervertir . », sur Regard sur l'Est, (consulté le 2 janvier 2016)
  2. (en) Yngvar Bordewich Steinholt, « Rock in the Reservation. Songs from the Leningrad Rock Club 1981-1986 », sur hum.uit.no, (consulté le 4 février 2016), p. 60-66
  3. (ru) « Борис Борисович Гребенщиков. Биографическая справка », sur ria.ru,‎ (consulté le 1er février 2016)
  4. (en)Anna Arutunyan, The Media In Russia, Open University Press, (ISBN 978-0-3352-2889-8, lire en ligne), p. 147
  5. (en) Yngvar Bordewich Steinholt, « Rock in the Reservation. Songs from the Leningrad Rock Club 1981-1986 », sur hum.uit.no, (consulté le 4 février 2016), p. 35-43
  6. (en) Bill Keller, « FOR SOVIET ROCK MUSICIANS, GLASNOST IS ANGST », sur nytimes.com, (consulté le 2 février 2016)
  7. (en) Vera Ivanova and Mikhail Manykin, « History of Rock Music in Russia », sur russia-ic.com (consulté le 4 février 2016)
  8. (en)Birgit Beumers, Pop Culture Russia!: Media, Arts, and Lifestyle, ABC-CLIO, (ISBN 978-1-8510-9459-2, lire en ligne), p. 211

BibliographieModifier

  • Joël Bastenaire, Back in the USSR: Une brève histoire du rock et de la contre-culture en Russie, Éditions Le Mot et le Reste, Marseille, 2012 (ISBN 978-2360540501)
  • Anna Zaytseva, Cahiers du monde russe: La légitimation du rock en URSS dans les années 1970-1980, Éditions de l'EHESS, Paris, 2008/4 (Vol. 49) (ISBN 978-2713221972)
  • Artemy Troitsky, Back in the USSR: The True Story of Rock in Russia, Faber & Faber, Londres, 1988 (ISBN 978-0571129973)
  • Birgit Beumers, Pop Culture Russia!: Media, Arts, and Lifestyle, ABC-CLIO, Santa Barbara (Californie), 2005 (ISBN 978-1851094592)

Liens externesModifier

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