Bataille des Thermopyles (1941)

Au cours de l'offensive contre la Grèce de l'Allemagne nazie, forces grecques et britanniques, après s'être retirées des défilés de Servia et de l'Olympe, se déploient en Grèce centrale : les Britanniques, en fait Néo-zélandais et Australiens, s'établissent le dans le défilé des Thermopyles où ils vont retarder la Wehrmacht jusqu'au .

DéroulementModifier

Aux Thermopyles, où cinq grandes batailles historiques avaient déjà eu lieu dans l'antiquité, le général britannique Bernard Freyberg et le lieutenant général australien Iven Mackay reçoivent l'ordre de défendre respectivement la côte (secteur néo-zélandais et grec), et le village de Bralos (secteur australien) : le souvenir du sacrifice de Léonidas et de ses hommes pèse sur eux, d'autant que Freyberg et Mackay, ignorant les discussions tenues en haut lieu concernant l'évacuation, informent leurs subordonnés qu'il n'y aurait plus d'autre retraite[1]. Plus tard, Mackay dira à ce sujet :

« Je pensais que nous tiendrions une quinzaine de jours et que nous aurions été battus par le poids du nombre[2]. »

Dans le secteur néo-zélandais de Freyberg, la 5e brigade se déploie le long de la route côtière (là où se trouve aujourd'hui l'autoroute Athènes-Lamia-Salonique), au pied des collines au sud de Lamia, et le long de la rivière Spercheios ; la 4e brigade se positionne le long de la côte où elle établit des patrouilles de surveillance ; la 6e brigade reste en réserve.

Dans le secteur australien de Mackay, la 19e brigade (comprenant le 2e - 4e et le 1er - 8e bataillons) défend Balos. Le 19 avril, les 2e - 1er et 2e - 5e bataillons sont placés sous l'autorité du général George Vasey, renforcés du 2e - 11e bataillon arrivé le même jour et dans les premières heures du jour suivant[3].

Quand la retraite est ordonnée le 23 avril, il est décidé que les deux secteurs doivent être tenus chacun par une brigade. Ces brigades, la 19e australienne et la 6e néo-zélandaise, doivent tenir le défilé le plus longtemps possible, permettant ainsi aux autres unités de se retirer. Vasey, commandant de la 19e brigade aurait dit :

« Ici nous sommes, ici nous resterons, par notre sang[4]. »

Une phrase qui fut interprétée par le major de brigade comme « la brigade tiendra sa position défensive actuelle quoi qu'il arrive[1] ».

La Wehrmacht attaque le 24 avril, rencontre une forte résistance, perd une quinzaine de chars et subit des pertes considérables. Cette action de retardement accomplie, l'arrière-garde bat en retraite en direction des plages d'évacuation et établit une nouvelle ligne défensive à Thèbes[5].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) John Bitzes, Greece in World War II : To April 1941, Sunflower University Press, , 214 p. (ISBN 0-89745-093-0).
  • (en) George E. Blau (dir.) (préf. Maj. Gen. A. C. Smith), Historical Study : The German Campaigns in the Balkans (Spring 1941), Washinghton, D.C., US Department of the Army, coll. « Dept of the Army Pamphlet » (no 20-260), , 161 p. (OCLC 716197121, lire en ligne).  
  • (en) Christopher Buckley, Greece and Crete 1941, Athènes, Efstathiadis, , 340 p. (ISBN 960-226-041-6).  
  • Joëlle Dalègre, La Grèce depuis 1940, Paris, L'Harmattan, , 245 p. (ISBN 2-296-00390-7).  
  • (en) Maria Fafalios et Costas Hadjipateras, Greece 1940-41 : Eyewitnessed, Athènes, Efstathiadis, (ISBN 960-226-533-7).  
  • Dimitri Kitsikis, « Information et décision : la Grèce face à l'invasion allemande dans les Balkans, 13 décembre 1940-6 avril 1941 », dans La guerre en Méditerranée, 1939-1945, Paris, Centre national de la Recherche scientifique, , p. 181-209.
  • Dimitri Kitsikis, « La Grèce entre l'Angleterre et l'Allemagne, de 1936 à 1941 », Revue historique, Paris, vol. 238,‎ (JSTOR 40950984).
  • Gavin Merrick Long, Australia in the War of 1939–1945. Series 1 – Army : Volume II – Greece, Crete and Syria, Canberra, Australian War Memorial, , 587 p. (OCLC 3134080, lire en ligne).  
  • Yann Mahé, « Tonnerre dans les Balkans : la Wehrmacht envahit la Yougoslavie et la Grèce », Histoire(s) de la Dernière Guerre, no 10,‎ .
  • (en) A. K. Macdougall, Australians at War : A Pictorial History, The Five Mile Press, (ISBN 1-86503-865-2), p. 195.  
  • (en) W. G. McClymont, To Greece, Wellington, Historical Publications Branch, (lire en ligne).  
  • Constantin Tsoucalas, La Grèce de l'indépendance aux colonels, Maspero, (ISBN 0-14-052277-8).  

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Long 1953, p. 143.
  2. I thought that we'd hang on for about a fortnight and be beaten by weight of numbers cité par (Long 1953, p. 143)
  3. Long 1953, p. 140.
  4. Here we bloody well are, and here we bloody well stay cité par (Long 1953, p. 143)
  5. Bailey 1979, p. 33.

Pour aller plus loinModifier

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