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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bataille de Shanghai (homonymie).

La bataille de Shanghai opposa en 1937 l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise pendant la guerre sino-japonaise.

Le Service aérien de la Marine impériale japonaise y procéda à l'un des premiers bombardements stratégiques de l'histoire. Ayant déclenché la guerre en juillet, l'Empire du Japon souhaitait conclure la guerre aussi rapidement que possible. Les Japonais disposaient, avant même le déclenchement ouvert du conflit, de troupes et de garnisons dans la ville spéciale de Shanghai, qui représentait un point stratégique privilégié, grâce notamment à son accès à la mer. Le 9 août, le lieutenant japonais Isao Oyama, ayant pénétré illégalement dans l'aéroport de Hongqiao, fut abattu par les troupes chinoises de maintien de la paix. Les Japonais demandèrent immédiatement le démantèlement unilatéral des troupes chinoises de la zone spéciale de Shanghai. Devant le prévisible refus chinois, la situation dégénéra en conflit ouvert.

Combats de rueModifier

 
Chinois chargeant à Luodian

À partir du 13 août, les troupes japonaises et chinoises commencèrent à s'affronter. Tchang Kaï-Chek ordonna au général Zhang Zhizhong de débuter le 14 août une offensive contre les Japonais, comptant sur la supériorité numérique des troupes chinoises pour battre l'armée impériale. La ville fut parcourue d'une série de batailles de rue particulièrement intenses, afin de conquérir ou défendre quartier après quartier.

Bataille aérienneModifier

 
Enfant chinois pleurant dans les décombres après le bombardement de la ville par l'aviation japonaise, le 28 août 1937.

Dès le 14 août, l'aviation japonaise commença à attaquer les cibles chinoises, provoquant des dizaines de milliers de morts civils. Les forces aériennes chinoises, supérieures en nombre, contre-attaquèrent alors efficacement, abattant plusieurs avions japonais. L'armée de l'air japonaise bénéficiait cependant d'une technologie plus avancée, et ses avions abattus pouvaient être rapidement remplacés, ce qui n'était pas le cas des avions chinois. Les succès initiaux de l'aviation chinoise furent vite annulés : si les Chinois parvinrent à abattre 85 avions japonais durant les combats dans la région de Shanghai, les Japonais abattirent de leur côté 91 avions chinois, ce qui représentait près de la moitié des forces aériennes de la République de Chine.

La Force aérienne de la République de Chine bombarde également lourdement la ville et par deux fois frappe la concession française de Shanghai faisant plusieurs centaines de morts, l'attaque du 14 août faisant 445 morts et 828 blessés[1].

 
Le centre-ville de Shanghai est la proie des flammes dues aux bombardements du Service aérien de la Marine impériale japonaise

Débarquement japonaisModifier

À partir du 23 août, les troupes japonaises amphibies commencèrent à débarquer massivement, entraînant la retraite des troupes chinoises de la ville de Shanghai elle-même. Les deux semaines suivantes virent une série de combats particulièrement intenses dans les villes et villages des environs de Shanghai.

La résistance chinoise fut acharnée, et les Japonais durent batailler pour prendre un village côtier après l'autre. Mais, mal armées et ne disposant pas de forces navales suffisantes pour leur venir en renfort, les troupes chinoises perdirent peu à peu du terrain. Du 11 au 30 septembre, des combats très durs eurent lieu autour de la ville de Luodian, qui représentait un point stratégique : les Chinois durent affronter un adversaire disposant désormais d'une puissance de feu très importante, et perdirent de nombreux hommes. L'armée chinoise parsema de champs de mines les routes conduisant aux villes côtières des environs de Luodian. À la fin août, les combats se firent également très âpres dans la ville côtière de Baoshan, autre point stratégique vital. Le 6 septembre, la ville tomba, les Japonais ayant réussi à anéantir les troupes chinoises qui en assuraient la défense.

 
Troupes japonaises progressant dans des ruines

À compter d'octobre, les troupes japonaises avaient vu monter leurs effectifs dans la région de Shanghai jusqu'à 200 000 hommes, le Japon espérant accélérer la fin du conflit. Le district de Dachang, au sud de Shanghai, et les berges de la rivière Yunzaobin, furent le cadre de combats acharnés, dans lesquels les Japonais ne réussirent qu'à avancer de cinq kilomètres entre le 11 septembre et le 20 octobre. L'armée chinoise du Guangxi, arrivée en renfort, organisa une contre-offensive qui échoua. Dachang tomba finalement le 25 octobre. À la fin du mois d'octobre, Tchang Kaï-chek organisa la défense de la rivière Suzhou, contre l'avis d'autres chefs militaires comme Li Zongren, qui souhaitaient que les troupes chinoises soient déployées au plus vite pour défendre Nankin. L'armée chinoise, épuisée, ne parvint pas à empêcher les Japonais de traverser la rivière et de prendre la berge le 30 octobre.

 
Soldats chinois dans un immeuble après un bombardement.

Le 5 novembre, les troupes japonaises débarquèrent à Jinshanwei, située sur la Baie de Hangzhou, au sud de Shanghai. À la fin novembre, les troupes chinoises, épuisées et à court de munitions, entamèrent leur retraite finale, et se replièrent sur Nankin, la capitale chinoise.

ConséquencesModifier

Peu après leur victoire définitive, les Japonais établirent à Shanghai un gouvernement collaborateur, chargé d'administrer la région. La durée et l'intensité inattendues des combats à Shanghai firent comprendre aux Japonais que le conflit en Chine serait plus long et plus difficile que prévu. L'armée japonaise décida de prendre au plus vite la capitale, pour venir à bout du gouvernement chinois, dans l'espoir d'abréger la résistance. S'ensuivirent la déroute des troupes chinoises à Nankin et un massacre de grande ampleur.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Albert Moreau, « L'histoire du croiseur Lamotte-Picquet », sur Net-Marine (consulté le 16 septembre 2014).

BibliographieModifier

  • Robert Guillain, Orient extrême, une vie en Asie, Le Seuil 1989, (ISBN 2-02-010528-4), récit d'un témoin oculaire.
  • Paul-Yanic Laquerre, De Tianjin à Nanjing, la Chine engloutie sous le Tsunami Nippon, 2e Guerre Mondiale #38, Février-Mars 2011

Liens externesModifier