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Balthazar Georges Sage

chimiste et minéralogiste français
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Balthazar Georges Sage
Description de cette image, également commentée ci-après
gravure de F.G. Colson
Naissance
Paris (France)
Décès
Nationalité française
Domaines minéralogie et chimie
Renommé pour ses collections de minéraux
Distinctions Académie des sciences

Balthazard Georges Sage, né à Paris le , mort le est un chimiste et minéralogiste français.

Sommaire

BiographieModifier

En 1770, le jeune scientifique remplace Rouelle à l'Académie des sciences, il est nommé professeur de minéralogie expérimentale. Il publie le Mémoire de Chimie en 1773 à des fins éducatives. Il y donne des exemples de fabrication de minéraux artificiels, comme la malachite artificielle. Il décrit ou aide à la description de dizaines d'espèces minérales ou minéraux.

Après avoir été commissaire aux essais à la Monnaie en 1778, il obtient la création à l'Hôtel des Monnaies, suivant lettre patente du 11 juin 1778, d'une école publique et gratuite de minéralogie et de métallurgie « docimastique ». Par un arrêt du Conseil du Roi du 19 mars 1783, établissant une « École des Mines, à l'instar de celle qui a été établie avec tant de succès sous le règne du feu roi pour les Ponts et Chaussées », son projet de création, à l'Hôtel des Monnaies, d'une École des mines, dont il devient le premier directeur, se réalise. L'École des mines ne comporte alors, à part Sage, qu'un seul autre professeur, Jean-Pierre-François Guillot-Duhamel[1].

Pour les besoins de son enseignement il réunit une collection de minéraux riche de plus de 3500 échantillons. Cette collection restera à l'Hôtel des monnaies jusqu'à sa mort en 1824 bien que l'École des mines de Paris ait déménagé en 1794. Elle est alors partagée entre le Muséum national d'histoire naturelle et l'École des mines.

Balthazar-Georges s'illustre en scientifique conservateur, adversaire des principes révolutionnaires, autant en sciences que dans la vie civile. Il perd d'ailleurs de ce refus d'adhérer pleinement à la vie civile et à la science officielle ses deux places prépondérantes, à la Monnaie et à l'École des mines. En 1790, la direction de l'École des mines échappe à Sage, pour être confiée à une autorité administrative tricéphale, l'Agence des mines.

Durant le Directoire, il connaît par ses relations un retour en grâce. Il devient membre de l'Institut.

Malvoyant, et définitivement aveugle à partir de 1805, en grande partie mis à l'écart par la communauté scientifique fatiguée de ses disputes et controverses d'un autre âge, Sage finit dans la misère, surtout après l'effondrement de l'Empire où il ne lui aurait rester que ses émoluments de plumes.

Vie scientifiqueModifier

Sage a produit, avec ses élèves, de nombreux mémoires et des articles publiés par le Journal de Physique et le recueil de l'académie des sciences.

Bien qu'il soit reçu à l'Académie des Sciences à 30 ans, à la place du prestigieux maître Rouelle, il ne peut s'imposer véritablement en rassembleur des courants de la chimie[2]. En effet, dès 1770, une fragmentation irréversible et centrifuge tend progressivement à ruiner toute ancienne autorité sur la chimie française. L'ancien élève de Guettard, Antoine Lavoisier conteste déjà dès 1772 les théories soi-disant unificatrices de Stahl et se lance dans des études précises sur la combustion menant à la modélisation de la simple réaction chimique[3].

Ses opposants affirment que Sage brillait plus par ses qualités administratives que scientifiques. Il cherche à prouver en 1778 que les végétaux contenaient une part significative d'or. L'or est ici interprété en principe vitaliste de luminosité naturelle, un "or vert" en quelque sorte.

Sage était d'évidence un savant querelleur et maintient son attachement à des théories anciennes souvent perçues comme fausses ou erronées par la jeune génération, auxquelles il s'accrochait contre toute évidence, ce qui lui mit à dos la quasi-totalité de ses collègues de l'Académie des sciences à partir des années 1780. Aigri, il attaque de front des scientifiques confirmés comme Antoine Lavoisier ou l'abbé Haüy, dont il n'acceptait nullement les théories nouvelles. Il s'insurgeait surtout de la prééminence de la nomenclature chimique, pour lui ridicule, vague et - il est vrai - encore imprécise sur un grand nombre d'espèces minérales, voire du couple chimie et physique hégémonique, essentialiste et généralisatrice à souhait sous une néo-influence newtonienne porté par les mathématiques, et en partie destructrices et méprisantes des nobles disciplines d'observations et des pratiques de laboratoire de l'ancienne histoire naturelle.

Son dédain pour nombre de théories nouvelles et son grand nombre d'adeptes-suiveurs l'éloigne de l'enseignement. Il prend la plume pour écrire des livres de vulgarisation, avec un certain succès. Se considérant comme un continuateur des encyclopédistes, l'auteur y développe une conception du progrès.

PublicationsModifier

Ordre chronologique de parution

  • Examens chimiques des différentes substances minérales, in 12°, Paris, 1769.
  • Élément de minéralogie docimastique, deux volumes in octo, 1772 et 1777.
  • Expériences propres à faire connaître que l'alcali volatil fluor est le remède le plus efficace dans les asphyxies, 3e édition, 1778[4].
  • L'art d'essayer l'or et l'argent. Tableau comparé de la Coupellation des Substances métalliques, par le moyen du Plomb ou du Bismuth. Procédés pour obtenir l'Or plus pur que par la voie du Départ, à Paris à l'imprimerie de Monsieur, 1780, in-8°, xij et 112 p., 4 planches hors-texte, approbation et privilège du roi.
  • Description méthodique du Cabinet de l'École Royal des Mines, Paris : Imprimerie Royale, 1784
  • Analyse Chimique Et Concordance Des Trois Règnes, Paris : Imprimerie Royale, 1786
  • Exposé sommaire des principales découvertes faites dans l'espace de 50 ans, in octo, Paris, 1813.
  • Traité des pierres précieuses, Paris, F. Didot, (lire en ligne)
  • Phénomènes que présente la destruction des corps des animaux après leur mort, Paris : Impr. de P. Didot l’aîné, 1817, in-8°, VIII-34 p.
  • Énumération des découvertes minérales faites dans l'espace de 60 ans, in 9°, Paris, 1819.
  • Analyse du lait de vache, suivie de la liste chronologique des ouvrages publiés dans l’espace de cinquante-un ans par B.-G. Sage, Paris : Impr. de P. Didot l’aîné, 1820, in-8°, 21 p.

Description d'espèces minéralesModifier

GalerieModifier

SourcesModifier

  • Texte de Gabriel Chesneau, Directeur honoraire de l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris 1931-1932 Histoire de l'École des mines
  • Florian Reynaud, Les bêtes à cornes (ou l'élevage bovin) dans la littérature agronomique de 1700 à 1850, Caen, thèse de doctorat en histoire, 2009, annexe 2 (publications) ressources en ligne

RéférencesModifier

  1. Guillot-Duhamel, spécialiste d'exploitation des mines et de métallurgie, était d'un caractère suffisamment doux pour arriver à supporter Sage
  2. Les idées simplistes - il est vrai proposées dans une langue absconse et absurdement dogmatique à base de latin germanisé par du saxon - de Georg Stahl sont adoptées autant par les théoriciens partisans de Newton auxquels se joignent d'autres mécanistes, admises par les pharmaciens chimistes soucieux de taxinomie et de consensus au sein de leur discipline, qu'ils soient vitalistes ou non, tolérées par défaut par les tenants d'une histoire naturelle ancienne (rarement atomistes) ou des chimistes de laboratoire préoccupés de pratique et d'efficacité des recettes (suivant déjà une lignée d'obédience nationale). Ainsi le phlogistique pour expliquer la réduction par le charbon à la forge, la réhabilitation de principes (à des fins de classifications premières)...
  3. Lavoisier a été formé à la minéralogie et Guettard s'accordait avec Rouelle. Le coup est rude, d'autant que le succès des propositions lavoisiennes après 1778 justifie le ralliement des newtoniens et d'une fraction des chimistes. Sage est de plus en plus esseulé.
  4. Il s'agit de NH3 sortant de NH4OH aqueux (sic).

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