Assassinat de David Wilkie

David Wilkie était un chauffeur de taxi, fiancé et père de quatre enfants, qui fut assassiné le durant la grève des mineurs au Royaume-Uni, lorsque deux mineurs grévistes du syndicat de l'Union Nationale des Mineurs (NUM) ont fait tomber un bloc de béton depuis un pont sur son taxi parce qu'il conduisait un mineur non-gréviste à son travail. L'attaque illustre la violence utilisée lors de cette grève et a profondément choqué l'opinion britannique. Les deux mineurs Dean Hancock et Russell Shankland ont été reconnus coupables de meurtre, condamnés à une peine de prison à vie, mais ont fini par être libéré le , c'est-à-dire exactement le jour du cinquième anniversaire de l'assassinat de David Wilkie.

David WilkieModifier

David James Wilkie (9 juillet 1949 - 30 novembre 1984) était un père de quatre enfants. Il vivait avec sa fiancée Janice Reed, qui était la mère de sa fille de 2 ans et était enceinte d'un bébé qui est né 6 semaines après l'assassinat. Il avait également une fille de 12 ans et un fils de 5 ans nés d'une union précédente[1]. Il travaillait à Treforest, dans le pays de Galle, comme chauffeur de taxi avec une Ford Cortina[2].

Déroulé des événementsModifier

Le 30 novembre 1984, David Wilkie conduisait le mineur David Williams à son travail à la mine de Merthyr Vale. Il était alors escorté par un motard et deux voitures de la police, en raison des violences de la grève des mineurs. Alors qu'il se trouvait sur la route A465 au nord de Rhymney, deux mineurs grévistes du syndicat de l'Union Nationale des Mineurs (NUM) ont fait tomber sur la route un bloc de béton de 21 kg depuis un pont à 8 mètres de hauteur[3],[4]. David Wilkie est décédé sur les lieux tandis que son passager David Williams s'en est sorti avec des blessures légères[2].

Les meurtriersModifier

Dean Hancock et Russell Shankland[5], deux mineurs grévistes de la mine de Merthyr Vale et membres du syndicat de l'Union Nationale des Mineurs (NUM), ont été reconnus coupables de meurtre par un verdict majoritaire le et ont été condamnés à la réclusion à perpétuité[6],[7],[8]. Un troisième homme, Anthony Williams, qui était présent sur le pont mais a activement cherché à les décourager de laisser tomber le bloc de béton, a été acquitté[9]. Les condamnations à perpétuité ont provoqué un tollé parmi les mineurs; la grève avait pris fin au moment où le verdict a été rendu, mais 700 mineurs de Merthyr Vale ont manifesté en apprenant la nouvelle[10].

Dean Hancock et Russell Shankland ont fini par être libérés le , c'est-à-dire exactement le jour du cinquième anniversaire de l'assassinat de David Wilkie[7].

Le syndicat NUMModifier

Kim Howells était alors dirigeant syndical de l'Union Nationale des Mineurs (NUM) pour la région et est devenu plus tard Membre du Parlement pour le Parti Travailliste et ministre du gouvernement Blair. En 2004, il a admis avoir détruit les dossiers liés aux actions des grévistes dès qu'il a appris l'assassinat, par crainte d'une enquête de la police sur le syndicat[11],[12].

ConséquencesModifier

L'assassinat a entraîné une forte diminution du soutien public[13] aux mineurs en grève et une augmentation du nombre de briseurs de grève[14]. L'événement continue d’être régulièrement évoqué par les critiques du syndicat de l'Union Nationale des Mineurs (NUM), un des soutiens du Labour Party[15].

Notes et référencesModifier

  1. Tim Jones, "Unlikely killers in a bitter dispute", The Times, 17 May 1985.
  2. a et b Tim Jones, "Two miners charged with murder of taxi driver", The Times, 1 December 1984.
  3. Tim Jones, "Miner's taxi driver killed in minutes by 46 lb concrete block, QC says", The Times, 8 May 1985.
  4. The Times, 17 Juin 2015
  5. The Guardian, 1 December 1984
  6. Associated Press (AP News), 16 Mai 1985
  7. a et b Miners jailed for pit strike murder, BBC News online (16 May 1985)
  8. Tim Jones, "Miners get life for taxi murder", The Times, 17 May 1985.
  9. Rupert Morris, "Welsh officials to meet over dismissed pitman", The Times, 24 June 1985.
  10. Tim Jones, "Miners walk out over life terms", The Times, 18 May 1985.
  11. The Telegraph, 27 janvier 2004
  12. BBC News, 27 January 2004.
  13. Le Monde, 3 décembre 1984
  14. Martin Adeney et John Lloyd, The Miners' Strike 1984-5: Loss Without Limit, London, Routledge & Kegan Paul, , 150–151 p. (ISBN 0-7102-1371-9)
  15. Yorkshire Post, 31 janvier 2014

Articles connexesModifier